KI?ET VAINQUEUR DE LA CHAUDIERE-NOIRE
' *'Ce jourd'hui 20 8bre 1747, je soussigné faisamt les fonctions curiales aux Trois-Eivières, certifie avoir inhumé, avec les cérémonies ordinaires, dans le cimetière de cette paroisse, le corps de Jean-Baptiste Ki8et, ancien chef des Algonkins, qui, à l'âge de dix-huit ans, a tué et levé la chevelure à la Chaudière-Noire, chef iroquois qui, avec son parti, désolait le Canada. Il est mort hier, âgé d'environ quatre-vingt-quatre ans. (Signature) frère Barnabe Cordder, récollet.^'
L'âge du défunt me paraît exagéré. iS'il avait dix-huit aais en 1697, il -devait en avoir soixante-huit en 1747. Du reste, c'est presque toujours comme cela : ceux qui écrivent dans les registres de baptêmes, mariages et sépultures font continuellement des erreurs de chiffres et de noms, parce qu'ils prennent à la volée les noms et les dates que Pierre ou Jacques mentionne autour d'eux.
Le Père Charlevoix, (5) qui arriva de France sept ana après la mort de la Chaudière-Noire, dit positivement que, dans la bande de KiSet, il n'y avait pas un homme âgé de vingt ans, et il ajoute que ces jeunes gens faisaient la guerre sans être conduits par aucun ancien de leur nation. Donc le frère Cordier a bien l'air d'avoir raison lorsqu'il écrit en premier lieu que KiSet était âgé de dix -huit ans, mais il ne connaissait probaiblement pas, la date de 1697, c'est pourquoi il n'a rien supputé et a pris de bonne foi l'âge final de quatre-vingt-quatre ans qu'on lui donnait comme véritable. (6)
6. Paru dans les Nouvelles Soirées CanadienneSy en 1887, mais considérablement augmenté par l'auteur.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Canadiens-français ont formé des groupes de population, fondé des villages et des Tilles sur le territoire des Etats-Unis. Il y a près de deux siècles que des familles ont commencé à laisser le Canada pour les colonies voisines, et cependant l'idstoire en est encore à s'occuper de ces aventuriers dont l'influence a été de quelque poids dans son temps.
Dans l'ouest des Etats-Unis, au sud des grands lacs, le long du Mississipi, nos gens ont été les découvreurs, les pionniers, les fondateurs de vastes régions ; ces faits sont consignés dans plus de cent volumes faciles à consulter — mais dans le sud-est, il semble que notre élément ne cherchait point à se créer un avenir. Cela est vrai en partie, vu que des Européens occupaient certains territoires de ce côté et que leur concurrence présentait un obstacle sérieux.
On peut dire que les Canadiens ne se seraient jamais dirigés vers l'Etat de New- York, la Pennsylvanie, le Maryland sans l'appel qui leur fut adressé par les commerçants de fourrures hollandais, suédois, anglais et autres, qui comptaient utiliser leur merveilleuse connaissance des langues et des coutumes sauvages. Ces descendants des vieux Northmen (Normands) qui avaient couru les mers et les terres de l'Europe en maîtres, répétaient dans les solitudes de la jeune Amérique les prouesses de leurs ancêtres. Us se plongeaient dans l'inconnu sa,ns le redouter. Tout ce qu'ils rencontraient devenait leur chose à eux : peuples, lacs, rivières, terres, gibier, tout ! à la façon de Normandie ! Et, avec cela, les Sauvages
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les aimaient comme des frères. Eien d'étonnant que les entrepreneurs de la traite des pelleteries aient attiré vers eux ces coureurs de bois légendaires que personne ne pouvait imiter et qui agissaient comme les rois de ces contrées nouvelles, étant partout chez eux, ne craignant rien, dominant les hommes sauvages, et regardant couler leurs jours sans éprouver le moindre désir de revoir le monde civilisé.
Qui se serait imaginé d''aller découvrir dans le premier colon du site où est maintenant la capitale de la Pennsylvanie un pur Canadien? Non seulement nous n'avons aucun livre dans lequel il soit fait mention de ce personnage, mais les écrits américains les plus élaborés renferment à peine trois lignes sur lui. Il va sans dire que cela s'explique : d'un côté, nous n'avons pas fini d'écrire l'histoire de notre race sur ce continent, et d^autre part les auteurs anglais et yankees se gardent bien de tout dire lorsqu'ils rencontrent des documents qui pourraient jeter du jour sur un nom français. Cette partialité est poussée si loin en certains cas que l'on a vu des Anglais écrire l'histoire d'une paroisse ou d'un établissement du Bas- Canada et ne parler exclusivement que des familles d'origine anglaise qui y sont établies, sans avoir même le courage de dire en passant que ce canton avait reçu une population française cinquante, cent et parfois cent cinquante ans avant d^y voir arriver un seul Anglais. Si, en plein Canada français, des tours de passe-passe de cette nature sont pratiqués, à plus forte raison les écrivains des Etats-Unis ne doivent pas s'en priver — et c'est bien ce qui a lieu, sauf quelques exceptions.
Pierre Bisaillon fut le premier Européen qui s'établit dans cette région de la Pennsylvanie où est situé maintenant Harrisburg, comté de Dauphin. Il y a résidé plus de vingt ans, et l'on teouve des mentions non interrompues de ses faits
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et gestes dans les territoires environnants entre 1698 et 1725, "C'est-à-dire durant une trentaine d^années. Il a, dit un écrivain de la localité, un droit incontestable au titre de premier occupant de ces lieux.
William Penn, le fondateur de la Pennsylvanie, avait commencé par jeter les yeux sur les habitants du Canada et cherché à en faire des amis et bons voisins. Voici la curieuse lettre qu^il écrivit à M. de Frontenac, gouverneur général à Québec, au moment où il se préparait à quitter TAngleterre avec ses colons pour aller fonder sa province: —
A VEmpereur du Canada. — Le Dieu si grand qui nous a créés vous et moi ainsi que tout ce qui est dans le monde, fait penche^ nos coeurs vers Famour de la paix et de la justice, afin que nous vivions amicalement leis uns envers les autres, comme il convient aux créatures du Dieu tout-puissant. Le roi d'Angleterre, qui est un grand prince, m'a pour diverses raisons accordé un vaste pays en Amérique, que je veux toutefois habiter sans quil en résulte désaccord entre vous et moi. Et je vous dirai : le peuple que j'y mènerai est modeste, juste et honnête ; il ne fait ni la guerre aux autres ni ne la craint, parcequ'il est juste. J'ai mis sur pied dans ma province une société de traiteurs pour trafiquer avec vous et votre peuple, pour votre avantage, dans le but de vous fournir de bonnes marchandises et à bas prix. Cette société a chargé son président d'entrer en négociation avec vous au sujet d'un commerce futur, et elle se joint à moi pour vous expédier ce message accompagné de certains présents pour marque de désir de correspondre avec vous. Ce que notre agent fera en notre nom, nous le reconnaîtrons. 'J'espère que vous le recevrez avec complaisance et que vous accéderez à sa demiande formu]ée comme venant de nous, tant en ce qui regarde les terres
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que le commerce. Que le Dieu puissant soit avec vous. Ainsi fioit-il.
Wm. Penn.
Ce 21me jour du 4me mois, appelé Juin, 1682.'''
M. de la B'arre ayant remplacé M. de Frontenac cette année, la politique que ce dernier avait suivie à Fégard de la traite fut généralement abandonnée, et des difficultés survenant entre les Anglais et les Français en Acadie et ailleurs, il ne fut pas donné suite aux offres de Penn. Le Canada n'avait pas moins de cinq cents hommes dans les bois, qui trafiquaient sans permission avec les Anglais, parce que de toutes manières ils y trouvaient plus de bénéfice. La lettre de Penn, qui ne fut peut-être qu'une circulaire destinée à allécher les coureurs de bois, ne pouvait être mieux accueillie qu'en ce moment, et tout nous porte là croire qu'elle produisit un effet considérable. D'ailleurs, 'ce document semble si peu avoir été reçu à Québec, que les historiens ne le citent pas et l'original en est aujourd'hui encadré et placé dans le Capitoie de Harrisburg.
La guerre avait amené en 1690 l'amiral Phipps devant Québec et placé la colonie fr*ançaise à deux doigts de sa perte. D'un autre côté les traiteurs français gênaient beaucoup les établissements anglais du littoral des lacs, principalement dans l'Ohio où ils exerçaient une influence prépondérante sur les tribus sauvages et où ils accaparaient le trafic des pelleteries. Profitant de ce que la guerre leur donnait quasi carteblanche, nos traiteurs ne se faisaient pas faute de méconnaître nos propres lois sur la traite, de molester les Anglais et de ruiner par la force et la ruse leur commerce et leurs tentatives d'établissement dans ces contrées.
Au nombre des Canadiens qui s'^étaient compromis en méprisant les lois sur les coureurs de bois et qui n'osaient
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retourner en Canada, il y avait Pierre, Michel et Louis Bisaillon, Martin Chartier, Jacques L« Tort et sa femme Anne Le Tort, — tous assez attentifs à se ménager (par intérêt les bonnes grâces des Anglais, mais cependant par instinct français, par état et .par besoin, assez peu de leurs amis. Cette position délicate semblait plaire à des ayenturiers qui, on le sait, risquaient leur peau à tout moment pour l'appât de quelque bénéfice. Il en résultait que ces coureurs de bois n'étaient réellement pas trop attachés à la couronne de France et encore moins 'à celle d'Angleterre. Placés hors la loi, ils tenaient à vivre ainsi: libres, avec la perspective de bâcler l'un de ces matins une affaire d'or avec les marchands anglais ou quelques contrebandiers français. Cet état de choses dont se plaignaient les gouverneurs de Québec, décida le roi de France à promulguer l'étrange édit par lequel il défend de faire passer en Canada de l'argent monnayé, parce que, dit-il, nos traiteurs s'en servent aussitôt pour trafiquer 'avec les Anglais chez qui le commerce est ouvert à toute nation. Il était donc ordonné de nous inonder de monnaie de carte qui n'avait de valeur qu'aux magasins du roi et chez les favoris qui jouissaient du monopole de la traite. Le remède était /pire que le mal ; il eut le double effet de ne point corriger les coureurs de bois et de conduire Louis XIV à faire banqueroute sur la place de Québec — ce qui n'a pas été remarqué en Europe, mais ce qui nous a fait perdre peu honnêtement plusieurs millions de francs.
Deux familles Bisaillon habitaient Laprairie près Montréal dans les quinze dernières années ou dix- septième siècle. Il y a apparence que les chefs de ces familles étaient parents de Pierre Bisaillon qui nous occupe, lequel était traiteur, interprète, homme d'aventures, enfin l'un de ces coureurs de bois dont Charlevoix a fort bien parlé.
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Autour de Bisaillon on remarque de temps en temps d'autres Canadiens, mais il' reste toujours la figure la plus en évidence, et comme Tâme de ce groupe qui, vers 1690, paraît avoir accepté Poffre que leur faisaient les compagnons de "William Penn de s^établir à proximité de leurs établissements pour servir à la fois d'interprètes et d'intermédiaires entre eux et les tribus sauvages. Les Anglais ne pouvaient que très difficilement apprendre les langues indiennes. De plus, il leur paraissait impossible d'adopter comme le faisaient les Canadiens, les coutumes et l'existence de ces peuples. Aussi, rien n'égalait l'influence de nos compatriotes sur tous les Sauvages, moins les Iroquois liés depuis de longues années aux Hollandais et aux Anglais.
C'est sur le Susquehanna, 'à l^endroit le mieux choisi poux former un grand centre, que Pierre Bisaillon planta sa tente vers 1690. Nos voyageurs ont toujours eu 1-^ main heureuse dans la désignation du site des villes à naître. Celle-ci devait être la capitale d'un grand Etat.
Il y avait sept ou huit ans que William Penn avait obtenu cette contrée du roi d'Angleterre, Charles II, pour y procurer un asile à ses Quakers. On y voyait des Anglais, des Hollandais, des Norvégiens, des Suédois, des Flamands et des Allemands. Philadelphie était le siège du gouvernement. Penn était repassé en Europe, et le pays se gouvernait plus mal que bien. Les dissensions arrivèrent aux dernières limites, et par surcroît une invasion des Canadiens devenait imminente.
Guillaume d'Orange avait chassé Jacques II du trône d'Angleterre.; les colons de la Pennsylvanie faisaient de la politique là-dessus. Pierre Bisaillon, qui n'était d'aucun parti, arriva, et, avec le coup d'oeil particulier aux gens de sa trempe, il choisit l'endroit du pays où les Sauvages pouvaient se concentrer le plus facilement: c'était indiquer un centre
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pour Ta venir. Son objectif se bornait à la traite des pelleteries avec les Sauvages. Lorsque la tranquillité se rétablit, on accourut de toute part vers ce rendez-vous qu'habitait un. interprète et un maître homme dans Fart de manier Tesprit des indigènes. C'est de l'apparition .de ce Canadien sur le sol de la Pennsylvanie que date l'élan des "affaires" dans toute la contrée.
La Pennsylvanie forme un carré long sur les faces duquel se trouvent l'Etat de New- York, un débouché au lac Erié;, une pointe de l'Ohio et de la Virginie, et tout le Maryland, ce qui couvre trois faces. Du côté de la mer, il y a l'Etat de Delaware, sur une presqu'île, et c'est dans la baie de Chesapeake placée entre le Delaware, le Maryland et la Pennsylvanie que se décharge le fleuve Susquehanna dont les branches arrosent la majeure partie de ce dernier Etat. La capitale Harrisburg, dont Pierre Bisaiillon fut le premier habitant, est située sur l'un des plus beaux endroits du fleuve. On y va de Montréal en deux jours par chemin de fer.
Le coonté de Dauphin qui renferme Harrisburg, est plein de souvenirs français, car Swatara, Conewago, Paxton, Carlisle, LeTort's Spring et d^utres endroits ont eu pour premiers colons nos compatriotes. Le nom même de Daup-hin est emprunté au malheureux fils de Louis XVI; voici comment : vers la fin du XVIIIe siècle, lorsque le township de Paxton ou P.extang fut transformé en comté, les Irlandaiis qui y dominaient voulurent qu'H fut nommé d'après le martyr du Temple. Cela n'étonne ni de la part des Irlandais ni de la part des Américains qui étaient encore sous le coup de la reconnaissance qu'ils devaient à la royauté française pour sa conduite durant la guerre de l'Indépendance.
On voit que si John Harris a eu le bonheur de laisser son nom à la ville principale, il ne reste pas moins dans ses lieux
une belle moisson de souvenirs pour les coeurs français.
Bisaillon, Dubois et Mme Le Tort furent un jour accusés par les traiteurs anglais, à qui ils faisaient concurrence, d'avoir formé avec les Indiens du territoire et les Français du Canada un complot tendant à détruire les postes anglais. On les arrêta. Bientôt après, Mm,e Le Tort fut libérée, mais Bisaillon et Dubois subirent un procès en règle. Néanmoins, ayant été confrontés avec les chefs sauvages que l'on soupçonnait de connivence, et rien ne transpirant du prétendu complot, on les relâcha sous la condition expresse de faire rapport au gouverneur anglais dès qu'ils auraient connaissance d'un mouvement hostile du côté des Français. Pour plus de sûreté on les surveilla et ils durent donner avis de tous leurs pas et démarches. C'était en 1693.
De 1686 à 1701, et même après cette dernière date, la Pennsylvanie fut en proie aux troubles politiques.
En 1701, Pierre Bisaillon et son frère Louis furent jetés en prison pour, dit l'acte d'accusation, "les empêcher de voyager et de trafiquer avec les Indiens dans l'état embarrassant des affaires actuelles." On ne sait ce que devint Louis, mais Pierre reparaît en 1703, avec une licence ou permis de traite obtenu moyennant un dépôt de cinq cents louis, garant de "sa fidélité à la province." A partir de cette époque, lui et sa femme paraissent avoir joui presque constamment de la confiance des Anglais et des' Indiens jusqu'au temps où nous les perdons de vue, vers 1725.
En 1707, au moment où l'on craignait le plus de voir les Canadiens envahir les collonies anglaises, un acte d'accusation fut dressé contre "Michel (a Swiss), Pierre Bisaillon, Jacques Le Tort, Martin Chartier, le gantier français de Philadelphie, Frank, jeune homme du Canada, récemment arrivé ici, et un autre individu arrivant de la Virginie et qui
parle français — pour s'être établis et avoir construit pour eux des maisons sur les branches du Potomac, dans les limites du gouvernement de la Pennsylvanie, sous le prétexte de chercher des mines...," et d'avoir tenté de se rendre populaires chez les Indiens Conestogas.
On constata que Pierre Bisaillon était muni d'un titre de terre. Sa résidence était à trente-six milles de la rivière au-dessus de Conestogas, ce qui correspond à la crique de Paxton.
Le comté de Lancaster abonde en mines. On en connaît quelques-unes qui ont été ouvertes par des Canadiens dès l'époque où Ton voit Bisaillon habitant les lieux. Plus tard, les Anglais tirèrent partie de ces exploitations et de l^outillage qu'y avaient laissé nos gens.
Les Conestogas n'étaient (pas nombreux, mais ils se donnaient de l'importance et occupaient les gouverneurs autant que des tribus considérables. Ils habitaient le voisinage où &e trouve de nos jours la ville de Lancaster. A les en croire, ils étaient travaillés par les Français du Canada qui désiraient les détacher de l'Angleterre. Pierre Bisaillon, ses parents et amis étaient sans cesse en pourparlers avec eux et aussi les autorités pennsylvaniennes pour maintenir l'entente de part et d'autre- On voit qu'en 1707, le gouverneur Evans les visita avec un appareil isoigné. Michel Bisaillon l'accompagnait. C'était probablement un frère de Pierre.
En route, ils rencontrèrent un traiteur ami du nom de Martin Chartier, déjà cité, habitant du voisinage. Les propriétaires de la Pennsylvanie se tenaient en garde contre les menées des émissa4ires français qui, sous les apparences de traiteurs, de mineurs et de gens disposés à devenir colons, rôdaient par le pays, et ils n'accordaient leur confiance qu'à ceux dont les antécédents étaient connus. C'est ce qui expli-
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que pourquoi un traiteur français, du nom de Nicolas Godin, que le gouverneur Evans rencontra plus loin dans son excursion, assez près de la demeure de Pierre Bisaillon, fut, sur son ordre, capturé par Martin Chartier, attaché isur un cheval et conduit à la prison de Philadelphie.
Durant les conférences, où s'étaient réunis plusieurs peuples sauvages, Pierre Bisaillon servit d'interprète et fournit de son fond des renseignements précieux. Cela avait lieu quatre mois après l'acte d'accusation mentionné plus haut. On voit que Bisaillon et ses amis en étaient sortis revêtus de la confiance des autorités.
La femme de Pierre Bisaillon agissait aiussi comme interprète entre les iSauvages et les blancs. On cite les égards que les gouverneurs témoignaient au couple français dont ils tiraient si fréquemment des services. Malgré cela, des genë jaloux et des concurrents malheureux continuaient à leur nuire. En 1709, un nouvel acte d'accusation est porté contre "Pierre Bisaillon et Jacques Le Tort, Français et catholiques romains trafiqua.nt avec les Indiens à Oonestogoe" pour avoir ''dernièrement prononcé quelques paroles suspectes et commis certains écarts." On contraignit encore Bisaillon à faire une déclaration de bonne conduite future envers Sa Majesté la Teine Anne. Il n'en demeura pas moins quelque temps en assez mauvaise odeur comme sujet britannique, et l'on voit que peu après ce renouvellement d'expression de fidélité, ayan\ fait savoir au gouverneur que les Indiens de Conestogoe désiraient le rencontrer pour resserrer les liens qui les unissaient, le gouverneur ne crut pas prudent d'accepter l'invitation avant de rendre son conseil responsable de la confiance que l'on placerait en Bisaillon si l'on accédait à la demande des chefs sauvages.
En 1711, voilà que Bisaillon retourne en prison. Simple
affaire d'ivrognerie et de conduite tapageuse, cette fois. On le laisse sortir sous sa propre caution de cinq oents louis et sur celle de deux amis qui s'engagent pour deux cent cinquante louis chacun, en attendant la session de la cour. Dans rintervaile, raccutsé s'obligeait à ne point quitter Philadelphie. Par le chiffre des cautionnements auxquels Bisaillon était soumis on peut juger de l'importance que les Anglais attachaient à sa personne.
Eien n'indique qu'il dût souffrir préjudice de cette dernière aventure, car Tannée suivante il adresse un mémoire au. gouremeur concluant à qu'il lui soit accordé "la permission de traiter avec les Indiens comme ci-deyant", ce qu'il obtint «Tir le champ.
C'est en 1714, finalement, qu'il reçut des Commissaires des terres, une patente "l'autorisant à s'établir à Pashtang sur la iSusquehanna, et d'ériger en ce lieu les bâtiments nécessaires à son commerce et d'enclore et de mettre en état d'amélioration la quantité de terre qu'il jugera à propos d'exploiter^ pourvu que les Sauvages y consentent." Ses amis de la forêt n'y mirent point d'obstacle, et voilà comment Pierre Bisaillon posséda enfin un droit de résidence incontestée à Paxton.
Six ans après, son ami Le Tort fondait Carlisle.
Dans le cours des longues difficultés qui régnèrent entre lord Baltimore (du Maryland) et les gouvernants de la Pennsylvanie, il est fait mention du rôle que jouaient certains Français qui tenaient pour le lord, en raison de ce qu'il étaîx catholique.
Lorsque l'on écrira l'histoire de l'ingérence de l'élément canadien-français dans la formation des Etats de l'Est et du Sud-Est, je crois qu'il faudra commencer par le Maryland,
où la religion catholique devait avoir attiré nos gens en plus grand nombre que partout ailleurs.
En 1717, le nouveau gouverneur de la Pennsylvanie, sir William Penn, désireux de se concilier l'esprit des 'Sauvages, alla les visiter en conseil à Conestogoe.
Pierre Bisaillon prêta le serment d'interprète et remplit son devoir à la satisfaction générale. Trois ans plus tard, il est encore employé en cette qualité par le même gouverneur sur les bords de la Susquehanna. En 1721^ un ordre de comparaître est expédié à "Peter Bisaillon qui demeure à trentensix milles à peu près plus haut que Conestogoe (Lancaster aujourd'hui) sur la ,Susquehanna, pour servir d'interprète". On infère de plusieurs renseignements de ce genre que Bisaillon avait fixé sa résidence près du débouché de la crique de Paxton, au bas de la ligne du terrain qui fut accordé en 1733 à Harris, c'est-à-dire là où se trouve de nos jours le laminoir de Paxton. Cela eut lieu à peu près dix-huit ans avant que les Anglais, Harris et Chambers eussent entrepris de s'établir dans les environs.
Vers 1723-25, les Français n'étant plus tolérés en ce lieu, Pierre et Richard Bisaillon, s'en allèrent du côté de rOhio. iChartier passa dans le comté de Washington, Pennsylvanie, et les Bisaillon se fixèrent plus tard non loin de lui. Pierre paraît avoir cherché à revoir la Susquehanna pour y traiter, mais à partir de ce moment sa trace se perd, ainsi que celle de sa famille.
C'e&t à Pierre Bisaillon, dit l'historien (1) auquel nous empruntons une partie de ces notes, que revient l'honneur d'avoir été le premier colon blanc à l'ouest de la crique Swatara ou des collines de Conewago, rive nord de la Susque-
1. A. Boyd Hamilton, de Harrisburg- : Mémoire lu devant la Société Historique de Dauphin County, 1872.
hanna, comté de Dauphin. "Il résidait, de 1703 à 1725, dans ce que nous appelons le premier quartier de la ville; il y avait un magasin et une maison d'habitation." Les défrichements qu^il avait opérés se voyaient encore cinquante ans après son départ pour TOhio.
Jacques Le Tort, run Suisse français qui se retrouve souvent avec les Bisaillon de 1693 à 1720, était iuterprète et mesisager du gouvernement. En 1731, (ou même dès 1720, selon un manuscrit ancien), il fut le premier blanc qui pénétra dans la riche vallée de Oumberland, Pennsylvanie, pour s'y établir. Il érigea des bâtiments entourés d'une palissade, près des sources sulphureuses qui portent aujourd'hui son nom: Letorfs Springs. En 1735, il était tout à fait installé et cela donna commencement à la ville de Carlisle, dont le terrain fut divisé en lots à bâtir en 1750. Le première habitation de Le Tort, à la tête des sources, avait été brûlée par les Indiens, mais il l'avait rétablie; lorsqu'il fallut délimiter la ville on eut à enclaver dedans ces constructions qui tenaient encore debout. Le Tort recevait du gouvernement douz'e louis sterling par année pour ses services.
La Pennsylvanie a d'autres isouvenirs français:
Dans le comté de Monro on cite comme un des plus anciens habitants qui fut en évidence, Samuel Dupuis, marié! à une Hollandaise.
Dans le comté de Bradford, près d'Athènes, on voit les restes d'anciennes fortifications françaises, qui datent du dix-septième siècle. Il y a le comté de Luzerne, nommé en 1786, d'après le ministre de France aux Etats-Unis.
A l'époque de la révolution française, une ville entière fut établie dans Bradford par des émigrés de France. On l'appelle l'Asile ou Frenchtown. Les noms de famille suivants s'y rencontrent en 1795 : Talon de i^oailles, chef
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de l'entreprise ; de Blacons, député du Dauphiné à rAssemblée Constituante, époux de Mlle De Maulde; ils tenaient un magasin de mercerie et avaient pour associé Me Colin, abbé de iSévigny, archidiacre de Tours et "conseiller au grand conseil/* M. de Montule, capitaine des gardes à cheyal, dont la femme était une Frataç-aise de San-Domingue ; Madame de Sybert, cousine de Montule, aussi de San-Domingue où sa famille avait été puissamment riche. M. Becdelièvre, chanoine devenu marchand, qui avait pour associés les deux De la Eue dont Fun avait été '*^petit gens d'armes" et l'autre capitaine d'infanterie; ce dernier avait épousé une soeur de Mme de Sybert; Mlle de Bercy qui tenait une taverne à huit milles de l'Asile; M. Beaulieu, capitaine d'infanterie au service de la France, qui avait fait la guerre en Amérique 60US Potask}^, avait épousé une Anglaise et tenait une taverne ; M. Buzard, planteur de San-Domingue; M. Dardelot, de Franche-'Comté, capitaine d'infanterie, agriculteur; M. Petit- Thouars, officier de marine qui parti à la recherche de la Pérouse, avait été capturé par les Portugais, dépouillé de tout, et vivait sur une terre par lui défrichée; on connaît sa belle carrière maritime lorsqu'il fut retourné en France. M. Nores qui avait longtemps suivi du Petit-Thouars et qui entra ensuite dans les ordres religieux — était alors cultivateur à l'Asile. M. Renaud et sa faraiille, riche marchand de San- Domingue, rentier à l'Asile. M. Caries, chanoine, possédant quelque argent — fermier. M. Prévost, célèbre à Paris pour sa charité; ayant dépense en travaux agricoles sur les rivea de la Susquehanna, presque tout ce qui lui restait, il dut restreindre ses opérations, et il alla prendre une simple terre près de l'Asile qu'il cultiva de concert avec sa femme et sa soeur, Mme d'Autremont, veuve d'un sommelier de Paris et deux enfants de celle-ci dont un notaire et un horloger.
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On &e souvient du cri du poète à propos de ce Champ d'Asile :
"Etrangers, nous sommes Français :
Prenez pitié de notre gloire !
Hélas! noiLS n'avons fait que passer dans la Pennsylvanie. . . et ailleurs. Les premiers colons ou traiteurs canadiens ont été détruits ou chassés; le Champ d'Asile est habité par des familles qui appartiennent à d'autres races que la nôtre; — il ne reste de nous qu'un coup de plume jeté ça et là sur le papier et qui court grand risque d'être perdu en emportant la dernière trace de notre souvenir.
104 LES NOTAIRES ADHEMAR
LES NOTAIRES ADHEMAR
Au greffe du palais de justice de Montréal, le printemps dernier, nous avons causé de la fami'lle des notaires Adhémar et, depuis, j'ai eu la curiosité de voir mes notes' à ce sujet car, ramassant toujours, je ne me rappelle jamais de ce que j'ai mne fois trouyé — iseuîlement je sais où le prendre.
Disons tout d'abord qu'il y a eu, de 1685 à 1740 à peu tprès, des officiers d'épée dans le service du Canada qui portaient le nom d'Ahémar, accompagné de (deux ou trois autres noms ou surnoms, (1) mais rien ne nous invite à supposer une rparenté entre eux et les notaires qui nous occupent — excepté le nom, et il faut bien se souvenir que ^'^Adhémar^' était assez commun en France, il y a deux siècles.
Le premier qui vint en Canada se nommait Antoine (2), il était né en 1639 ou 1640, à Sallvi, archidiocèse d'Alby, Haut-Languedoc, fils de Michel Adhémar et ide Cécile Oache, selon le recensement de 1681 et le registre du Cap de ia Madeleine du 20 janvier 1687.
Son nom ne figure pas aux recensements de 1666 et 1667, qui furent pris le printemps et Tété de chacune de ces deux années, et comme il s'est marié là Québec, le 10 octobre 1667, j'en conclus qu'il arriva de France vers l'automne de l'année en question.
1. TangTiay: Dictionnaire II, 6, Daniel: Grandes Famillei, p. 258.
2. On dit qu'il appartenait à la maison très distingnée de Lantagnac, mais ceci doit être une erreur, car M. P.-G. Roy (La famille Adhémar de Lantagnac) ne mentionne même pa» les Adhémar qui nous occupent ici.
LES NOTAIRES ADHEMAR 105
Geneviève Sageot ou Pageot qu^i'l épousait, âgée alors de seize ans, était probablement du nombre des jeunes filles instruites et recomimandées qui furent amenées de France par l^association des dames de Québec, sous les auspices du Conseil Souverain de la colonie, en 1666 et 1667. La connaissance entre les deux jeunes gens avait peut-être été commencée sur le vaisseau qui les conduisait à Québec. En tous cas, ils n'étaient pas du même "pa}V, puisque Geneviève Sageot venait de la paroisse de Saint- André-ides- Arts, ville de Paris ; son père était Antoine Sageot et sa mère Marguerite Ruffel.
Le greffe d'Antoine Adhémar est déposé à Montréal où décéda son auteur. Il débute en 1668. Jusqu'à 1674 il porte des dates de lieux variés comme Sainte-Anne de la Pérade, Batiscan, Champlain et Chambly, qui relevait alors du gouvernement des Trois-Rivières.
Le 4 février 1671 (3), Pierre Dupuis dit Lamontagne habitant de Saint-Louis (Chambly), est accusé d'avoir dit que le sieur de Chambly, commandant au fort Saint-Louis, lui lavait fait injustice en lui défendant l'entrée du fort sur ce que le défunt Laramée aurait dit qu'il y avait des coquins qai seraient cause que le fort sauterait .... et Lamontagne a dit qu'il faut se faire justice soi-même .... que les Anglais avaient bien tué leur roi. Procès-verbal d'Antoine Adhémar, notaire à Sorel, du 17 novembre 1670. Dupuis sera marqué de la fleur de lys.
Le notaire instrumentait donc dans toute l'étendue de ce gouvernement. Si l'on ne trouve pas d'actes de lui, entre 1668 et 1674 dressés à Nicolet, Saint-François du Lac, Maskinongé, la Rivière du Loup et Yamachiche, c'est parce que ces seigneuries n'étaient pas encore établies. Gentilly, Bécancour, Nicolet et Saint-François ne possédaient en 1674
Conseil souverain, I, 644-45.
106 LES NOTAIRES ADHEMAK
chacun que trois ou quatre colons. La yille des Trois-Rivières avait un parfait notaire dans la personne de Séverin Ameau.
En arrivant ici, Adhémar s^était donc marié et avait choisi pour y exercer sa profession cette partie de la côte nord du fleuve qui va des Grondines au Cap de la Madeleine. La côte sud entre Nicolet et Lotbinière était sans habitants. J© pense qu'il demeurait à Champlain. (4)
Son premier enfant connu se nommait Jeanne; d'après le recensement de 1681, elle serait née en 1674, sans indication de lieu. La raison pour laquelle j'ai publié les recensements nominaux de 1666, 1667, 1681 dans mon Histoire des Canadiens-français, est que l'heure était venue de mettre sous les yeux des intéressés l'un des prinipaux documents de nos annales historiques. Ces pièces seules valent le prix de la souscription au livre. On n'a pas paru le comprendre dans le temips, mais tout vient à point à qui sait attendre. Dans 1© cas qui nous occupe, la naissance d'un enfant se trouve constatée, sans que les registres des paroisses ne la mentionnent. Je pourrais citer mille exemples semblables.
Le 17 février 1674, Adhémar passe un acte pour accorder un différend :survenu entre Joachim Germano et François Bans'liard dit Lamontagne, habitant de la Rivière-du-Loup. Ce Bansliard c'est Bérillot, Bériau, Bayard, durant un siècle, de père en fils, et à présent Lamontagne.
Au Cap de la Madeleine, le 28 avril 1674 (5), Adhémar passe un contrat entre Jacques Aubuchon, habitant du lieu, et François Chorel, marchaad de Champlain. Jean Cusson
4. C'est, d'après toute probabilité, Adhémar qui succéda dans Champlain à Guillaume de la Eue.
5. Il avadt été nommé huissier le 3 novembre 1673. Par sa correspondance et celle de ses clients conservées au secrétariat de Québec, Adhémar semble avoir été un homme bien occupé de son temps.
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était alors le notaire résidant du Cap de la Madeleine. Il faut croire que François Chorel avait amené de Champlain son propre notaire.
Le 12 août 1674, Adhémar écrit un bail à ferme pour Jean Grerlaise sieur de 'Saint-Amant, habitant de la rivière Manereuille. Le 15 juin 1675, il dresse rengagement de Louis Baron, demeurant à la rivière Manereuille, qui sera employé par Jean Brast (Bérard). Le 15 juillet suivant, le même notaire fait le contrat de mariage entre Jean Laplanchie-' maître chirurgien, demeurant à la rivière Manereuille, et Judith Eigaud, veuve en secondes noces de Jean Thérien, demeulant à la dite rivière. Le 22 janvier 1676, le ^même notaire écrit le contrat de mariage entre Jacques Lessard sieur de la Bretonnière, commandant de la rivière Manereuille et y demeuiant, avec Marie, fille de feu François Lemaître et de Judith Rigaud. Fait et passé à la dite rivière Manereuille.
Le 18 septembre 1677, Adhémar dresse l'inventaire des biens de feu Jean Briard (Bérard) dit La Reverda, de la rivière Manereuille et de sa veuve Charlotte Coy.
Manereuille qui était seigneur de la Rivière-du-Loup (en haut), retourna en France et sa seigneurie fut donnée à Jean Le Chasseur.
Mon ami, J.-O. Dion (6), qui sait mieux que personne l'histoire de Chambly, m'affirmait que cette paroisse relevait du gouvernement des Trois-Rivières, au cours des années 1666-1690 à peu près, et il ajoute que, de 1675 à 1682, il n'a pu constater les noms des commandants du fort Saint-Louis, ou Chambly. Il ne pouvait non plus dire à quel événement se rapporte une pièce de procédure criminelle que j'ai trouvée dans les archives des Trois-Rivières et dont voici la substance : .
6. Ancien conservateur du vieux fort de Chambly. Il est mort en 1916.
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Jean Duileau sieur de la Mothe, seigneur du fort Saint- Louis, slétant YU mêlé à un conflit durant lequel il avait été tiré des coups de feu, abandonna la place. La justice fut saisie de ^affaire, aux mois d^août et septembre 1677; ie juge oixlinaire des T rois-Rivières, Gilles Boyvinet et Antoine Adhémar composaient le tribunal en cette occasion. Après une longue enquête, il ne resta qu'une feuille de papier couverte d'écriture, mais qui ne donne iaucune conclusion et, chose curieuse, qui ne fait pas comprendre de quoi il s'agissait en fin de compte.
Les deux seuls forts appelés Saint-Louis étaient à cette époque cellni de Québec et celui de Chambly. Les forts de l'Ouest qui ont porté ce nom foirent construits après 1677.
Le sieur Jean Duleau de la Mothe est peut-être le même que le capitaine la Mothe, tué !à Saint-François du Lac, l'automne de 1690 : en tous cas ce n'est pas le même que le capitaine Dominique de Laimothe sieur de Lucière et de Saint-Paul qui s'était fait concéder la terre de Lussodière près Saint-François du Lac.
Retournons au notaire Adhémar. Les registres de la paroisse de Champlain s'ouvrent le 1er octobre 1679; ceci explique pourquoi Jeanne Adhémar, née en 1674, ne figure pas dans les cahiers en question. M. Tanguay (7) fait naître Antoine à Montréal, tandis- qu'il est clair que ses parents demeuraient à Champlain; de plus, la date de 1677 est visiblement empruntée au recensement de Champlain, comme on le verra bientôt.
Le quatrième baptême enregistré à Champlain est celui de Marie, "fille d'Antoine Adhémar de Saini^Martin, notaire
7. Dictionnaire Généalogique, I. Notons, en passant, que les volumes 1 et 11 de Tanguay ne correspondent pas et qu'ils contiennent au sujet d'Adliérnar plusieurs erreurs très graves.
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royal, et de Geneviève Pageot (8), le 29 octobre 1679. Parrain: Louis Leçon te Dupré, marchand; marraine: Anne- Charlotte Ohorel, fille de François Chorel de Saint-Komain, ans-si marchand." Le curé était François Dupré.
Le isumom .de Saint-Martin s^est conservé dans la famille Adhémar, comme celui de Saint-Eomain dans la famille Chorel.
Le 11 septembre 1680, Adhémar formule un règlement de compte entre Joachim Grermano de la Rivière-du-Loup et Jean Gerlaise dit Saint-Amant, .du même lieu. En 1682, il écrit l'inventaire des biens àe François Banliac dit Lamontagne dont la femme Marie Doyon venait de mourir.
D'après le recensement de la paroisse de Champlain, année 1681, Louis Leconte Dupré était né en 1654; il se maria vers 1683 et alla bientôt après s'établir à Montréal, où il a fait sooiche. Il devait être frère ou parent de M. Dupré, premier curé de Champlain (9). Celui <i continua à exercer son ministère en ce lieu jusqu'au 4 mars 1687, au moins, puisque sa dernière signature est à cette date; il n'a donc pas été nommé curé de Québec en 1686, comme le dit M. Tanguay, s'il a été nommé en 1686, dl n'a pris ses fonctions que vers l'été de 1687. J'ajouterai que, du 1er octobre 1679 au 4 mars 1687, M. Dupré est le seul prêtre motionné au registre de Champlain. En 1687 il est remplacé par deux missionnaires: MM. Benoit Duplein et Thomas Morel.
Au recensement de 1681, paroisse de Champlain, nous lison>: "Antoine Adhémar, 42 ans; Geneviève Sageot, sa femme, 30 ans; enfants: Jeanne, 7 ans, Antoine 4, Marie 2.''