‹ Mélanges historiques; études éparses et inédites de Benjamin Sulte;Chapitre 47 sur 62 · POMPE A FEU AUX TKOIS-RIVIERES · texte numérisé non relu

POMPE A FEU AUX TKOIS-RIVIERES

Si TOUS n'avez pas toujours habité les grandes Tilles, où la science moderne met aux mains du premier Tenu, pour ainsi dire, le puissant secours des aqueducs, tous aTez pu assister à l'une de ces scènes d'épouTante, aux épisodes naTrants, que présentent les incendies dans les gros Tillages et dans les petites TiUes,

Le tocsin, qui ne s'était pas fait entendre depuis des mois, parfois depuis des années, le tocsin tinte lugubrement au milieu de la nuit ses appels précipités ; quelques Toix épeurées s'élèTent de place en place, elles crient au feu! comme elles crieraient FarriTée de l'ange exterminateur ; éTeillé en sursaut, l'habitant, glacé de surprise, aperçoit un coin de firmament rougi par la flamme du malheur qui frappe un de ses amis. En dix minutes, toute la population est sur pied, assez inutilement, hélas! car, le plus souTent, il n'existe aucun moyen de contrôler la marche du fléau. Le curé accourt, exhorte les traTailleurs et paye de sa personne; les femmes prient et recueillent leurs malheureuses compagnes privées soudain de leur foyer; on Tide les maisons avoisinantes, puis, sauf quelques seaux d'eau jetés par le désespoir sur rinexorable brasier, le reste est abandonné à la volonté de Dieu. Lambeau par lambeau, tison par tison, disparaît tout ce qui se trouTe à portée de la flamme. La ruine s'installe ainsi dans tout un quartier, sous les yeux mêmes des pauvres victimes, incapables de s'en défendre et condamnées à voir périr le fruit de bien des traveux, l'objet de bien des espérances. Sur les cendres fumantes de leurs logis, vous les voyez errer durant plusieurs jours, sans but, sans courage et comme anéanties en elles-mêmes. Elles sont offertes en spectacle à la population qui plaint leur misère en songeant que d'un moment à l'autre la Providence peut en ordonner pareillement de chacun de nous.

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