‹ Mélanges historiques; études éparses et inédites de Benjamin Sulte;Chapitre 51 sur 62 · POMPE A FEU AUX TROIS-RIVIERES · texte numérisé non relu

POMPE A FEU AUX TROIS-RIVIERES

M. Deschenaux, éclairé par ce trait d'histoire et placé dans des circonstances analogues, n'hésita pas à se déclarer partisan des seaux de cuir. C'était justement l'idée que l'on cherchait! Il faut lire avec queMe ardeur le comité qui eut pour mission de la réaliser se voua an salut public, quelles tribnlations inimaginables il supporta ayant que de pouvoir présenter à la société le triomphant rapport par lequel il établissait qu'après trois mois de frais et de manoeuvres multi- [ples, il avait fait faire, à Québec, deux douzaines de seaux, arrivés la veille en bon ordre et condition !

Le président, M. le grand-vicaire IN'oiseux, le révérend M. Mountain, ministre du culte anglican, messieurs les chevalieiTs de Ni ver ville et ide Tonnancour, MM. J.-B. Badeaux (4), Eobert Brydon, L. Le Proust, Eené Kimber, Modeste Pratte, J. Antrobus et Jean Doucet, notamment, assistaient à la séance. C'était la classe influente, l'aristocratie de Fintelligence et de la richesse.

Il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens. Si, en lisant l'histoire guerrière du Canada, l'on aime à rajuster jour par jour les traces des chefs que suivaient nos aïeu:i, je ne vois [pas pourquoi notre admiration n'irait pas les relancer dans l'obscurité de la vie bourgeoise, où ils se retiraient modestement et surtout utilement, entre deux actiona d'éclat. Leur existence n'a pas cessé de nous être consacrée. A cette époque, le peuple existait comme peuple, c'est-à-dire qu'il ne tentait pas de se gouverner, il en remettait le soin à ceux qui, au lendemain d'une victoire, savaient reprendre la tâche interrompue et se faire, au besoin, officier du guet, ou comme de Niverville et de Tonnancour, s'appliquer au maintien de simples compagnies de feu.

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