‹ Mélanges historiques; études éparses et inédites de Benjamin Sulte;Chapitre 9 sur 62 · V co.^rrAGXiE des iiAr.rtwx'i-s · texte numérisé non relu

V co.^rrAGXiE des iiAr.rtwx'i-s

gouvernement des Trois-Rivières jn>qii^à 1689^ date de sa mort.

Sa familk se composait alors de six garçons et de trois filles; elle atteignit plus tard le chiffre de quinze enfants; snr ce nombre il y eut deux prêtres^ une religieuse, quairc^ filles mariées et cinq chefs de famille, trois seigneurs et militaires. Ces derniers, ainsi que leurs descendants, ont porté les noms de Boucherville, Grandpré, Grosbois, Labroquerie, Labruyère, Laperrière, Montbrun, Montar ville, Montizambert et Niverville, dont plusieurs subsistent de nos jours.

La Patrie, Montréa.1, 14 nov. 1896.

ÔO MCOLAS PEliliOT A BEC^^TCOUll

NICOLAS PEEKOT A BECANCOUR

Nicolas Perrot fut l'un des quatre ou cinq personnages marquants du XYlIe siècle qui ont le plus voyagé' dans

A chaque instant, son nom revient sous notre plume, mais nous ne savons Jamais où il se trouvait à telle ou telle date. Je vais essayer de mettre ses mouvements d?,tns Tordre chronologique.

■Ce genre de travail, je l'ai fait pour Duluth, Tonty, La Forest, Bourdon d'Autra}-, Barbier, Cauchois et d'autres, tous gens de l'Ouest, mais Perrot était le plus difficile à saisir et il est resté le dernier en portefeuille. Perrot luimême a été peu soigneux sous ce rapport; il ne fournit presque jraiiais de dates pour éclairer ses narrations; rarement il parle de manière à se mettre en scène.

Rien ne nous indique de quelle partie de la France il venait. Charlevoix (Histoire de la Nouvelle-France) se •contente de dire : "C'était un homme d'esprit, d'assez bonne famille et qui avait quelques études."

Les recensements de 1667 et 1681 le font naître en 1641 et 1644; son acte de sépulture le ramène à 1643.

Dès 1663, il était parmi les Sauvages du Wisoonsin, serviteur des Pères Jésuites, selon Charlevoix qui écrit: "La nécessité avait obligé Perrot de se mettre au service des Jésuites."

Une supposition. M. Gilles Perrot, prêtre, qui arriva à Montréal au mois de juillet 1663 et devint curé de cette vil^e le 29 septembre 1665, venait du diocèse de Chartres; était-il

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parent de Xicolas? tous deux sont-ils Aenus de France ensemble ? Si oui, comment ont-ils pu se diviser, Tim allant aux Jésuites, Tautre aux Sulpiciens? Les instincts de Xicolas Perrot le portaient vers les régions inconnues, les pays de traite, comme on disait, et bien que la classe appelée plus tard les ^'coureurs de bois" ne fut pas encore formée, il existait assez d'éléments de cette nature en préparation pour attirer un homme de la trempe de Perrot.

Il n'est pas possible qu'il ait fait partie de l'expédition de Cavelier de la Salle qui se mit en route l'été de 1669 et remonta le fleuve de Lachine au lac Erié. Deux prêtres du sémina^ire de iSaint-Sulpice, M1\I. Dollier et Galinée, étaient du voyage. La Salle se sépara d'eux entrs Toronto et Niagara et dit qu'il allait se rendre à l'Ohio. Au mois de mai 16 TO, ces deux prêtres arrivaient au saut Sainte- Marie, d'où plusieurs bandes .de canots partaient en ce moment pour se rendre à Montréal par la voie de la rivière Ottawa. Perrot et quatre Français étaient sur l'une de ces flottilles. A sa grande surprise, il renconti-a Cavelier de la Salle qui était à la chasse avec cinq ou six Français et dix ou douze Iroquois, un peu au-dessous des Chats, rivière Otta«wa. C'était vers le commencement de juin.

Une fois à Montréal, Perrot dut se rendre à Québec (juillet 1670), appelé par M. de Courcelles; il y attendit l'intendant Talon qui arriva de France le 18 août. Il fut décidé que M. de Saint-Lusson et Nicolas Perrot iraient au Wisconsin pour rassembler les représentants des tribus de l'Ouest et faire une alliance solennelle avec toutes ces nations. Ces deux envoyés partirent de Montréal au coniiinencement d'octobre et remontèrent l'Ottawa; parvenus chez les Amikoués ou peuple du Castor, au nord du lac Hiiron, ils furent contraints d'hiverner parmi ces Sauvages, amis de Perrot,

XÎCOÎ.AS PEREOT A BECANCOUK

■et, 'le 5 mai IGil, ils arrivaient au saut Sainte-Marie, où la cérémonie de la prise de possession des contrées de l'Ouest, au nom du roi de France, eut lieu le 14 juin, avec l'approbation de quatorze peuples différents venus chacun de son pays pour cette fin. Perrot signa le procès-verbal en qualité trinterprète officiel, après avoir aidmirablement parlé des bienfaits d'une telle entente. (1)

xlvant 1671, Perrot n'avait été qu'un coureur de bois trafiquant pour son compte, avec quelques associés, peut-être, mais sans éclat, sauf qu'il avait acquis un prestige personnel extraordinpiire sur l'esprit des indigènes et qu'il était regardé -comme un interprète et un orateur de premier ordre. Evidemment plus instruit que la plupart de ceux qui se livraient à cette vie errante, doué de talents supérieurs, brave et rusé au possible, il dominait à la fois son entourage français et les peuplades qui venaient en contact avec lui.

Perrot possédait une belle écriture et l'art de coucher sur le papier les observations toujours si remarquables qu'il recueillait dans ses courses lointar.nes. M. de Courcelles faisait donc un bon choix en lui -donnant pour mission d'accompagner son commissaire au saut Sainte-Marie et en le munissant de pouvoirs étendus, pour arriver à conclure un pacte durable avec qup.torze ou quinze nations qu'il s'agissait de mettre dans nos intérêts,

C'es't après son retour du saut Sainte-Marie (2), l'automne de 1671, que Perrot se maria — du moins je le

1, Les Pères Allouez, Dabloii et Dreuillètes qui étaient de l'expéclitiori, firent des discours solennel.s.

2. A la prise de possession du pays de l'Ouest, au saut Sainte-Marie, ce 14 juin 1671, François Bibaud était présent, et il se maria à Québec, le 17 août 1671. Donc, il y a lieu de penseir que Perrot était revenu dans le lias-Canada avant le 17 août 1671. François Bibaud fut l'ancêtre de Michel Bibaud, rhi.storien, né à la Côte-des-Xeiges, le 20 janvier 1783.

NICOLAS PElîROT A BlCCAXCOl'R

suppoire, parce que son premier enfant connu est porté à neuf ans au recensement de 1681.

Au cours des année,s 1671-73, Maileleine Raclos épousa Nicolas Perrot, Marie Eaclos épousa Eené Beaudoin, de Champlain, et Françoise Eaclos épousa Michel David, de Bécancour. Nous n'avons pas les actes de ces trois mariages. D'après Tenregistrement de sa sépulture, en 172-4, aux Trois- Eivières, Madeleine serait née en 1650.

Ces trois femmes devaient être soeurs ou parentes, si Von en juge par leur nom de famille et par leurs alliances presque à lai même date avec trois hommes du voisinage immédiat des Trois-Eivières.

M. l'ahbé Ferland dit que Madeleine Eaclos, femme de Xicolas Perrot, de Bécancour, et Marie Eaclos, femme de Eené Beaudoin, de Chamjdain, nièces et héritières de Collette Eaclo-, veuve d'André d'Hoin, procureur en la cour au parlement de Paris, reçurent des sommes considérables de l'héritage de cette dame (3).

Toujours d'après le recensement de 1681, il naquit à Xicola»s Perrot, en 1674 ou 1675, un autre enfant appelé Nicolas; en 1676, une fille du nom de Clémence; en 1677, un autre fils ibaptisé Michel et que le recensement nomme Michelle ; en 1619, Marie. Ces enfants, comme François, le premier en date, yécurent à l'âge adulte; leur descendance est encore parmi nous.

Tout cela indiquerait la présence de Perrot sut les bords du Saint-Laurent de 1672 à 1678. Ce devait être à Bécancour.

Pairlant de ce qui se passait en 1671-73, l'intrépide coureur des bois rapporte dans ses Mémoires (p. 130) que

o. Revue Canadienne, 1871, p. 935; voir aussi les Mémoires de Perrot, p. 301.

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''M. de Frontenac donna des congés à différents particuliers pour la trait-e que l'on fait dans le pays d'en haut chez les Sauvages qui sont hors de la colonie. J'en obtins un aussi, par la faveur de M. Bellinzani, secrétaire de M. Colbert."

Ce M. Bellinzani est le même qui, un peu plus tard, se faisait donner des pots-de-vin par Oavelier de la Salle pour soigner les intérêts de celui-ci dans l'affaire de la traite et des découvertes.

"La cour révoqua, en 1680, les congés de traite. C'était une vingtaine de permissions que iSa Majesté accordait aux familles des gentilshommes les moins aisés, pour aller commercer chez les Outaouas, et que le gouverneur général distribuait aux personnes qu'il croyait en avoir le plus de besoin. Un congé était donc une permission pour un an de mener un canot chez les Outaouas, chargé de marchandises. Ceux qui ne voulaient pas y monter les vendaient •depuis huit jusqu'à douze cents francs Celui qui achetait, choisissait trois voyageurs, auxquels il donnait la valeur de mille écus en marchandises qu'il faisait valoir, lesquels produisaient environ douze mille francs de profit'' (4).

Perrot conserva son privilège jusqu'à 1683. Il paraît hors de doute que, de 1672 ou 1673 jusqu'à 1683, il était redevenu coureur de bois, exploitant son permis de traite avec l'aide que lui avait procuré l'a«rgent de sa femme. Durant cette période d'une dizaine d'années, il devait faire un voyage chaque été aux pays des grands lacs, où il étendait ses connaissaoïces chez les tribus indigènes.

Les trois actes qui suivent ne sont pas -ans valeur dans l'étude qui nous occupe :

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