La Potherie. Iliatoirc âc VAm^rlquc srptrntrionnlc^ II
NICOLAS PEEROT A TÎECANCOIJÎ 55
"Je soussigné ai baptisé, à la Rivière Saint-Michel, ce 14 de janvier de Tannée 1679, Jeanne, fille de Pierre Boiirbault et dMnne Bourjolit. Son parrain a été iSTicolas Perrot, et sa marraine Jeanne Sauvp«get. (Signature) : F. Xiste Le Tac, récollet indigne.''
■ 'Cet acte est au registre de la paroisse des Trois-Eivières. Peut-être que Nicolas Perrot ci-haut mentionné était le fils de Nicolas, mais alors il n'était âgé que de quatre ou cinq ans.
La rivière Saint-Michel est la rivière Bécancour, appelée aussi rivière Puante.
L'acte suiv?*:it se lit au registre de la paroisse des Trois- Eivières :
"J'ai baptisé, le 2o juillet de V^îd. 1680, à la Rivière iSaint- François, Marie- Aime, fille de Nicolas Perrot et d'Anns Raclons sa femme. Son parrain a été Fraïuçois Robineau et sa marraine Marguerite Hertel. (Signature) : F. Luc Filiastre."
Il faut lire : ''Madeleine Raclos, et Marguerite Hertel, femme de Jean Crevier, seigneur de Saint-François-du-Lac." Le Frère Filiastre était missionnaire des Trois-Riyières et des environs. Cette naissance a dû avoir lieu à Saint-François durant un voyage. M?»is si Perrot demeurait à Saint- François en 1680, nous le retrouvons habitant du petit fief Dutort, dans la seigneurie de Bécancour, au recensement de 16.^1:
'^Nicolas Perrot, 37 ans; Madeleine Raclos sa femme, 25 ans. Deux fusils, cinq bêtes à cornes, dix-huit arpents de terre en valeur." Le seigneur a vingt arpents en val'eur, les autres habitants ne dépassent guère dix ou douze arpents.et un seul a cinq bêtes à cornes comme Perrot.
56 MCOLAS PhlîîiOT A r,ECANCOUR
Quant aux enfants, voici la liste du même recensement: ^'François 9 ans, Nicolas 7, Clémence 5, Michelle 4, Marie 2, Marianne 1."
A p?«rtir de son mariage, Perrot avait établi sa demeure à Bécancour, j'en suis convaincu.
Reprenons ie fil des événements administratifs auxquels il va être mêlé plus que jamais, néanmoins il ne cessera pas de se retrouver chez lui chr«que année, tout en paraissant demeurer dans FOuest, jusqu'à 1701.
M. de la Barre, qui vint en septembre 1682 remplacer le comte de Frontenac, avait instruction de retirer les permis de traite des fpays d'en haut à certaines personnes. Perrot dit dans son Mémoire (page 133) : "M. de la Barre m'avait donné une permission d'a^Uer commercer chez les Outaouas. En allant à la ibaie Verte, je trouvai, à cinq lieues de Michillimakinac les députés qui allaient inviter les nations ^'à faire la guerre aux Iroquois, de concert avec les Français." Les Outaou?o refusaient, mais Perrot les entraîna et se mit à leur tête. Ce voyage de Perrot a dû avoir lieu en 1683, sinon en 1681, de bonne heure au printemps.
Le 19 février 1683, au registre du Cap de la Madeleine, est l'acte de baptême de Marie-Madeleine, fille de "Nicolas Perrot et de Madeleine Raclo, habitcaits de la rivière Saint- Michel." Le Frère Sixte Le Tac, récollet, administre le baptême ; le parrain est Pierre Guillet et la marraine Suzanne de Noyon.
Maintenant, je lis au registre de Batiscan que, le 9 août 1683, ''a été inhumée dans le cimetière du Cap de la Madeleine, une fille de Nicolas Perrot et de Marie-Madeleine Raclot, habitants de la rivière Cressé." Il y a là une autre erreur: Perrot demeurait à Bccancour et non pas à Nicolet (rivière Cressé).
NICOLAS PEP.r.OT A BECAXCOrJl
i\I. de la Barre, gouA'erneur général, avait maintenu Perrot dans la position qu'il occupait au Wisconsin, à la baie Verte surtout. La guerre ayant été décidée contre les Iroquois, peuple situé à Test du lac Ontario, il fut question de s'assurer l'appui des nattions de l'Ouest pour seconder les troupes françaises dans cette campagne.
Parlant de l'appel que M. de la Barre avait fait aux Sauvages de Michiilimakinac et de la baie Verte, pour le rencontrer à Niagara le 15 août 1684, Charlevoix {Histoire de la NouveVe-France) dit que Perrot était alors à la baie Verte et que ce fut lui principalement qui détermina les nations 4 accepter l'invitation du gouverneur général. On sait que, rendus à Xiagara, les guerriers de l' Ouest attendirent vainement M. de la Barre et qu'ils s'en retournèrent mécontents.
"Je ne retournai pas aux Outaouas incessamment après la campagne, dit Perrot, dans ses Mémoires, je n'y fus que le printemps suivant, sur les nouvelles qu'on eut, par les voj'ageurs, que les gens de ^I. de La Salle troublaient les Français qui allaient sur ses congés, depuis la baie des Puans jusqu'aux Iilinois, et qu'ils enlevaient même leurs effets."
Perrot a du se rendre à Bécancour au commencement du mois d'août, puisqu'il écrivit de ce lieu la lettre suivante à M. de Saint-Martin, notaire au Cap de la Madeleine, l'un de ses créanciers :
"De la EivicTe-Paante, ce 20 août 1684 — Monsieur, — J'ai reçu la vôtre par laquelle je vois que vous demandez ce qui est très juste. Je n'aurais pas tant tarclé à vous aller voir et tous ceux à qui je dois, si j'avais apporté les pelleteries que j'ai laissées, par le commandement qu'on m'a fait de venir en guerre. . . Si j'en jouissai-, je serais hardi d'aller trouver mes créanciers plus que je ne suis. Mais n'ayant