CHAPITRE VIII
DÉPART DE MONSBIGNEUR LE DUC O'AMOOUIÀaIE ET DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BERRY FOUR L^ ARMÉE DES PRINCES.
L'assemblée nationale déclara la guerre |i l'Autriche et à la Prusse '• Les deux princes , partis de Turin , Tinrent rejoindre M.s' le comte d 'Artois ; pour faire sous les ordres de Monsieur , et sous ceux de leur auguste père , cette campagne qui devoit tout finir ^ et qui commença tout» Beaucoup d'émigrés n'a voient rien apporté avec eux ; quelques-uns deplojoient les dernières marques de la fortune. Les différents corps d'officiers de l'armée faisoient le service de soldats; la marine étoit à cheval -, les gentilshommes^ formés en compagnies , se distinguoient par le nom de leurs provinces. On étoit gai , parce qu'on étoit sous la tente ^ qu'on alloit puiser l'eau , couper le
Août 1799.
MEMOIRES sua LS' DUC DE BEH&Tk a3
hùiSf préparer les livres , et qu'on entendoit k son de la trompette. La pauvre noblesse lemplissoît son devoir sans j penser , tout simplement y comme on respiré et comme on vit. £lle ne regrettoît point ce qu'elle avoit perdu 'y d'ailleurs^ elle le croyoit bientôt retrouver : elle espéroit revoir , à la fin de l'automne, son magnifique héritage, la brujère , le grand bois 9 le vieux colombier. Que d'aventures a conter I que de desseins pour le jour du re* tour ! Dans tous les temps , les François onè été les mêmes : peuple essentiellement guerrier^ ]es camps ou il retrouve ses vertus lui ont fait oublier ses. misères, soit qu'il ait eu pour étendard la chape de saint Martin ou la cornette blanche ; soit qu'il ait commencé la charge au refrain de la chanson de Roland ou au cri de vive le Roi!
Ms' le duc de Berry eut le |)]aisir d'aller au premier feu devant Thionville. Les compagnies bretonnes se trouvant parmi les plus avancées vers la place, il leur disoit : « Je » voudrois être Breton pour voir de plus près tf l'ennemi» » C'est une dure nécessité pour l'homme dé s'habituer à la vue du sang ; et ,
ai néuOIllES SVB LE BUG DE BEBRY*
» ce qu'il j a de plus malheureux , plusieurs )> Yertus dépendent de la force d'âme qui fait » le guerrier* »