MEMOIRES SUR LE DUC DE BEBRY. 2Q
et s'al^oit sous le boulet ennemi. Pendant neuf campagnes , elle n'eut pas une nuit de sommeil; cent mille guerriers dormoient en paix derrière elle. Qu'avoient-ils à craindre ? Trois Gondë ëtoient à leurs avants-postes.
Lorsque Ms' le duc de Berrjr rejoignit l'arnée de Gondé y elle ëtoit à sa troisième campagne ; elle avoit emporté a?ec les Autrichiens les lignes de Weissembourg , et , dans la bril* hnle affidre de Berstheim y elle avoit empêché les républicains de percer la ligne des alliés. Ce fut dans ce combat que les trois Gondé , lenouvelant l'aventure de la bataille de Senef, déployèrent une valeur héroïque : le vieux Coudé , dans le village même de Berstheim , qu'il reprît à la tête des gentilshommes à pied * ; le duc de Bourbon , en avant du vilbge , dans une charge de cavalerie , ou il fat grièvement blessé d'un coup de sabre au poignet ; le duc d'Enghien, dans^ une autre chaige de cavalerie ,' par laquelle il s'empara d'une pièce de canon , apiès avoir eii ses habits percés de balles et de coups de bûonnettes. « Vous êtes à l'âge , et vous por-
' 3 décemlire 1793.
3o MEIIOIRES SUR LE DUC DE BERRY.
» tez le nom du Taincpieut de Bpcroy^ Itiî ëcri- » voit à cette occasion Mo]!f9ΣUR y r^fentdu. » royaume» sou sang coule dans vos irehies^ » TOUS ave^ devant les yeux l'exemple d'un » père et d'un grand-père au dessus de tous les » .éloges :'que de motifs d'espérer que Tons se- » rezun jour la gloire et l'appui de l'État ! »>
Quand on songe ce qu'on a fait de cette glçire et de cet appui de VÈtat , ces belles paroles fei^dent le cœur* Le jeune d'Enghien devint le frère d'armes du jeune Berry ; ces princes se :Sentoient unis par une même des^ tinée : « Saûl et Jonaûiaa, si aimables durrant leur vie , plus prompts que les aigles , et plus courageux que les lions , sont denteu^ rés inséparables dans leur mort même \ »
M^' le duc de Berry se trouvoit à une grande école : amis et ennemis lui offroîent paiement des exemples, c'étoit partout des François. Les uns défendoient le roi, les autres la France : dans les deux camps étoit la gloire, également attirée par l'éclat des succès et par la noblesse des rcTers.
* Reff,vt, lib. n, c. i.
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