‹ Mélanges historiquesChapitre 19 sur 87 · H^MOIRES SUR LE DUC DE BEERT · texte numérisé non relu

H^MOIRES SUR LE DUC DE BEERT

Le monarque bantii voulut se montrer à son autre armée > à l'armée républicaine qui bordoit la rive gauche du Rhin. Il alla aux gardes avancées : des pannes furent échangées entre lui et les postes françois. Cette périlleuse conversation , établie par le roi avec ses sujets %arés, remplit les républicains d'admiration et d'étonnement.

Malheureusement la joie causée par la présence du roi fut de courte durée. La grande ombre de la vieille monarchie effrajoit les ministres des puissances : Gharlemagne avec sa peau de loutre , et Louis xiv avec son manteau royal ^ leur apparoîssoient. Un roi de France proscrit y ^ la tête de quelques exilés , leur sembloit menacer le monde* La politique cnit revoir un maître , et le força de se retirer. Groonspection inutile ; le génie et le temps ont placé le pouvoir dans cette famille de France : sans trône, elle seroit encore souveraine, et n'a besoin que de son nom pour régner.

Toutefois Louis xviii demeura assez de temps \ l'armée de Gondé pour montrer l'intrépidité naturelle à nos monarques. Un assassin ( car les Bourbons n'ont plus à combdltre

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que des assassins ) tira au roi , par une fenêtre de Dillingen.; un coup de caral^ne: la balle effleura le haut de la tête* Le roi 9 portant la main au front; se contenta de dire : « Une j> demi-ligne plus bas, et le roi de France )> s'appeloit Charles x» »

Pendant le séjour du roi à l'armée de Gondé , il assista au service que cette armée fit célébrer à la mémoire de Charette* Placé entre Mf^ le duc de Berry et Ms" le prince de Cpndé ^ il adressa lui-même ce discours aux troupes réunies : c( Messieurs, nous venons de rendre les » derniers devoirs à celui que vous avez ad- » miré y peut7être même envié jusque sur le » champ de bataille de Berstheim , à celui qui » tant de fois a fait entendre ce cri qui m'a » causé dans vos rangs une satisfaction si vive, » mais que j'aurois beaucoup mieux aimé réu péter encore avec vous* »

G'étoit ainsi que la vieille monarchie s'entendoit partout où elle existoît : la fidélité avoit ses échos.^ le cri de Five le Roi ! retentissant sur les rivages de la Loire , étoit répété sur les bords du Bhin. Ms' le prince de Condé et ses fils, Ms' le duc de Bcrrj ^ la noblesse de

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Fiance honorant dans un camp d'exilës les vaillantes communes de France j un roi proscrit à la tête de cette noblesse ^ faisant luimême l'oraison funèbre d'un sujet fidèle !

L'histoire ofiTre-t-elle quelque chose de plus beau? ISotre patrie obtenoit alors de grandes notoires, mais elles n'effaceront point le souvenir de ces François persécutés , proclamant dans les bois^ à la face du Ciel , leur souverain légitime, et célébrant les funérailles de ceux t}aiétoient morts pour lui.

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