CHAPITRE XIV
LE ROI A^ l'armée DE CONDÉ,
Ce monarque étoit attendu à l'armée. Il y vînt en effet, n^ ayant plus (T asile (comme il le dit lui-même dans son ordre du jour) /lors celui de f honneur, Son arrivée excita une grande joie. A la sollicitation de Ms" le duc de Berry y tous les militaires en prison ou aux arrêts pour quelques fautes furent mis en liberté. On étala pour l'entrée du roi dans son nouveau Louvre toutes les pompes de l'armée : on fit tirer le canon , battre les tambours et sonner les trompettes ; on n'avoit pas d'autre musique. On rangea en bataille des soldats à peine vêtus , le visage noirci par la fumée de la poudre , par le soleil et les frimas ; on déploya des drapeaux blancs déchirés > percés de boulets^ criblés de balles^ et semblables à cette oriflamme usée par la gloire , que l'on voyoit dans le trésor de Saint-Denis.