‹ Mélanges historiquesChapitre 27 sur 87 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

VOTAOB DU PRINCE A ROMR.

MonsEiGifBTTii le d«G de Berry débarqua à Naples^ et de là se rendit à Rome. U fut sioguliè- Tement frappé de }a variété des personnages qu'il rencontra sur les chemins de l'Italie : des Anglois et des Russes voyageoient à grands frais dans d'élégantes voitures , avec tous les usages et tous les préjugés de leur pays : une famille italienne cheminoit avec économie dans un chariot du temps de Léon x : un moine à pied trainoit par la bride sa mule chargée de reliques ; des paysans côndulsoient des charrettes attelées de grands bœufs blancs , et portant une petite image de la Vierge élevée sur le timon, au bout d'une gaule recourbée ^ des femmes en jupon court, en corset ouvert , la tête voilée comme des madones , ou les cheveux bizarrement tressés , insultoient le prince en riant , et des pèlerins , appuyés sur un long

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bâton , le regarde îent passer. Tout cela sur les grands pavés de la voie Appîenne , qui conservât encore les traces des roues du char d'Agrippine, sur les chemins de Tîbur, oùl'heroiitage de Saint - Antoine de Padoue s'est écroulé à son tour dans les ruines de la maison d'Horace.

Le cardinal de Bernis n'existoit plus quand Mpf le duc de Berry arriva à Rome. Il ne pou- Toit plus offrir à un prince fugitif cette hospitalité digne des jours d'Évandre , qu'il exerça envers les nobles dames dont l'auteur de cet ouvrage honora les cendres à Trieste : notre destinée est de pleurer sur le tombeau des Bourbons. Nous ne sommes pas Tacite ; mais nous écrivons la vie d'un homme fort au dessus d'Agricola , et nous avons encore sur l'historien romain l'avantage de n'avoir pas attendu le règne des bons princes pour rendre hommage à la vertu malheureuse.

La veuve des rois , des consuls et des empereurs 9 étoit aussi veuve de pontifes , lorsque Ms' le duc de Berry vint l'admirer dans sa solitude : Pie VI étoit mort à Valence, le 29 août IJ99, et Pie vu, élu à Venise le i4 niars 1800,

n'étoit pas encore arrivé. Le dernier Souverain de la B.ome chrétienne avoit été aussi noble dans ses ,disgrâce9 , que les dernjers princes de la Rome païenne avoient été vils dans leurs malheurs. Pie vi et après lui Piç txi, soutin* |:ent dans les fers la grandeur de la Vill^ Eternelle, et se montrèrent les dignes chefs de l'étemelle religion.

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