‹ Mélanges historiquesChapitre 28 sur 87 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SUHB DU PRÉCÉDENT. MONSEIONEHR LE DtJG DB BBSRY QUITTE BOAIE FOUA RETOURNEB A L*ARBiâB«

liE séjour de l'Italie réveilla dans le jeune prince le goût des arts ; il se livra à l'étude de la peinture et de la musique. Beaucoup d'instruments lui ëioient familiers ; il en jouoit avec goût. Il chantoit bien ; il dessinoit agréablement f surtout les scènes militaires : il se connoissoit en tableaux mieux que lesbomme^ les plus exercést

« Je suis dans l'admiration de Rome, n écrivoît-il à M. le comte de Chastellux. Le prince aimoit par caractère la vie libre ei débarrassée de toute gêne > que Ton mène en Italie. Rome^ par un privilège qui semble attaché à son origine , . est encore le pays de l'indépendance personnelle-: cNsst le lieu de toutes les existences isolées y l'asile de tous les hommes las du monde ou jouets de la fortune.

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Sou£frez-vou8 le jour, vous pouvez comparer vos malheurs à ceux que tant de monuments rappellent > et vous trouvez vos peines légères ; la nuit, vous oubliez ces. peines sous un ciel enchanté , au milieu de tous les plaisirs. Un prince de la race des Radegaise et des Alaric , le dernier héritier d'un empire de douze siècles ; le descendant proscrit des bienfaiteurs du Saint-Siège , le fils des rois très-chrétiens , le neveu de Loi]is xvi , le prince qui devoit tomber lui-même sous le fer révolutionnaire , le duc de Berrj enfin , ^rant daÀs les palais détruits des Césars , «'égarant dans les catacombes, parcourant le Vatican désert, ou dessinant , assis sur un obélisque tombé ,' les débris épars du Capitole , offroit lui-même un tableau qu^i mahquoit au% ruines et aux souvesirs de Rome.

Le malheur poursuivoit partout Ms' le duc de Berry. Il a voit perdu un de ses fidèles compagnons, lechevalief de Lageard , et il n'avoit été un peu consolé que par la loyauté du Bailli de Crussol qui se trouvoit alors à Rome. Le prince apprit bient^ que l'armée de G>Ddé, étant arrivée à la hauteur de Venise , avoit

SUA LE DUC BS BBBBY. ni

reça l'ordre de suspendre sa marche, parce ^e la gaerre étoît aa moment de recommencer. Uh faux bulletin, que l'on attribua au ministre Acton , avoît déjà répandu cette nouvelle lorsque M^^ le duc de Berry ëtoît encore à Païenne , et avoit pensé faire partir subitement ce prince* Il reçut à Rome la nouvelle positive que le corps de Condé alloît se trouver engagé, que Ms' le duc d'Angoulême avoit rejoint l'armée , et qu'il s'étoit mis à la tête du régiment noble à cheval, formé par Ms' le duc de Berry. La gloire et Tamitlé* fraternelle parlent au cœur de notre brave et sensible prince 3 il ne peut résister à cette double tentation 'y il quitte Rome furtivement pour rejoindre son frère et ses compagnons d'armes.

Le Béamois se déroboit au tumulte des armes pour aller voir Gabrielle , son petit-fils s'éloigne d'une grande princesse pour courir au champ d'honneur. On l'entendra s'excuser bientôt dans son admirable lettre à M. Acton.

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