CHAPITRE IV
VIE DE MONSEIGNEUH US DUC DE BERRT A UONDBBa. VOYAGES DU FBINCE.
MoNSEiGifEim h duc àe Betrj, établi à Lcmdres, alloîtime fois tous les ttiois faire sa cour au roi aHtfrtrieeli : il visitoit SJDm^mciea général Ms'' le prince de Oondé, Le roi avoit écrit à ce dernier ces paroles oharmanrtes : « Jouissez , » mon cher <coQsîn y du même repos^ue le plus M illûsti^ éb vos aïea>& goûta volontftiremetit 1» 8<ms les lauriers : tout vous sera Chantill j. » Cependant lebéros de'FriedlJerget de Berstheim ne conduîsoit plus ses amis dans ses superbes allées de CJiantilfy , au hruit de tant de jets (feau qui ne se taisaient ni jour ni nuit *• N'ayant rien à laisser au duc de Berry, son royal élève y il lui légua par son testament ses vieux compagnons d'armes. On voit quelle opinion il s'étoit formée du prince par la lettre
' Bossnet, Oraison funèbre du grand Candi.
MBIiOIBES SUft LE DUC DE BERRY. lOI
qu'il lui écrivit alors : « Sans doute y lui dit--il y » yotre existence est erueUe ; mais nous avons B fait notre devoir. Ce n'est plus à moi y dans » la drconstanœ présente, c'est à tous à rek- » ver l'étendard rojal, et à nous tous à nuur^ » cIiersoQS vos ordres. Votre extrême jeunesse » a pu nécessiter pendant quelque temps Fin- » convenance que vous fassiez sous» les miens; B mais tant qu'il me restera un peu de force , » je me ferai gloice d'être votre premier gre- » nadier. » M. Pitt avoit conçu la même idée du prince y et Buonaparte lui-même en pailoit avec une haute estime. Les hommes supérieurs peuvent errer dans leur ofûnion ; mais lorS'qu^ rencontrent la vérité, ils augmentent le prix du mérite jugé de toute la valeur attachée \ l'autorité du juge.
Hors ces devoirs de £unille ai cbers à son cœur y et qu'il remplissoît avec exactitude y M^r le duc de Berry n'ai connoissoit point d'autres à Londres : il avoit secoué le joug de la société. Renfermé chez lui, il vivoit au mi^ fien de quelques amis dont il faisoit les délices. n avoit tout ce qu'il faUoit pour rendre charmante la vie privée : de l'esprit, delà grâce, dé
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la gaîtë y du goût pour les arts , de Tordre dans les affaires, de la régularité dans les habitudes , une humeur caressante, une bonté infinie* Fait pour la lumière, il aimott l'ombre; mah quelque chose du prince lui restoit dans la condition commune, et Ton sentoit qu'il étoit plutôt caché que perdu dans les rangs obscurs de la société. Ses loisirs en Angleterre lui permirent de s'adonner à diverses études : il se livra à la science des médailles , dans laquelle il fit des progrès étonnants. Il retourna ensuite à la musique , à la peinture , et se perfectionna dans la connoissance dès tableaux* Il acquit aussi à Londres , sur la monarchie représentative , les idées saines que nous lui avons connues*
Les royaumes-unis de la Grande-Bretagne avoient atteint leur plus haut point de gloire politique, lorsque Ms>^ le ducdeBerry y vint chercher un asile* A la tête du gouvernement , M* Pitt luttoît avec des hommes capables de le seconder contre cette grande opposition qu'avoient formée les Burke , les Fox et les Sheridan* Les vieilles mœurs se soutenoient parmi les gentilshommes-fermiers , qui trouvoient un appui dans, le caiïictère du plus simple et
SUR LE DUC DE BERRT. Io3
du meillear des rois. Restés originaux^ sans être grossiers et exclusifs ^ les Anglois s'étoîent accoatumés aux étrangers^ par la noble hospitalité qu'ils avoient exercée envers eux : ils aimoient ces François qu'ils avoient si longtemps détestés* Ms* le duc de Berry s'ëtonnoit de trouver un pays qui ressembloît bien peu à celui que croyoient avoir peint Voltaire et de Lolme; pays moderne assis sur des fondem^its gothiques^ et dont les libertés . constitutionnelles reposent sur des lois féodales.
M^ le duc de Berry entreprît quelques voyages dans l'intérieur de l'Angleterre pour mettre à profit son exil. Il vit les prodiges de Manchester et de Birmingham ; il s'émerveilla plus qu'il ne fut enthousiasmé de ces grands miracles qui font de petites choses , de ces machines qui créent des bras et tuent des intelligences ; subtiles inventions qid ne maintienneni ^état de ce monde qu'en entretenant ce qui passe avec le temps \ Le prince remarqua le génie conservateur d'un peuple 'qui ne laisse rien périr, qui remet à neuf ses vieux monuments , et rétablit avec soin jusqu'à la pierre tombée
* JEcclés^s c. xx&Tui.
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d'une ruine. Les maisons de campagne dont l'Angleterre est semée ^ attirèrent l'attention de l'illustre TOyageur. Les unes lui offroient d'élégantes f»/^ , bâties sur le modèle de quelques monuments de l'Italie oude la Grèce, et dans lesquelles demeurent oubliés les tableaux des plus grands grands maîtres ; les autres lui présentoient le modèle de ces vieux châteaux décrits par les romanciers : ici ^ des obélisques , des colonnes , des statues, enlevés aux débris de Tentyra , de Palmyre et d'Athènes ; là, des pagodes indiennes, des armure d'anciens chevaliers, des arcs et des flèches de sauvages, apport tés par le capitaine Gook. A Hamptoncourt, les portraits des maîtresses de Charles n; à Windsor , les souvenirs de cette comtesse de Salisbnry, qui fériÉ le roi Edouard d'une étincelle de fine amour au cœur \ M^ le duc de Berry trouva à Glascovf la littérature des Bardes , à Ox£brd celle d'Homère et de Vii^e, à Cambridge les sdences de Newton. Enfin le prince visita tous les monuments publics, depuis cet hôpital, de Greetiwich où le matelot regrette les tempêtes, jusqu'à cette abbaye de Westminster
* Froissard.
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OÙ dorment en paix les souverainetés du trône et du génie. Parmi tant de noms gravés sur tant de sépulcres j le Fils de France lut avec attendrissement les noms de quelques François encore exilés parmi ces morts.