CHAPITRE III
BfONSEIONEITR LE DVC DE BfiBRT EST NOMBfÉ OOLO- NEL-GÉNÉRAL DES CHASSEUBS. INSPECTIONS MILI- TAIRES. MOT DU PRINCE. PÈLERINAGE DE MONSEI- ONEITR LE DUC DE BEBRT A VERSAILLES.
Le roi donna à son peuplé les institutions que . les siècles avoient préparées. Mais l'ouvrage de la sagesse fut mal compris : il falloit suivre le dessin de l'habile architecte, bâtir sur son plan un nouveau palais dont les fondements auroient été antiques. Au lieu de cela, on se contenta de reblanchir des ruines et de s'j loger i on se crut en sûreté dans des débris qui dévoient tomber au souffle de la première tempête. Ms' le duc de Berrj , nommé colonel-génétal des chasseurs, n'eut à s'occuper, dans la première année de la' restauration, que d'inspections militaires* Il parcourut les départements du Nord ' , visita les places fortes
* Août, septembre 181 4.
MÉMOIBES SUR LE DUC DE BERHY. t2Q
de l'Alsace^ de là Lorraine et de laFrailclie- Comté , et revint ^ Paris, Il passoit uti jour en reTue^ à F6ntainebleah , iin irëgiméiit de la vieille gardé. Des grenadiers > (^m Tàvëient entouré après là revue , hë pc>UVdiëlit s'ettifyêcher de lut tënibignér leUr admiration pbur Buonapartë. ti Qiië faisbit-îl dbnc de bi remâr- » quable ? leur dit Mb» le duc de Berry^ — îl » battoit Teiitienii , répohdirént-ils; -^ Belle » merveille , réjpliiijùà lé prinbe , avec des sol- II dats comme Vbus ! ii
Mk' le duc de Bërrj avoit profité dé son voyage dans les proVihceS dtl Nord pour passer un moment ^h Angleterre , et visiter les liéDJt de son éxîl; Dé retour à Paris ^ il fît im pèlérihage à ceujt de son eilfatice : il partît pour Véhàilles avec uh seul aide-decamp. Il fut extrêmement frappé de trouver le cmâtéau tout brillant d'or , de glaces et de peintures , mais inhabité , et debout dans Utie espèce de désert , comme les palais enchantés des Contes arabes. Versailles n'a été livté qu'un moment à la révolution : aucun des gouternemeîlts illégitimes n'en a fait son séjour. L'imagination frappée de la majesté
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du règne de Louis xiv , et de la vi<dence de la Féyolution , oublie ce qui s'est placé entre ces deux grandeurs de l'ordre et du désordre^ et s'obstine a ne voir dans Versailles que le créateur de ses merveilles. Ms' le duc de Berrj regardoit avec étonnement la façade de ce palais semblable à une ville immense : ces vastes rampes conduisant à des bocages d'orangers , ces eaux jaillissantes au milieu des statues , des marbres , des bronzes y des bassins, des grottes , des parterres; ces bosquets remplis des prodiges de l'art. Il se représentoit les fêtes brillantes données dans ce palais et dans ces jardins, enc<»e peuplés des ombres des Montespan , des Nemours , des La VaUière , des Sévigné , des Gondë, des Turenne, des Gatinat, des Yauban, des G)lbert, des Bossuet , des Fénëlon, des Molière, des Racine , des Boileau , des La Fontaine. Et si l'on eût demandé quel étoit le voyageur que les gardiens du Château conduisoient de salons en salons , de bosquets en bosquets; quel étoit cet étranger , cet inconnu , à qui ils faisoient voir la chambre de Louis xiv , le cabinet de Louis xvi , l'appartement de
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Madame la comtesse d'Artois , le balcon où rinfortunëe Marie-Antoinette se montra au peuple , tenant M. le daupbin dans ses bras , on eût répondu que ce "voyageur , cet étranger ^ cet inconnu y étoit le neveu de Louis xTi y le fils de Madame la comtesse d'Artois 9 le dernier héritier de Louis iiv !
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