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CHAPITRE IV

LES GENT-J0UB8. BSONSBIOMSmr LE DDC DE BËBBY

A GAKD.

La Providence , pour nous donner une dernière leçon, rendit un moment la puissance à Buonaparte* Il sort de la mer , traverse la France , arrive à la demeure du père de famille absent , court à Waterloo , et passant rapidement par le trône et par la gloire , va se replonger dans la mer au bout du monde.

Les cent-jours ne furent qu'une orgie de la Fortune. La république et l'£mpire se trouvèrent en présence y également surpris d'être évoqués, également incapables de revivre* Tous ces hommes de terreur et de conquêtes, si puissants dans les jours qui leur étoient propres , furent étonnés d'être si peu de chose. En vain l'anarchie et le despotisme s'unirent , pour régner : épuisée par ses excès avec le crime, la révolution étoit devenue stérile.

MÉMOIRES SUR LE DUC DE BERRT. l33

La -vieille France , qui se retiroit , conser- ▼oit encore ses forces après douze siècles , tandis que la nouvelle France se trouvoit déjà caduque au ho^t de trente ans.

Ms' le duc d'Angoulême combattit he'roï* quement dans le Midi. Son fcère prot^ea la retraite de Louis xtui à la tête des volontaires royaux et de la maison du roi. En .sortant des p<»rtes de ïBéthune , il renconira xin corps de troupespoctant Jes qauleurs de Ruonaparte. Il se précipite ^u devant de ces sçldats , les appelle au iÇpmbat ou à la fidélité : ils refusent l'un f}t l'Aolre* Qn propose au prince de faire un exemple. .« fCoioment coulez-vous n frapper des ^ens qw ne ,se.dé£sndent pas ? »

Le commandeoieat ^ébéral des différents corps réunis dans Je cantonnement d'Alost fut remis à Ms^ le dqc de fierry : c'étoit une seconde armée de .CSondé ; il y déploya la même générosité et les.mêmes talents militaires. Accoutumé à l'ezU , on voyoit que le malheur ne lui coûtoit rien : une mort comme la sienne n'est pas chose facile , et Ton ne parvient à cette perfection que par de longues épreuves. Cette mort a révélé les nom-

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breux bienfaits de ce prince : il secouroit sans qu'on le sût de pauyres familles d'Alost. Ses infortunes n'ont jamais pesé que sur luî^ et il a fait des heureux partout où il a souffert.

Il s'acquit encore un autre droit à l'estime de ses hôtes religieux j en accompagnant avec ses soldats une fête chrétienne , celle où l'on célèbre le nom de ce Dieu pour lequel il n'y a point de terre étrangère ; fête étemelle qui ne passe point comme celles des hommes.

Ce Dieu des infortunés est aussi le Dieu qui dispose de la victoire : il lui plut de l'ôter à l'homme qui en avoit abusé si long-temps. La perte de la bataille de Waterloo fit refluer un grand nombre de prisonniers françois dans les villes des Pays-Bas : Ms' le duc de Berry s'empressa de les secourir. Il reste un témoignage touchant de sa.magnanimité : c'est le mouchoir dont il enveloppa la main d'un soldat blessé à Waterloo. Le grenadier qui possède ce drapeau blanc ne s'en séparera qu'avec la vie , et il auroit versé miUe fois son sang pour guérir la blessure du prince qui p^nsa la sienne.

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