‹ Mélanges historiquesChapitre 52 sur 87 · SUITE DU PRÉCÉDENT · texte numérisé non relu

SUITE DU PRÉCÉDENT

G&AciEux, délicat, élégant , ingénieux dans ses souvenirs a^ec les personnes d'un rang plus élevé 9 Ms' le duc de Berr y trouvoit toujours quelque chose d'heureux à leur dire. Il écri* voit à M. le marquis de Gontaut : « En con- ]> fiant à la vicomtesse de Gontaut le soin de

V ce que j'aurai de plus cher au monde, j'ai. 1^ cru lui donner une marque de mon estime » particulière; et j'ai saisi avec empressement » cetjte occasion de montrera tout ce qui porte » le nom de Biron combien je conipte sur un » zèle et un dévouement auxquels nous som- )> mes accoutumés depuis des siècles* »

Le général Levavasseur venoit de perdre son fils ; Monseigneur lui écrit aussitôt : <( J'ap- N prends avcic beaucoup de peine , mon cher » Levavasseur, la perto cruelle que vous ve-

V nez de faire : elle est du n6mbre de ces évé-

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» nements pour lesquels on ne peut offrir des

n consolations. Si l'assurance du très-Térita-

»> ble intérêt que je prends à votre malheur

» en adoucissoit l'amertume , tous pouvez y

» compter positivement. Votre pauvre fils an-

» nonçoit des dispositions qui auroîent fait

» votre bonheur. Il vous en reste un ; toutes

n vos affections vont se concentrer sur lui : » il faut espérer qu'il s'en rendra digne ^ et » vous dédommagera , autant qu'il sera en n lui , du chagrin que vous éprouvez en ce » moment. Je regrette que ce soit un si triste Il événement qui me donne l'occasion , mon » cberLevavasseur, de vous renouveler l'as- » snrance de mon attachement et de ma par- » faite estime. »

Quatre mois après, Monseigneur donne un bal; il pense au général Levavasseur^et recom* mande de ne pas lui envoyer (TinvikUionm Quelle mémoire! et comme ce Prince eût aimé un fils ! Le jour même de sa mort, Ms^ le duc de Berry ne fut bccupé que des moyens d'ar-* ranger les affaires d'un homme qu'il aimoit , et qu'il avoit attaché à son service.

Cette vie simple n'étoit point perdue pour le

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trône. On s'apercevoit d'un progr^ sensible dans la raison du prince^ d'un adoucissement graduel dans son caractère. Ses id^esse fixoient; à l'écart des hommes ^ il les vojroit mieux* La première partie de ses jours s'étoit passée tout en expériences , la seconde tout en réflexions : il recaçîlloit pour son règne le fruit de ses malheurs et le résultât de ses jugements.

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