A L'ARMÉE
AKiegel, le 18 avril 1796.
Des circonstances impérieuses nous retenaient depuis trop long-temps éloigné de vous, lorsqu'une insulte aussi imprévue que favorable à nos vœux ne nous a plus laissé d'asile ; mais on ne peut nous ravir celui de Thonneur.
Le sénat de Venise nous a fait signifier de sortir, dans le plus court délai ^ des États de sa république. A cette démarche, non moins offensante pour Thonnenr du nom françois que pour notre personne même, nous avons répondu:
« Je partirai, mais j'exige deux conditions : la » pfremîére , qu'on me présente le livre d'or où ma » famille est inscrite, afin que j'en raie le nom de ma
270 FlEGEa
» main ; la seconde , qa^on me rende rarmnre dont » Tamitié de mon aïeoi Henri ly a £ût prêtent à la V république *. »
Nous venons nous rallier au drapeau blanc , près du héros qui vous commande et que nous chérissons tons. Nous nous livrons avec confiance à Tespoir que notre arrivée sera pour vous un nouveau titre aux généreux secours que vous avez déjà reçus de lenrs majestés impériale et britannique.
Notre présence contribuera sans doute, autant qae votre valeur, à hâter la fin des malheurs de la France, en montrant à nos sujets égarés, encore armés contre nous , 'la. différence de leur sort sous les tyrans qui les oppriment, avec celui dont jouissent des enfants qui entourent un bon père.
Louis.
* Cette réponse lut {aite aa maripiis Garlotti, chargé par le sénat de Tenise de porter aa roi l'ordre de qtiitter les États de la république. Le podestat Pringli ayant protesté , Sa Majesté répliqua le lendemain dans les termes soiyants :
(( J'ai répondu hier à ce que tous m'arez déclaré au » nom de Totre gourernement ; tous m'apportes aujour- » dirai une protestation au nom du podestat ; je ne la reçois M pas : je ne recevrai pas daysntage celle du sénat J'ai » dit que je partirois} je partirai eu effet dis que j'anni » reçu le passeport que j'ai enrojé chercher k Tenise, M mais je persiste dans ma réponse; je me la devois« et je M n'onUie pas qae je sois le roi de France, n
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fc Arrivée de Mcmseigneiir le duc d'Angoulême à l'armée de CSonde'**. »
ZécUre de Monseigneur le duc cPAngouléme à Monseigneur le prince de Condè^
BUnkenlxiarg , 97 ayril 1797.
Monsienr mon cousin, j'attendoîa depuis longtemps avec nne bien vive impatience le moment où il me seroit permis de Tenir me réanir i mon frère sons vos ordres. CSet heurenx moment est donc enfin arrivé ; nous ne perdons pas un instant pour noua rendre auprès de vous. J'espère que vous Tondrez bien m'accorder vos bontés et Totre amitié. Je vous les demande avec confiance , et je ne négligerai rien pour m'en rendre digoe. PenTie à mon frère le bonheur qu'il a eu d'être à l'armée depuis trois ans , pendant que f étois dans une inactiTité cruelle. Les circonstances qui en ont ainsi ordonné me peinoient vivement.
Agréez l'hommage du zèle d'un volontaire , et l'assurance de la haute considération, de l'entière confiance et de tous les sentiments avec lesquels je serai pour la vie ,
Monsieur mon cousin ,
Votre trèft^ffectîonné cousin , Louis-Antoine.
JjsUre de Monseigneur le duc de Berry à Monseigneur le prince de Condé»
Blaiikeii]x)iirg, 37 avril 1797.
Enfin, inonsienr, mon frère est arrivé hier. Vons jugerez facilement la joie que j'ai éprouvée en le renvoyant. Ma joie est d'autant plus vive que notre retour à l'armée sera très-prompt : nous ne devons rester que cinq ou six jours ici , et nous ne perdrons pas de temps en chemin pour revenir. Je fais bien des vœux pour qu'on ne tire pas de coups de fusil pendant moil absence , mais que cette campagne , qu'on peut bien regarder , je crois , comme la dernière, soit active. Je le désire vivement pour mon instruction , et pour mon frère j car je suis bien persuadé qu^il faut que les Bourbons se montrent, et beaucoup, et que, hors de France, ils doivent commencer par gagner l'estime des François , avec leur amour. Nous avons appris que les républicains avoient passé le Rhin à Neuwied, et qu'après avoir repoussé les Autrichiens , ils étoient déjà aux portes de Francfort, lorsqu'un courrier arriva , apportant la nouvelle d'un armistice • conclu entre les armées autrichiennes et françoises sur toute la ligne. Un courrier allant de Vienne à Londres, ayant passé ce matin ici , a dit que l'empereur alloit se mettre en personne à la tête de l'armée d'Italie, et que l'archiduc Charles alloit reprendre le commandement de
celle dn Rhin. Dieu veuille nous rendre notre ai-* mable chef, et noua mettre encore à portée de com<battre sons ses ordres !
Venillez recevoir, monsieur, l'hommage du vif empressement que f ai de me retrouver sods vos or-» dres, et du sincère et respectueux attachement que je vous ai voué pour la vie.
Ghahles-Ferdinaiq).
Page 6o.
(( Le roi trouve dans l'union de sa nièce et de son neveu tout ce que le sentiment a de plus doux , réuni à ce que la politique peut avoir de plus important* »
LeUre du Roi à Monseigneur le prince de
Condé.
A Mitua, ce 10 juin 1799.
Enfin , mon cher cousin, un de mes vœux les plus ardents est accompli ; mes enfants sont unis. Je retrouve dans ma nièce , avec un attendrissement plus facile à sentir qu'à exprimer, les traits réunis des infortunés auteurs de ses jours. Cette ressemblance, si douce et si déchirante à la fois , me la rend plus chère, et doit redoubler l'intérêt qu'elle mérite si bien par elle-même d'inspirer à tout bon François. Le mariage a été célébré ce matin : je m'empresse
ay4 PIÈCES
de vous rapprendre, bien sftr que vous partagerez ma joie. '
Annoncez cette henrense nouvelle à Tarmée : elle ne peut qae paroitre d'an bon angure à vos braves compagnons, au moment où ib vont rentrer sur vos traces dans nne carrière qu'ils ont si glorieusement parcourue ; et ils béniront avec moi le Souveraiik magnanime auquel nous devons ce double bienfait. Ajoutez-leur de ma part que j*ai commencé à retroaver le bonheur , mais qu'il ne sera complet pour moi que le jour où je pourrai me retrouver parmi eux an poste on l'honneur m'appelle.
Adieu , mon cher cousin : vous connoissez toute mon amitié pour vous.
Louis.
Pagb 67.
<( Le cardinal de Bemis n'existoit plus quand Monseigneur le duc de Berrjr arriva à Rome* Il ne pouvoit plus offrir à un prince fugitif cette hospitalité qu'il exerça envers les nobles Dames dont l'auteur de cet ouyrage honora les cendres à Trieste. • • »
u En quel lieu du monde nos tempêtes n'ont-elles point jeté les enfants de saint Louis ? quel désert ne les a point vus pleurant leur terre natale ? Telles sont les destinées humaines : un François gémit aujour-
d'hui sur la perte de son pays , aux mêmes bords dont les sonvenirs inspirèrent autrefois le plus beau des cantiques sur Tamour de la patrie :
Saper flomina Bab jlonis !
» Hélas! ces fils d'Aaron, qui suspendirent leur cinnor aux saules de Babylone, ne rentrèrent pas tons dans la cité de David ; ces filles de Judée qui s'écrioientsur les bords de l'Euphrate :
riyes da Joardain ! ô champs aimés des cieox ! Sacré mont , fertiles vallées , Da doox pajs de nos aîea:c Serons^noos tonjoars exilées 7
ces compagnes d'Esther ne revirent pas tontes Emmaiis et Bethel. Plusieurs laissèrent leurs. dépouiUos aux champs de la captivité ; et c^est ainsi que tteus rencontrâmes loin de la France le tombeau de deux nouvelles Israélites :
Lyrnessi domus alta^, solo Laarente sepolcbram !
Il nous étoit réservé de retrouver au fond de la mer Adriatique le tombeau de deux filles de rois ^ dont nous avions entendu prononcer Poraison funèbre dans un grenier à Londres. Ah ! du moins la tombe qui renferme ces nobles dames aura vu une fois interrompre son silence ; le bruit des pas d'ui^ François
^ Mesdames Tictoire et Adélaïde de France, taniet de Louis XVI.
aanfaàt tretsailUr èeax FrançoiMs dans lenr cercueil. Les respects d^nn ptfavre gentilhomme à Versailles n'eussent été rien pour deè princesses; la prière d'un chrétien en terre étrangère aura peutêtre été agréable â des saintes. {Mélanges littéraires, tome XXI des CEuvres complètes,)
Page 7a.
« Le duc de Berr jr , errant dans les palais détruits des Césars y s'égarant dans les catacombes y parcourant le Vatican désert , ou dessinant y assis sur un diélisque tombée les débris épa^ du Gapitole, offiroit lui-même un tableau qui manquoit aux mines et aux souvenirs de BoneM* »
Lettre de MonMgneur le duc de Berry à
Monseigneur le prince de Condè.
Rome, ce 3o juin 1800.
La nouvelle de l'armistice m'a arrêté ici. N'ayant rien à faire à Palerme jusqu'au retour de la reine, j'ai obtenu du roi la permission d'aller faire la campagne avec M. le prince de Condé. Cela auroit été un grand bonheur pour moi de le voir ; je lui aurois demandé la permission de la faire comme volontaire, avec mon frère. Je me faisois un bien grand plaisir
à» penier aa momeiit où je poimoig me letrooTer avec mes bravea coôipagnoBa d'armes , auxquels je suis si attaché. Une nouvelle qui mWmtpara Irèsoaturelle , car on dîsoit que M. le duo d*£ngliien a voit iiit.det prodiges de valeur aveo son régiment à Verderic » m'avoit lait hâter encore plus mon dé* part de Naples ; et je ne faiaois que de changer de chevaux ici} lorsque j'ai appris cet armistice,. produit des succès incroyables de Buonaparte» Nous attendons y pour voir ce que cela deviendra.
Je prie M. le prince de Gondé d'être persuadé du vif regret que j'ai de n'avoir pas pu le rejoindre et lui prouver le sincère et tendre attachement que ses bontés ont gravé dans mon cœur.
Gharles-Febdinamd.
LeUre de M^ l§ duc de Berry à M. Acton , ministre de S. M. le roi d^ deux Siciles.
Je vous écris , monsieur, avec la franchise d'un Bourbon , qui parle au ministre d^un Roi-Bourbon, d^un roi qui n'a cessé de montrer un attachement généreux à la partie de sa famille si cruellement traitée par la fortune.
J'ai appris avec une vive douleur que le roi avoit désapprouvé la démarche que j'avois faàie de quitter Rome pour aller joindre l'armée de Gondé. La noblesse fidèle avec laquelle }'ai fait huit campagnes n'avoit jamais vu tirer un coup de fusil sans que je
fusse à sa tête. Au moment où moa frère Tenoit de la ioîndre , il me mandoît : u Noos attaquons le i5 » septembre. » Si j^avois attendu les ordres du roi , je perdois le temps : je sais donc parti 8ur4e-champ; je suis arrivé le i5 , et le 16 nous étions au bivouac , devant attaquer le lendemain. Je n'aunns jamais quitté l'armée napolitaine , ai elle avoit été devant Tennemi, mab tout paroissoit indiquer de ce côté la plus grandte tranquillité. D^aitleurs, volontaire sous M. de Nazelli, ou sons M. de Damas , que j'ai vu si long-temps colonel à l'armée de Gmdé , ce n'étoit pas une position biei^ agréable pour moi , et je n'y pouvois être d'aucune utilité au service du roi. Depuis que la paix a été faite, je vous ai écrit trois fou sans recevoir jamais de réponse de vous. Cette iticertitnde-là est cruelle : pourquoi ne pas me dire franchement les volontés du roi i mon égard? J'aurois été aussi heqceux qu'il est possible, lorsqu'on n'est pas dans son pays , d'être uni à la famille de Naples , et de tout devoir à des parents aussi bons. Mais les circonstances empêchent-elles cette union? Ma présence seroît-elle incommode ? Le traitement qu'on a bien voulu m'aocorder est-il une gêne dans un moment où les finances du roi sont si cruellement obérées? Je mets le tout à ses pieds, avec la même reoonnoissance : je vous supplie seulement de vouloir bien foire continuer de payer les 5ooo ducats que le roi a eu l'extrême bonté d'accorder aux ofiieiers de ma maison. Ces gentilshommes , invariables «
dans leur devoir et lean principefl, ne fléohîfont |amais la tête sous le jong d'un usurpateur , et tous ont abandonné leurs fortunes pour me suivre. Je ne réclame donc rien pour moi que le passé. Je n'ai eu jusqu'ici d'autres ressources que la générosité du roi ; mais vous savez sûrement les retards que j'ai éprouvés. Gela me met dans le plus grand embarras. N'ayant rien à moi , je regarderois comme une infamie de faire une dette.
Je suis bien sûr que vous sentirez les raisons de mon . empressement à connottre mon sort quand vous saurez que, dans un mois, je n'aurai, en vendant mes équipages, que de quoi rejoindre mon
père.
Charles-Ferdinand.
Page gS.
« Tandis que de paissants monarques étoîent forcés d'abandonner leurs trônes au conquérant , un roi de France proscrit refusoit le sien à l'usurpateur qui l'occupoît... »
Entrevue de Louis xriiiapec M. Meyer%
M. Meyer, président de la régence de Varsovie , fut introduit auprès du roi le 36 février i8o3 , en qualité' d'envoyé du cabinet de Berlin. Il étoit chargé d'annoncer a S. M. que Buonaparte étoit disposé à lui assurer des indemnités en Italie , si Elle
aSo PIÈCES
vonbit nammoer , ainn qae les membtes de n famille 9 au trône de France. S. M. répondit saivle>
ebamp :
u le ne oanfanda pas M, Bnenaparte avec oem w qni Tont précédé; f estime sa valeur, ses talents «» militaires; Je lui sais gré de plosiears actee d^adn ministrationi ca^ le bien qae l'on fera à mon pen- » pie me sera toaiours. cher. Msis il se trompe s'il M croit m'engager à transiger snr mes droits : loin » de U, il les établiroit lai-même, s*ils ponvoient » être litigieux, par la démarche qaMl fait en ce » moment.
J'ignore quels sont les desseins de Dien sar ma » race et sar moi ; mais je connois les obligations M qu'il m^a imposées par le rang où )1 lai a plu de )) me faire naître. Chrétien, je remplirai ces obliga- » tiens jusqu'à mon dernier soupir ; £ls de saint w Louis, je saurai , à son exemple , me respecter » jusque dans les fers; successeur de François pr^ w je veux du moins pouvoir dire comme lui : » Nous apons tout perdu , fors l'honneur, »
— « L'influence de Buonsparte s^étend sur toute l'Europe. N*est-il pas à craindre, dit M. Meyer, qu^il ne force les Souverains dont Votre Majesté reçoit des subsides à les lui retirer? n
— M Je ne crains pas la pauvreté , répliqua le » roi ; s'il le falloît, je mangerois du pain- noir avec M ma famille et mes fidèles serviteurs ; mais , ne u vonsy trompez pas, je n'en serai jamais réduit
JVSTIFIGATtVES. 381
)i là ; j'ai nne antre resioi^rce dont je ne oroU |ia» )) . devoir user tant que j'ai des amis {laissants j c'est M de faire connoStre mon étaten France» et de ten- » dre la main » non^ an goaTernement usurpateur y n cela jamais! mais i mes fidèles sujets; et, cfoyta^ M moi y je serois bientôt plus riche que jeneanb. *>; . L'envoyé persista et fit pressentir au roi qiid Buonaparte pourrait contraindre la plupart despiân sances européennes à lui refuser un asile.
u Je plaindrai le Souverain, ajouta S. JUA., qui so 1) croira forcé de prendre un parti de ce genre , et jet n m'en irai. »
On oonnoit l'adhésion des princes à la réponse de Louis XTm. Ce monarque reçut quelques jours après^ du prince de Gindé, la lettre suivante :
Lettre de Monseigneur le Prince de Condé
au Roi,
Wansted, le a a arril i8o3.
SiBE, Apres avoir rempli, a?ec les autres princes de, votre maison qui se trouvent en Angleterre, le devoir que nous imposoit l'incroyable circonstance dont Votre Majesté a bien voulu nous faire -part , qu'il me soit permis de lui offrir l'hommage particulier de mon admiration pour les superbes réponses qu'elle a iSûtesà la proposition dont ^e a daigné nous instruire. Faits pour marcher en tonte occasion à Itf agite de Votre Majesté , c'est avec autant d'enttaiit
oBi PIÈGES
nasme qae de reconnoiasance que nous avons sm^i le glorieux exemple et les ordres paternels que Votre Majesté nous dnnnoit, dans ces temps malheureux dont Votre Majesté se trouve (passagèrement, je ne oesse de Pespérer ) la première victime. C'est une grande consolation pour ceux qui oiit l'honneur de lui apiiartenir par les liens du sang , de n'avoir qu'à suivre les traces d'un roi qui sait si dignement repousser Fin jure, et répondre avec autant de raison , de noblesse et d'éloquence, à une pareille proposition. Puissent les Frangob apercevoir enfin tout le bonheur dont ils se priveroient, s'ils ne remettoient pas sur le tr6ne un roiû digne de les gouverner, et dont toutes les paroles et les actions commandent ég^ement le respect et l'amour !
Mon attachement particulière la personne de Votre Majesté redonbleroit , s'il étoit possible , après ce qu'elle vient de faire ; mais il y a long-temps que ce sentiment est aussi fortement gravé dans mon cœur que ma vénération pour les vertus de Votre Majesté et mon profond respect pour elle.
Louis-Joseph de Boubbon.
Réponse du Hou
A Yarsorie , le a3 mai. i8o3.
J'ai reçu , mon cher cousin , i fort peu de distance Tune de l'autre, vos deux lettres des 9 février et aa avril. Vous ne pouvez douter du plaisir que m^ont
fait les sentiments et les raitoi^emeuts de la première ; maïs , Ta sa date , je me borne à tous en accuser la réception , et je passe bien TÎte à la seconde. Votre commune adhésion à ma réponse m*a exalté, m'a rendu fier d'être Totre aine ; j'ai reçu stoo transport le serment qui la termine si noblement : mais, je TOUS sTone ma foiblesse ; mon amour-propre a peat-étre encore plus joui de Totre lettre particulière. L'approbation d'un parent justement chéri , d'un guerrier blanchi sous les lauriers, d'un connoisseur si délicat en matière d'honneur, est la récompense la plus flatteuse pour celui qui n'a , au fond , d'autre mérite que d'aToir feût son deToir.
J'ai reçu en même temps la réponse de Totre petitfils : elle est beaucoup plus ancienne; mais, comme de raison ,' il a cru deroir , pour me la faire passer , préférer la sûreté â la promptitude. G)mme il est possible que, par le même motif, il ne tous en ait pas donné connoissance , j'en joins ici copie , bien sûr qu'elle tous fera plaisir , et qu'ainsi que moi TOUS y reconnoitrez le sang des Bourbons.
' Adieu , mon cher cousin ; tous oonnoissez toute mon amitié pour tous.
Louis.
tiS.
a84 . ràcBs,
Page ii!2.
« Un étranger se présente en Angleterre pour proposer aux Bourbons d'assassiner l'a* surpatear. £ît qai repousse le premier l'idée d'un assassinat sar Buonaparte ?• . • Le grandpère du duc d'Ënghien !•••))
Lettre de Monae^neur le Prince de Condé à Sm A. R. MoHSiEiTft y Comte étArloie.
Londres , le a4 j anyier 1 8o5.
Le chevalier de ^oll voua rend compte , ainsi que mol, monsieur, de ce qui s^est p^ssé hier. Un homme arrivé la veille, à ce quHl m^a dit, i pied, de Paria à Calais, homme d*an ton for( simple et. fort doux, malgré les proposition^ quUl venoit faire, ayant appris que vous n'étiez pas ici, est venu me. trouver sur les onze heures du matin ; il mV proposé tout uniment de nous défaire de l^usurpateur p^r le moyen le plus court. Je ne lui ai pas donné le tempa de m'achever les détails de son projet, et j'ai repoussé cette proposition avec horreur, eu rassurant que si vous étiez ici^ vous feriez de même ; que nous serions toujours les ennemis de celui qui s^est arrogé la puissance et le trône de notre roi, tant qu'il ne le lui rendroit pas ; que nous avions combattu cet usurpateur à force ouverte; que nous le combattrions en-* core si l'occasion s'en préseutoit ; mais que jamais
nous n'emploierions de pareils moyens, qni ne pouvoient convenir qu'à des jacobins ; et que si , par hasard y ces derniers se portoient à ce crime, certainement nous n*en serions jamais complices. Pour mieux convaincre cet homme que vous pensiez comme moi, j'ai envoyé chercher réyêi^ue d'Arras^ mais il étoit sorti. Alors j'ai fait venir le baron de RoU, à qai j'ai d'abord exposé le sujet de la mission» Ensuite j'ai fliit entrer l'homme, je lai ai dit que le baron avoit toute votre oonfianoe, qu'il con*' noissoît comme moi la grandeur de Totre tee^ et que i'étois bien aise de répéter devaht un témoin aoasî sâr tout ce que je ^enois de lui dire ^ee. que j'ai fait. Lé baron a parlé comme moi. Après eebi^ j'ai dit il l'homme qui étoit venu qu'il n'y avait que l'excès de son aèle qui eût pa le porter à venir noui faire une telle prupostticm, mais que ce qu'il avoît de nûanx à faire étoit de repartir tout de euî^ , at-* tendu que, s'il étmt arrêté, je ne le réclamenns pas ^ et que je ne le pounuis qu'en disant ee qu'il est vend feôre. J'espère , monsieur ,que Voue appronyerei nm conduite, et que vous ne doutes pas du tendre eé respectueux attachement dont nran coeur est pénétM ponrvou%
a86 PIÈCES
Page 90.
« Louis XYUi fut obligé de quitter Mittau avec Madame. »
Extrait du Journal inédit du comte de Hautefort. ( i8oi. )
Le oomte de Ganiinan résidoit à Pétenboarg en qaalité d'ambeandear de Lonia XYlii. Toot à ooop ii> reçttt l'ordre de partir de cette capitale dans les Tingt-<[uatre heures ; il arriva le 19 janvier à Mit- ^B^ , où sa préséoce inopinée, et oe quUl raconta de 8ûik expulsion soudaine, répandirent Talamie dans la colonie françoise. Ces craintes furent bientôt justifiées. Le ai janvier, époque fatale, le général Felsen , qui avoit toujours montré beaucoup d'égards pour le roi , monta aU château ; il étoit chargé de signifier à Sa Majesté qu'elle devoit quitter Mittau dans les vingt^njualre heures. Madabib n'étoit pas comprise dans cet ordre; mais elle annonça surle-champ qu'elle ne se sépareroit jamais de son oncle. M. Driesen, gouvemeur de Mittau , avoit reçu , par le même courrier, l'ordre de délivrer les passeports nécessaires pour le départ du roi, msis pour douse personnes seulement. Sans la circonstance du ai janvier, jour que Madame consacroit ordinairement à la retraite et à la prière , le rui auroit désiré partir le jour même j il remit au lendemain. On peut pen-
JUSTIflGATIVBS* 287
ser quelle étoil la désolation de sa soîte. Pour lai , toujours calme , il s'occupoit à fortifier le courage de ceux qui PenTiroiinoîeiit. Il étoit surtout touché du sort de ses gardes-du-corps , que sa situation ne lui permettoit plus de conserver auprès de lui. Fànl F' leur ayoit fait jusqu'alors un traitement. Qu'alloientlia devenir dans ce revers? Le roi vouloit du moins consoler ces braves et fidèles serviteurs par un témoignage d'estime. Il leur adressa en partant, le sa janvier, la lettre suivante, écrite de sa main : u Une » des peines les plus sensibles que j'éprouve au mo- » ment de mon départ, est de me séparer de mes » chers et respectables gardea-du-corps. Je n'ai pas w besoin de leur recommander de me conserver une » fidélité gravée dans leurs cœurs, et si bien prouvée » par tonte leur conduite. Mais que la juste douleur « dont nous sommes pénétrés ne leur fasse jamais 9 oublier ce qu'ils doivent an monarque qui me » donna un aaile , qui forma l'union de mes enfants^ » et dont les bieufiaits assurent encore mon exis- » tence et celle de mes fidèles ser? iteurs. Alittau , le M aa janvier 1801. Signé L0UI8. n A cette lettre, où l'on trouve cette grâce , cette mesure et cette sensibilité q«i régnent dans tous les écrits partis de la même main , le comte d' Avaray joignit une autre lettre ainsi conçue : « Quand le roi exprime loin même ses sentiments à ses fidèles gardes>du-corp8, » je dois me ranger parmi eux pour jouir en oom- » mun des bontés de notre mattre. Je n'ai donc qu'un
)> but 9n ce moment» celui de témoigner à tond ces » meflmenrs je désir de yiyre dans lear loavemr, et » de lear renouveler rexpreteion des sentiment» » dont mon déyouemeott 9u roi et à Madame sera le » gaVant. ».
Le roi. se n^t en route le aa jaayier , à trois heures et demie après midi. Son départ offrit un spectacle touchant. Ses gatdea-du-oorps, réunis à une foule d'habitants de Mîttau , sembloient se disputer à qui lui témoigneroit plus d^intérêt et d'attachement. Les uns et les autres paroissoîent avoir un égal regret de son* départ. On eût dit que c'étoit un père qu'on arrachoit à ses en&nts; la vue de cette séparation douloureuse étoit le plus bel ébge de la con« duite du roi » et la meilleure preuve dea sentiments qu'il avoit su inspireir. La suite du loi se oomposoit de six voitures et deux chariots. Sa Majesté étoit dans U berline de Madame , avec cette princesse , le comte d' Avaray et madame la. duchesse de Seront. La reine étoit alors aux eaux de Pyrmcmt» et mmiseigneur le duo d'Angoulême était à l'armée. Dans les voitures qui suivoient étoient l'abbé Edge^ worth , le duo de Fieury , l'abbé Fleuriel, MM. Har* douineau, Hue et Péronnet , avec les -gens de service ; en tout vingt-six personnes. Deux autres voitures ne partirent que ■ le lendemain ; elles étoient occupées par l'abbé Marie , mademoiselle de Choisy, aujourd'hui madame la vicumlesse dTAgoulty MM. de Lukerque» le Faivre et Colon.
JUSTOIGATIVES. ^89
On aTâit . promis au foi ' cent mille rôtibleB , montant de ûx mois dn traitement que lai faisoit Temperenr ; il ne les reçut point, et on obtint avec peiné d'un tianquier de Riga trois mille six cent qnatre dnoats en avance sur cette somme. Le froid étott TÎgonrénx , et ancime précaution n'avoit été prise sur nne route o il n'y a point de ressources. A la première ooneltée, uq gentilhomme courlandois, :M. de Z^sff, ne Voulut. pas Isôsser descendre le roi it l'auberge, et le reçut dans son ohÂteau. Cet accueil iait d'autant plus d'honneur à ce gentilhomme, qu'il pou voit craindre que sa démarche ne déplût à la cour. A la seeonde journée on coucha dans un «baret. il y avoit au moins quatre-vingts paysans rassemblés dans une grande pièce, qui faisoit à peu près tonte la maison. Cette société , le brtrît , l'odeur •de l'ean-de-Tie et du tabac, firent de cette nuit un supplice. Madame coucha dans une espèce de fournil , mal clos, oà l'inquiétude l'empéeha de reposer. Quand on lui parla de sa situaticm : « Je ne suis M point à plaindre, dismt l'excellente princesse, je » ne souffre que des malheureux que je vois autour M de mot. »
Tout ce Toyage fut très-pénible dans une telle saison et dans un tel dimat. Le froid , le vent , la neige étoient d'autant plus difficiles i supporter, que la suite dn roi n'avmt pas de vêtements préparés pour une telle circonstance. Les gens qui étoient sur les sièges des voitures souffrirent surtout infiniment;
et cependant ancun ne le fit paroitre, de crainte ^d^augmenter le chagrin des maîtres les plas sensibles, et déjà si fort affectés. Tons ceux qui entoaroient le roi étoient soutenus et consolés par sa force d'âme. « Je sais bien loin de désirer qu'on me plai- » gne, écrivoit, au moment même de cette fuite et au M milieu de tant de souffrances et d'inqiiiétudes» » le loyal et braye officier qui nous a donné ces dé- » tails ; ma position est si digne d'envie , que je ne » puis même la concevoir ; c'est un rêve. Mon âme » est brisée de tous les sentiments qu'elle éprouve. i> Je vois souffrir les êtres les plus parfaits , et dont » le monde n'est pas digne; mais je vois de près » leurs vertus, j'admire leur noble constance, je » jouis d'être continuellement auprès d'eux. Sqpé» » rieurs aux coups de l'adversité , leur courage sem- M ble s'accroître à raison de leur infortune. » Tels étoient les sentiments qu'an comble du malheur inspiroient le roi et Madame. Le troisième jour il fallut faire une lieue à pied, par le froid le plus âpre et un vent qui conpoit le visage ; on se frayoit un chemin dans la neige , qui avoit dix pouces de hauteur. Madame prit le bras de l'abbé Edgeworlh , et madame de Sérent celai de M. Hardouineau. Cette dame très-délicate souffroit beaucoup, quoique le roi lai eût donné sa pelisse; dans cet état, ni le roi ni Madame ne perdirent rien de leur sérénité. La journée finit par un gîte encore plus mauvais que celui de la veille. Le local en éloit fort étroit. Le
JUSTIFICATIVES» agi
roi partagea sa chambre, comme il Pavoit toujours fait jusque là, avec Vàbbé Edgeworth et le comte d^Âvaray , et Madame reçut dans la siemie madame de Sérent et deux femmes de chambre. Le quatrième jour le roi éprouva un moment de consolation dans Texcellente réception que lui fit à déjeuner le baron de Sass , qui ne se démentit point pendant tout le temps que les François passèrent en Gourlande, et qui leur rendit constamment, ainsi qu^au roi, tous les services de Phôte le plus aimable et du gentilhomme le plus loyal. 11 avoit chez lui un émigré françois, à l'imitation de beaucoup de ses compatriotes, qui s'étoient empressés d^accueillir quelques-uns de ces honorables réfugiés.
On approchoit de la frontière , et on n'étoit pas sans quelque inquiétude. Tout se passa tranquillement. La garde russe prit même les armes, et rendit les honneurs au roi. Le a6 janvier. Sa Majesté coacha à Nimmersatt, premier poste prussien, où elle fut très-mal. Cest là qu^elle quitta ses Ordres, et qu'elle dit aux personnes de sa suite de quitter aussi leurs décorations. Elle prit Vincognito sous le nom de comte de Lille , et Madame sons celui de marquise de la Meilleraye. Le 37, le roi arriva à Mémel : il y fut bien reçu , quoiqu'il n'y eût encore aucun ordre de la cour. On offrit même de faire rendre les hon^urs au roi; le duc de Fleury les refusa. M. de Thumen , commandant militaire , montra le désir de faire quelque chose d'agréable au
agi PIEGES
roi, et M« Lorek, cùasal de Danemarck, justifia par ses aoins la réputation que déjà loi avoîent aeqnise ses bons procédés envers les émigrés. Anx lettres qni forent écrites à la coar de Prusse par le roi on par son ministre, Madame en joignît une pour la reine, femme de Frédério-Gnillanme. Cette lettre respiroit tonte la sensibilité et la grandeur d'flme de la princesse. Elle y disoit , en parlant de son oncle : a II est pins d*iine voix qui du haut da » ciel me crie qu'il est tout pour moi, qu'il me » tient lieu de tout ce que j^ai perdu , que je ne dois M jamais l'abandonner. Aussi j'y serai fidèle, et la n mort seule m'en séparera. » La cour de Prusse consentit â recevoir Sa Majesté, et la ville de Varso* vie fut désignée pour sa résidence.
Le roi s'étoit proposé de partir le 9 février , quand cinq gardes-du-oorps arrivèrent de Mittau , le 8 au soir. On leur avoit assigné l'ordre de partir dans les quarante-huit heures. On peut se figurer l'effet que produisit sur eux cette nouvelle. Mal fournis d'argent et d'iiabits, un voyage aussi précipité, dans une saison rigoureuse, les exposoit à périr de besoin et de froid. Le roi suspendit son départ pour attendre ces fidèles serviteurs, les voir, les consoler, et tâcher de leur procurer des secours. H manda les cinq gardes-dn-corps déjà arrivés,* et leur parlant avec l'intérêt le plus tendre : r J'éprouve , messieurs , » leur dit-il, une grande consolation à vous voir;' v mais elle est mêlée d'une douleur bien amèré. La
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)i ProTÎdenc9 mViffoaye depuis bien long-temps et M de bien des manières , et celle-ci n'est pas une dos )> moins cnie(les (ici le roi ne pat retenir ses larmes , }i lespnemiéns que je lui ai vu verger, dit i'auteai w 4e ce récit )$ f espère qa'elle Tiendra à mon se« » cours. Si le courage m'abandonnoit, le TÔlre, u messieurs, le soutiendrait. Vous me voyes (mon? » tiant le côté gauobe de sa poitrine dépouillé de ses 1» djéoorations.) , je ne peux même porter un Ordi«» » Je n'ai plus que des c(inBeils> à vous donner. Le » meilleur est de filer sur Koenigsberg pour ne point M s'encombrer ioi, y porter ombrage, et pour paiet » à tons les inoonvénients qui en pourraient résulw ter. Je viens do prendre les mesures pour tou* » ^re arriver à Hambourg , où chacun pourra pren- » dre plus aisément un parti ultérieur. » Les cinq vieillards ne purent entendre safis attèndiissemenl ces psrales de bonté. Ils répondirent à beaucoup de questions que le roi leur fil sur- eux et sur leurs camarade», et se retirèrent pénétrés de reoonnoîs^ sanee. Les jours auivants , les autres g^rdes-du-corps furent présentés an roi â mesure qu'ils arrivoient* Le prince leur parla successivement à touâ avec la même bonté ^ et s'informa de leun besoins. Un d'eux, M. de BlfcatleEun, ne poovoit retenir ses lafmes. m Mon ami , lui dit le toi en lui prenant 1^ a main, quand on a le coeur pur, c'est an dernier » terme de l'adversité qu'un Franscîsdoit redoubler u de equiage» » Puis adressant la parale aux autres :
u Mewiean, û mon oonnge m'abandonnutt, oe se- » mît chez tous qae finis en reprendre et me re- » tremper, n Ces généreux Françoia mérîtoient en effet ces éloges d*nn si bon juge , et ces sentiments du meilleur des maîtres. Tous se trou voient heureux de partager son sort, et auroient été, en quelque sorte , humiliés d^être à Pabri du coup qui le frappoit. Ce revers n'a pu abattre leur constance. Les Gïurlandois , de leur côté , leur ont témoigné le plus vif intérêt. Gentilshommes et bourgeois , tons leur ont fait les offres les plus affectueuses , et c'est un devoir pour un François de publier font ce que la fidélité malheureuse dut , dans cette circonstance^ à la générosité d'un peuple loyal et sensible.
Le roi ne borna point à des paroles sa solUcitode pour ses gardes-du^corps. Il donna pour eux nne somme considérable , eu égard à sa situation. La marquise de la Meilleraye (Madame) remit aussi au vicomte d' Agonit cent ducats qui dévoient être partagés entre les gardes-du-corps qui avoient le plus de besoin : elle vouloit surtout ne' pas être nommée ; mais comment se méprendre sur la source d'un tel bienfait ? Le vicomte d'Agoolt partit de Kœnigsberg , chargé de fréter tm bâtiment, et de présider â l'embarquement de ses malheureux compatriotes. Les finances du roi s'épnisant par la dépense exorbitante de chaque jour, MADAME offrit â Sa Majesté la vente de ses diamants, offre qui fat acceptée â regret; mais les circonstances ne permet-
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toient ga^re au rot de refuser. La priacesse aatoriM , par an acte exprés, madame la duchesse de Sérent à faire le marché, pour serpir , étoit-il dit dans Facte, pour servir dans notre commune détresse, à mon onch, à ses fidèles serviteurs, et à moi-même. Les diamants furent déposés chez le consul de Danemarck, qui fitavancerdeuz milleducatssur le prix delà vente. Le 33 février, tonte la colonie de Mittau étant défilée, le roi partit de Mémel pour Kœnigsberg , où il arriva, sans s'arrêter, le a4*'l^ ^'7 passa que pen de jours, et se remit en route , le 27 , pour Varsovie. Dans ce trajet , le a mars , la voiture du roi versa dans un fossé , en voulant éviter la voitnre d'une dame polonoise qui se croisoit sur la route. La commotion fut très-forte; une glace fut brisée, et Madame jetée sur l'autre côté de la voiture. Cependant personne ne fut blessé. Le roi n'eut d'autre ressource que de rester sur le grand chemin à atlen-. dre les voituras qui sui voient. 11 fut pendant deux heures debout sur un ihorceau de glace , pour éviter d*avoir les pieds dans l'eau ! ! ! La dame polonaise , désolée d'être la cause, quoique innocente, de cet accident, voulut revenik* coucher à Pultusk, dont on n'étoit éloigné que d'une lieue, et £t monter dans sa voiture madame la marquise de la Meilleraye, et madanie dp Sérent. Elle ne se doutoit point encore qui étoient ces voyageurs, et l'on peut juger, de sa surprise, quand , arrivée à Pultusk , elle-ap-. prit que c'étoit au roi de France et à sa nièce que sa
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noGontn avvit clé m. fiduiiMb Le loi fîil enfin altdst ptr U chaÎM de poste oà étoit le doc de Flenry avec l'abbé Edgêwortl». Elle n'avoil que deux placet ; Sa Majesté »f menta avec son aamônier.Le doc de Fleory et le comte d'Avany monterait sor le aiég^ Le rpi coucha à Poltnsk , et j poMa la jonniée du lendemaio. Use remit en route, le 4 9 *vec MÀBAiiK.
Le 6 man, le roi pmsa la VUtnle, quoique couverte de gbçons, et arriva heureusement à Vanovie. Le général Keller, gouverneur de la ville, attendoit Sa Majesté dans la maison Vassiliovntch, faubourg de Graoovie, que Tabbé André de la Marrs lui avoit louée. Les personnes de la suite du roi le rejoignirent successivement; et le a5 mars, monseigneur le duc d^Angoulême arriva de Varmécavee le comte Etienne de Damas. Peu de jours après , on apprit la mort de Paul P^, arrivée dans la nuit du a3 au a4 mars i8oi. Il n'avoit pas survécu longtemps à aes procédés rigoureux envers un prince en qui ces mêmes procodés, comme on Ta vu, par la lettre citée plus haut, n'avoient point e£Eacé le soo- Tenir d^anciens services. Le nouvel empereur de Russie s^eropressa , d^ailleurs , de réparer les defniers torts de Paul à l'égard du roi. U augmenU le traitement annuel promis à ce prince , el dans la suite il rappela Louis xviu dans ses États, et le reçut dans ce même cliâteau de Mittan qui loi avoit déjà servi d'asile.