ACTES DE LA. PBÉFECTUBE
Recherches des dépôts UlicUes charmes et de numiUons de guerre.
<( Le préfet du département des Deux- » Sèvres , oflEîcîer de la Légion-d'fionneur , )> informé qu'il a été découvert dernièrement, » dans le département de la Vendée , deux » dépots de poudre , cartouches, boulets , et » autres munitions de guerre , provenant da » débarquement fait en i8i5; et présumant » qu'il peut en exister de semblables dànsk » département des Deux«Sèvres , sans que les . » dépositaires se crment pour ce fait passihks » d'aucune peine ou condamnation;
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» Voulant prévenir les dangers auxquels » s'èxposeroient ses admmistrés , s'ils se troun voient détenteurs de pareils objets , et leur » fournir les moyens d'y divîer j
)> Arrête : ,
» Art. 1^. Tout particulier, détenteur ou dé» » positaire de munitions de guerre, armes de » calibre ou d'artillerie , devra , dans la quin- » zaine de la publication du présent arrêté, » en faire la déclaration au maire de sa com- )> mune ; celui-ci , après en avoir constaté par » procè»-verbal la nature, le poids ^ la quantité » et la qualité, lui en remettra déchaîne, et » fera transporter le tout, sans aucun délai )> et avec les précautions convenables , au » chef-lieu de la sous-préfecture*
» Les frais de transport seront acquittés de » suite et sur la présentation des pièces r^u* » lières.
» Art. II. A défaut de la déclaration près- » crite par l'article ci-dessus, toute personne » chez qui se trouveroient déposées des muni- » tions de guerre ou des armes de calibre et )> d'artillerie, sera traduite devant les tribu- I) naux pour y être jugée et condamnée
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» confonnément aux disposttioils des lois et n r^lements dont les extraits sont relatés » ci-après.
» Le présent sera imprimé , publié et affi- » ché dans toutes les communes du dépaite- » ment, n
A la suite de cet arrêté, se trouvent des extraits de la loi du i3 fructidor an v, et du décret du 23 pluviôse an xiii; le tout corroboré d'extraits d'ordonnances conformes à ladite loi et audit décret* Ces actes rappellent les peines encourues par les délinquants qui recèleroîent poudres , armes de calibre , etc.
Mais quels sont les boulets , poudres , cartoucbes et autres munitiims de guerre dont on a fait^ dans la Vendée, la grande découverte? L'arrêté a pris smn de vous le dire : ce sont les boulets y poudres et cartouches qui furent débarqués pour le service du roi pendant les cent jours dans la Vendée* Ces munitions de guerre , dont l'entrée a coûté la vie à La Rocbejaquelein , Beauregard et Suzannet , rendent passibles de peines et de condamnaiion les Vendéens qui en seroient dépositaires !
Et par quelles lois les Vendéens seront-ils
frappa? Par la loi du i3 frudàdor cm,VyfX par le décret da a3 plupiose an xiiu Ainsi les autorités ministérielles de la légUimUé font eacécater contre les Vendéens les lois du JHrecùoire et de VEmpire»
Baonaparte âYoit aussi réclamé ces mêmes munitions de guerre; mais il s'en rapporta à la loyautà des signataires de l'acte de pacification pour les lui remettre. Il ne menaça point les Vendéeios du décret du x3 fructidor. Toutefois il traitoit avec des ennemis , et les poudres n'avoient pas été fournies pour soutenir son autorité , mais pour la combattre.
^ L'article 2 de l'arrêté de M. le conseiller de préfecture ordonne la déclaration et la remise des armes de calibre, ou d'artillerie. Nous ne satons pas si les Vendéens ont conservé des armes de calibre ou d'artillerie : nous ne le croyons pas; mais ^ dans tons les cas, ce sont donc les fofeils et les canons- qu'ilsxmt enlevés au prix de leur sang (ju'on leur demande?
Mais quand on leur aura rayi ces ^orieux trophées de la fidélité^ on n'aura désarmé ni les Bretons , ni les Vendéens. Ne leur restera-* t-il pas les bâtons avec lesquels ils ont pris ces
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canons qui vous inquiètent ? Voulez-yous aussi qu'on vous apporte ces bâtons suspects? Mais tous les bois 'n'ont pas ëté briilës dans la Vendée ^ et ces arsenaux ne fourniront-ils pas au paysan de nouvelles armes pour enlever les canons aux ennemis du roi ? Vous n'avez pas voulu distribuer aux royalistes de l'Ouest les armes d'honneur que la magnanimité du roi leur destincHt; ne peuvent-ib du moins garder celles qu'ils ont conquises pour le roi aa champ d'honneur?
Vous réclames les fusils des Gathelineau, des Stofflet , des Bonchamp , des Lescare4 Que ne demandez-vous aussi l'épée des Gharette et des La Rochejaquelein? Ah! la main qui porta cette épée ne put être désarmée par 400^000 soldats ; elle ne s'ouvrit , pour céder le fer, que lorsque la mort vint glacer le cœur qui gnidoit cette main fidèle 1 On avoît promis à cette épée la restauration de la monarchie; on lui avoit juré de livrer à sa garde le jeune roi Louis xvix et son auguste sœur. Le traité fut conclu à la vue des ruines de la Vendée , à la lueur des flammes qui dévoroient ce dernier asile de la monarchie. Quand on vous aura
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remis les armes vendéennes , ep'en ferez-vons? Elles ne sont point à votre usage : ce sont les^ armes de vieux Francs^ trop pesantes pour votre bras.
Si les royalistes de l'Ouest ont des armes > si on les leur demande de par le roi , ils les abandonneront , puisqu'ils ne les ont prises que pour le roi. Mais est-on bien sûr qu'on n'aura jamais besoin des Vendéens ? Le système ministériel n'a-t-il pas prodait un premier 30 mars, et ne peut-il pas en amener un second I Qui nous défendra alors ? Seront*<e les hommes qui nous ont déjà trahis ? Chose remarquable ! on veut . désanner les paysans de la Bretagne et de la Vendée , et l'on a fait rendre les armes qu'on avoit prises aux paysans de l'Isère y dans un département qui s'é*toit insui^ contre le souverain légitime^
La faction qui pousse les ministres y et dont ils seroiit la victime , a ses raisons pour presser le désarmement de la Ven^. A diverses époques on a tenté ce désarmement, et l'on n'a jamais pu y réussir. Le nom du roi présente une chance : en employant cet auguste ncm , on. peut espérer que les paysans royalistes
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^^npresseront d'apporter les fusils qu'Os poorroient encore avoir* Mais dans ce pays il y a aussi des jacobins j et ceux-là ont tièscertainement des armes j et ceux-là ne les rendront pas au nom du roi* A1<m:s s'il arrivoit jamais une catastrophe > non-seulement la population royaliste de l'Ouest deviendrait inutile dans le premier moment à la cause de la Intimité ^ mais encore elle seroit livrée sans armes à la population révolutionnaire armée* Voilà pourtant à quoi nous exposent ces mesures déplorables.
-La Vendée j que la Convention laissa libre , qu'elle exempta de réquisitions et de conscriptions ; la Vendée , à qui elle permit de garder ses armesy et même la cocarde blanche; la Vendée, dont dUie paya les dettes, et dont elle promit de relever les chaumières : les Vendéens y que Buonaparte appeloit un peuple de géants , et an milieu desquels il vouloit bâtir une ville de son nom ) les Vendéens , que l'usurpateur traitoit avec estime; les Vendéens, dont il reconnoissoit la loyauté, dont il plaçoit les enfants y et pensionnoit les veuves; cette Vendée, ces Vendéens n'ont donc pu
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mâriter^par trente années de loyauté, de combats et de sacrifices 9 la bienveillance des mi-' nistres du roi ?
Que si la loi des élections , en amenant une Chambre démocratique, produisoit, par une conséquence naturelle , des ministres semblables à cette Chambre^ que si ces ministres, ennemis de toute monarchie, et surtout de toute monarchie l(%îtime , conspirotent contre le gouvernement établi , que ponrroient-ils faire de mieux que de persécuter la Vendée ? Us obtiendroient , par cette persécution , des résultats importants : ils feroient accuser le gouvernement monarchique d'ingratitude , d'absurdité et de foHe ; ils le rendroôent méprisable aux yeux de tous , odieux à son propre parti ; et quand la catastrophe arriveroft , ils auroient ou désarmé les seuls hommes qui pourroient s'opposer à cette catastrophe , ou refroidi , dans le cœur de ces hommes, le sentiment de la fidélité. En administration, l'incapacité orgueilleuse et passionnée produit les mêmes effets que la trahison.
Heureusement il n'est donné à personne de détruire la haute vertu vendéenne y elle a ré-
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sistë aa fer et au feu de l'efGroyable Con^eit' tîon ; et œ ne sont pas de tristes agents ministériels , d'obscurs traîtres des cent-jours, des espions , des commissaires de police qui acbèveront de démolir des débris impérissables : les petits serpents qui se cachent à Rome dans les fondements du Goljsée peuvent-ils ébranler ces grandes ruines ?
Quiconque a quelque goût de la Tertu, aime à s'entretenir des hommes qui sont devenus illustres par de saintes adversités , et des de* voirs accomplis. Leur mémoire , bénie de race en racC; £ftit le contre-poids de l'abominable renommée d'une autre espèce d'hommes , lesquels vont aux âges futurs , tout chai^gés de prospérités maudites et de crimes si énormes, que ces crimes en prennent un faux air de gloire. Nous devions à la patrie et à l'honnenr de venger ia Vendée des outrages ministériels^ de parler des Vendéens avec le respect et l'admiration qu'ils inspinent. Les noms immortek des Charette ^ des Githelineau, des La Rochejaquelein^ des Bonchamp, des Stofflet^ des Lescure , des d'Ëlbée , des Suzannet et de tant d'autres ; n'avoient pas besoin de nos éloges^
mais du moins nous les aarons marqués dans
cet écrit ^ comme le sculpteur inconnu qui grava les noms des compagnons de Léonidas sur la colonne funèbre aux Thermopyles.