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Les obsèques de M* de La Harpe furent célébrées le dimanche matin à Noire-Dame. U s'étoit retiré; depuis quelques années ^ dans le cloître de cette cathédrale , comme s'il avoit voulu se réfugier loin d'un monde peu charitable , à l'ombre de la maison du Dieu de miséricorde. Ceux qui ont vu les restes de cet auteur célèbre renfermés dans un chétif cercueil ont pu sentir le néant des grandeurs littéraires, comme de toutes les autres grandeurs j heureusement c'est dans la mort que le chrétien triomphe I et sa gloire commence quand toutes les autres gloires finissent.
On eût dit que la présence du cercueil de cet homme, qui avoit si bien senti les beautés de. l'Écriture , rendoit encore plus belles les prières que le christianisme a consacrées à la mort. Tous ces cris d'espérance : Requiem dabo tibi , dicU Dominus : — je vous don-
NEAAI LE AEPOS , DIT LE SeIGNEUR ; — ExpeC-
tabo , Domine, donec veniat immiUatio m^ea :
Vocabia ms : et ego respondeho tibi : Operi manuum tuanan porriges dexteram : — J'at- 7XHDS , Seigneur , que mon changement arrive : Vous m'apfellebez], et je vous répon-
dAai : Vors tendrez votre droite a l'ottvrage DE vos mains ; l'ëpître de saint Paul : O mort , où est ton aiguillon! l'évangile de saint Jean : Le temps viendra que tous ceux qui sont dans les sépulcres entendwnt la voix du JFUs de Dieu ; toas ces soupirs de la religion^ toutes ces paroles prophétiques attendrissaient profondément les 'cœurs. Quand les prêti^ ont chanté , à la communion , ut requiesccuU à lahoribus suis , des a présent ils sb reposent DE LEURS TRAVAUX, Ics larmcs sont venues aux yeux de tous les amis de M. de La Harpe.
Le convoj est parti à une heure pour le cimetière de la barrière de Vaugirard. Nbas avons sincèrement regretté de ne pas voir marcher à la tête du cortège cette croix qui nous afi^ge et nous console , et par laquelle un Dieu compatissant ft voulu se rapprodier de nos misères. Lorsqu'on est arrivé au cimetière , on a déposé le cercueil au bord de la fosse , sur le petit monceau de terre qui devoit bientôt le recouvrir. M. de Fontanes a prononcé alors uri discours noble et simple sur l'ami qu'il venoit de perdre. Il y avoit dans