‹ Mélanges historiquesChapitre 81 sur 87 · NÉCROLOGIQUES · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIQUES

partie de l'armée : en déterminaDt ses corn*. pagnoDs d'arines à rejoindre le drapeau blanc , le général Nansouty obtint pour sa patrie sa dernière et sa plus belle victoire. Les souverains de l'Europe^'réunis à Paris en i8l4> lui donnèrent des témoigpages d'autant plus flatteurs^ que^ si la faveur étoit quelquefois venue le trouver ^ il ne l'avoit jamais r^erchée; mais un suffrage que le cœur d'un François ambitionnera toujours lui étoit réservé : Monsieur l'accueillit avec bonté ; Louis XVIII l'honora, de sa confiance ; le général parcourut la Bourgogne en qualité de commissaire du roi y et fut nommé , aa retour de cette mission y capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires. Le général Nansoutjr^ undeis meilleurs officiers de cavalerie que les guerres de la révolution ait produits , étoit brave y humain y désintéressé, et conservoit, au milieu de la rudesse des camps, la politesse de nos andennes mœurs* Il sauva constamment la vie aux émigrés que le sort des armes jetoit entre ses mains ; il épaigna au Tyrol les horreurs du pillage , et fit distribuer aux hôpitaux une somme consi-

dërable^ que les autontést du pays avoîent voula lui faire accepter par leconnoissance.

Loge à Moscou, ayee des soldats affamés, dans k palais du prinoe Kourakin, on trouva; après son départ, les scellés intacts et tris qu'ils avoient été apposés sur les armoires par les ordres du prince. S'il aToit souvent gémi des maux que la guerre avoit fait souffrir sous ses yeux aux peuples étrangers, il fut plus sensible encore à ces mêmes maux quand il les vit retomber sur sa patrie. « On ne se figure pas, » disoit-il, ce que c'est que d'entendre de mal^ )> heureux paysans se plaindre en françois* s A une afiEsdre près de Fontainebleau , Buona^ parte lui commande d'enlever un retranchement d'oîi l'ennemi faisoit un feu épouvantable : des files entières de cavaliers tombent dans cette entreprise désespérée et inutile.

Tout à coup le général Nansouty arrête les escadrons , et s'avance seul bois des rangs : Buonaparte lui envoie demander la raison de cet ordre, et pourquoi il cesse de marcher sur là redoute : « Dites-lui que j'y vais seul , n répondit le général : il n'y a là qu'à mon- » rir. » LegénéralNansoutyne vit point les

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nouveaux malheurs de la France : une maladie dangereuse l'emporta le 1 2 février 1 8 1 5. Il expira dans ces sentiments religieux qui font de la mort la plus simple une grande action , et qui , donnant de la noblesse aux moindres faits d'une vie chrétienne^ les élèvent à la dignité de l'histoire. Le comte de Nansouty avoit épousé^ en 1802^ Adélaïde de Yergennes ; et , après avoir pu disposer d'une partie des dépouilles de l'Europe, il laissa un fils sans fortune, qu'il a recommandé, en mourant , aux bontés d'un roi qui a connu l'adversité.

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