CONSTITUTION
L'auteur de ce mémoire ne prend de part aux disputes présentes que parce qu'il en gémit.
L'origine du mal et le mal même viennent de ce qu'on a, dans ces derniers temps, confondu la tolé- 5 rance extérieure avec la tolérance intérieure, et qu'ils ont (sic) toujours pris l'une pour l'autre, quoique ces deux idées soient très distinctes, et si distinctes qu'elles ne dépendent pas même des mêmes principes. C'est cette équivoque perpétuelle
10 qui a jeté les princes, les ministres, les magistrats et le clergé même, dans des embarras inexprimables et dans des labyrinthes dont il est presque impossible aujourd'hui en (sic) sortir.
Que craint Votre Majesté? N'a-t-elle pas un véri-
15 table désir que tout le monde vive en paix dans son royaume? Et n'est-ce pas un point capital pour la religion, puisqu'il est bien certain qu'un état où la moitié du monde hait parfaitement l'autre est dans une situation où tout le monde est plus loin de la
20 voie du salut [que] dans un autre état? Car, s'il est
vrai qu'on ne puisse pas être sauvé sans la fot, on le sera encore moins sans la charité, parce que — vu l'ignorance humaine — il est quelquefois aisé de se tromper sur la foi, et qu'il n'est pas possible de se tromper sur la charité, s
Il y a plus : c'est que, par le parti que l'on propose, Sa Majesté ne prend rien sur elle et renvoie tout au Pape.
Sans cela, le règne de Sa Majesté sera laborieux : tes autres intérêts de l'État seront tous subordonnés co à celui-ci, et quand il n'y auroît de mal que l'attention perpétuelle que Votre Majesté est obligée d'y donner, et ses ministres.
Votre Majesté ne fera rien que ce que tous les princes de l'Europe font: qui est d'ordonner tout 15 silence sur ces matières.
M. de M. est dans un âge, qui ne laisse pas espérer une longue vie. On croit que la souveraine attention est de choisir une tête froide et un sens droit. Peut-être que, pour mille raisons, un séculier k, vaudroit mieux: le sieur Milain; et ce fut (sic), pendant son ministère, cette partie fut bien administrée.
Tout le monde sait que la religion catholique n'admet, en aucune sorte, la tolérance intérieure. Elle ne souffre parmi elle aucune secte; car, comme, h par ses principes, elle est la seule dans laquelle le salut se trouve, elle ne peut tolérer aucune secte, où l'on pourroit croire que le salut ne se trouveroit pas.
De la tolérance intérieure sembleroit suivre une je espèce d'approbation. Comment la religion catho-