‹ Mélanges inédits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 104 sur 118 · MÉMOIRE SUR L\ CONSTITUTION · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR L\ CONSTITUTION

lique pourroit-elle approuver ce qui, par ses principes, excluroit nécessairement du salut?

La tolérance extérieure dérive d'un autre principe; de sorte que le prince qui a établi dans ses

5 états une tolérance extérieure et les sujets catholiques qui vivent dans un état sous les loix de la tolérance extérieure ne peuvent pas pour cela être soupçonnés, ni se soupçonner eux-mêmes d'avoir cette tolérance intérieure approuvée (sic) par la

lo religion catholique.

Quand un prince catholique dit qu'il n'a point et ï ne veut qu'on ait de tolérance intérieure, c'est comme s'il disoit : < Je ne puis approuver intérieurement aucune secte dans mes états, parce qu'il

15 n'y a que la religion catholique qui sauve; et, si je croyois autrement, je ne serois point Catholique. » Quand il a la tolérance extérieure, c'est comme s'il disoit : « Je suis établi de Dieu pour maintenir dans ines états la paix; pour empêcher les assassinats,

20 les meurtres, les rapines; pour que mes sujets ne s'exterminent pas les uns les autres; pour qu'ils vivent tranquilles : il faut donc que mes loix soient telles, dans des (sic) certaines circonstances, qu'elles ne s'écartent pas de cet objet. Ma conscience me dit

25 de ne point approuver intérieurement ceux qui ne pensent pas comme moi; mais ma conscience me dit aussi qu'il y a des cas où il est de mon devoir de les tolérer extérieurement.

Ce n'est point toujours en conformité du principe

30 théologique, lequel je crois, que mes loix doivent

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