‹ Mélanges inédits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 112 sur 118 · DESDITES RAISONS · texte numérisé non relu

DESDITES RAISONS

Première Raison. — On a dit que le bois de feu, le bois pour les cuves et pressoirs, et le bois pour les s barriques, étoient très rares en Guyenne.

On répond que le bois à brûler n'y est pas plus cher que dans tous les autres pays où la facilité du transport le met dans le commerce.

L'article du bois pour cuves et pressoirs est un si lo petit objet qu'il ne vaut pas la peine d'en parler. Ces choses durent cent ans, et il ne s'achète pas pour trente mille livres de ce bois en Guyenne chaque année.

A l'égard du bois pour les futailles, on tire du 15 dehors ce que le pays ne fournit pas. L'étranger pa3^e en cette marchandise une très petite partie du vin qu'il prend. Ce bois étoit cher lorsque le bas prix du change et l'excessive hauteur des espèces l'exigeoit ainsi; mais, en revanche, les vins se ven- 2<» doient à proportion. Le prix de ce bois est tombé avec celui de toutes les autres marchandises.

Quoique l'avarice des particuliers les séduise toujours, il faut qu'ils se désabusent, dans la Guyenne, de l'espérance de vendre leurs denrées bien cher, et 25 d'avoir celles des étrangers à bon marché, comme, dans les autres provinces, d'affermer les terres à un prix excessif, et d'en avoir les denrées à bon marché.

Seconde Raison. — Il faut craindre la disette du blé dans la Guyenne.

Réponse : La Guyenne a, à peu près, assez de blé dans les années ordinaires; elle en manque dans 5 les stériles. Elle a cela de commun avec les autres pays.

Il est vrai que, même dans les années abondantes, une partie de la Guyenne n'a point assez de blé, et cela n'en est que mieux, parce que cette partie 40 consomme le blé surabondant de l'autre et des provinces voisines.

Il n'y a presque point de ville considérable dans le royaume où, dans les années stériles, le prix du blé ne monte plus haut qu'à Bordeaux : depuis plus 15 de quinze ans, le prix du pain, pour les artisans, a été au-dessous de deux sols la livre, ii quelques mois près.

Bordeaux, communiquant à la mer, a des ressources promptes. Aussi la cherté du blé n'y a 2o jamais duré plus d'un mois ou deux. Or, ce n'est que la continuité du mal qui le rend intolérable, par l'épuisement du crédit et des ressources de chaque famille.

On peut mettre, en principe, que toute ville qui 25 communique à la mer, qui n'est point assiégée, qui a un équivalent à donner pour une marchandise, a bientôt cette marchandise. Et il ne faut point objecter le cas de la guerre, car le commerce n'est pas toujours prohibé entre les états qui sont en 30 guerre, et, d'ailleurs, si l'on est en guerre avec un état, on ne l'est pas avec l'autre.

Il me paroît que ceux qui crient tant contre la culture des vignes, en faveur de celle des terres, n'ont pas une idée juste de la chose.

Quand on arracheroit aujourd'hui tous les vignobles du ro3^aume, pour en faire des terres laboura- 5 blés, je dis qu'on ne gagneroit pas par là de quoi nourrir un homme de plus; et, si l'Angleterre et le Nord avoient. assez de vignobles pour fournir aux besoins de leurs habitants, je dis encore que ces pays ne nourriroient pas un homme de moins. 10

Voici comment.

Quand une nation n'a point de vin, elle fait usage de quelque autre liqueur, et c'est la bière qu'elle choisit, comme plus propre à suppléer au vin. Mais, pour faire cette bière, il lui faut des grains. Il 15 est donc nécessaire qu'une partie de ses terres labourables soit employée pour la boisson de ses habitants.

Pour faire un demi-muid de bonne bière, il faut à peu près un septier d'orge. Mais une terre qui donne, en nature de vigne, un demi-muid de vin ne peut 20 guère fournir qu'un septier d'orge, en terre labourable. Il n'y a donc point d'épargne à n'avoir point de vignes.

Toutes choses égales, la consommation de la bière va plus vite que celle du vin, soit parce que la bière 25 se boit avec moins de précaution, soit parce qu'elle est toujours à meilleur marché. La culture des terres étant moins chère que celle des vignes, il faut donc qu'un état employé plus de ses terres pour faire boire de la bière à ses habitants que pour leur 30 donner du vin.

• En France, une certaine mesure de vin fait roffice d^un septier d'orge. En Angleterre et en Flandre, un septier d'orge fait l'office de cette mesure de vin. Mais, si, en France, une certaine mesure de vin 5 représente un septier d'orge, cette même mesure, transportée dans les pays étrangers, pourra se vendre à un tel prix qu'elle représentera dix, quinze et vingt septiers.

Troisième Raison alléguée, — On doit craindre la lo rareté des fourrages.

Réponse : C'est une illusion ; il y a assez de fourrages dans la Guyenne.

M. de Courson — qui en a été intendant — pour-

roit bien dire quelle quantité, il en sut tirer, en

15 1719 et 1720, pour l'armée d'Espagne. Cependant

il3 n'enchérirent pas extraordinairement pour les

particuliers.

. Quatrième Raison alléguée. — La façon des vendanges et les journées des manœuvres sont montées 20 à un trop haut prix.

Réponse : Il ne faut pas donner des accidents pour des raisons, ni des choses passagères pour des permanentes.

. On sait que la cause de la cherté des ouvriers 25 dans le royaume étoit la fausse opulence du Système et l'habitude qu'avoit prise un ouvrier de se faire payer très chèrement, habitude dont il ne vouloit pas se départir, et qu'il a pourtant, à la fin, été obligé d'abandonner.

30 En général, dans ces sortes de choses, la cupidité ne doit jamais être écoutée : les propriétaires se

plaindront toujours de ce que les ouvriers sont trop chers, et les ouvriers, de ce qu'ils travaillent à trop bon marché.

Cinquième Raison. — Enfin, on dit que la culture des vignes occupe trop de monde, et que l'espèce 5 manque.

On répond que pour parvenir à empêcher que l'espèce ne vienne à manquer il faut trouver le moyen d'occuper beaucoup de monde.

La lecture de ce mémoire suffit, je crois, pour faire 10 sentir le peu d'importance des motifs qui ont déterminé l'arrêt qui défend les nouvelles plantations dans la généralité de Guyenne.

Quoique celui qui le présente ne soit qu'un simple particulier, il a cru devoir le donner, pour son »5 intérêt propre. Il a acquis des fonds en friche ou landes dans un pays où il a tout sujet d'espérer d'y faire venir des vignes d'un très haut prix. Ces terres ne lui ont coûté que soixante livres, comme il paroît par le contrat ci-joint; et il espère, par son travail, 20 ses dépenses et son industrie, en faire une terre qui vaudra quatre ou cinq cent mille livres. Il semble qu'un pareil dessein ne devroit point trouver d'obstacles de la part de l'État.

Page 4, ligne 4. — Il semble qu'il faudrait : aux héros, au lieu de : au héros, que donne le manuscrit.

Page 7, ligne 12. — Dans le manuscrit, tout un alinéa sur les exploits militaires de Cicéron est bififé à la suite de celui qui se termine par les mots ôter mille vies.

Page 8, ligne 9. — Les paroles que Montesquieu met ici dans la bouche de Cicéron sont une traduction très libre de la dernière moitié du chapitre x de la Seconde Philippique,

Page 8, ligne 25. — Voyez la Seconde Philippique, chapitre XII.

Page 9, ligne 16. — Cette expression est empruntée à Horace: Odes, I, XII, V. 47.

Page 10, ligne 28. — Dans la description du manuscrit, nous avons dit que l'alinéa qui commence à cette ligne est d'une encre plus pâle et d'une écriture plus gprosse et plus penchée que le reste du Discours. L'écriture est celle de la note qui se trouve au commencement de l'ouvrage, et où l'auteur parle de sa jeunesse au passé. L'alinéa a donc été ajouté par Montesquieu lorsqu'il était dans l'âge mûr.

Page 10, ligne 29. — C'est de Sénèque le rhéteur qu'il s'agit dans ce passage, dont le tour rappelle celui du texte original.

Page II, note i. — Il faudrait : Dix-septième, au lieu de : Septième Controverse.

Page 16, ligne 11. — On lit, dans le manuscrit, à la suite des mots être le portrait, un passage biffé et ainsi conçu : « De me voir forcé par le choix d'une illustre académie de recevoir la loi d'un sujet que je me serois choisi moi-même. »

Page 20, ligne 4. — Nous rétablissons l'alinéa qui commence ici, bien qu'il soit bififé dans le manuscrit, afin de ne pas interrompre la suite des idées. Montesquieu avait eu, d'abord, Pintention de citer le vers d'Ovide :

Nomen amicitia est, nomen inane fides.

[Artis amatoriœ Liber /, v. 740 )

Page 20, ligne 26. — Dans Talinéa qui commence ici, Montesquieu s'est inspiré du De Amicitia de Cicéron, et spécialement des paragraphes 90 et suivants.

Page 20, note 2. — Cette sentence de Diogène semble empruntée à la traduction latine du Florilegium de Stobée, par Conrad Gessner. Elle ne lui est pas, cependant, tout à fait conforma. On y lit : ... veluti sefnUchro quopiam,., inscriphitn est, au lieu de : ... velut in sepulchra quœdam... insculptutn est. — Voyez Sermo xiv, page 149 de l'édition de Stobée de 1609.

Page 22, ligne 4. — Voyez Virgule, Mnéide, VI, v. 187.

Page 2 2 , ligne 24. — Voyez Ovide, Métamorphoses, VIII, v. 1 78.

Page 2 5, ligne 25. — Voyez Lampride, Vie de Commode, chapitre VIII. Montesquieu a substitué deux fois, dans sa citation, le mot appellattis, au mot vocatus.

Page 26, ligne 7. — Montesquieu vise ici un passage de la seconde Lettre de Platon à Denys de Syracuse, passage qu'il peut avoir trouvé dans le Florilegium de Stobée, tout comme la citation d'Homère qui suit. — Voyez Sermo xiv, page i5o, et Sermo Xll, page 140.

Page 26, ligne 10. — Voyez Homère, Iliade, chant IX, v. 3i3.

Page 26, ligne 12. — Voyez Euripide, Hippolyte, v. 486 et 487.

Page 27, ligne 5. — Montesquieu semble s'être inspiré dans les lignes qui suivent d'un épisode du livre II des Aventures de Télémaque, On sait qu'il qualifiait de « divin » l'ouvrage de Fénelon. — Vo5'ez ses Pensées diverses {Œuvres complètes de Montesquieu, édition d'Éd. Laboulaye, tome VII, page i58).

Page 29. — Montesquieu n'a pas seulement emprunté à Lucien le titre de son Histoire véritable. Il lui a pris une foule d'idées et de traits particuliers. C'est dans la traduction de Perrot d'Ablancourt qu'il semble avoir étudié Tauteur grec.

Page 33, ligne 25. — A la suite de l'alinéa qui finit par le mot rien, Tauteur en a biffé, sur le conseil de J.-J. Bel, im autre, que celui-ci trouvait trop grossier.

Page 35, ligne 16. — A la suite de l'alinéa qui finit par le mot premiers, l'auteur en a biffé un où il parlait d'une métamorphose en perroquet. Montesquieu a écrit de sa main en marge du manuscrit : < Oter cet article. :>

Page 35, ligne 17. — En marge de l'alinéa, qui commence ici, Montesquieu a écrit : < Bon. »

Page 35, note i. — Cette variante est autographe.

Page 36, ligne 3o. — Il semble qu'il faudrait : trouvai, au lieu de : trouvois.

Page 38, ligne i. — Il faudrait ici: Diodes ou Dnniir, au lieu de : Ayesda. C*est, en effet, Ayesda, qui est censé parler. Une erreur identique se trouve dans d'autres passages, qu'on lira aux pages 40, 48, 45, 46, 48, 54, 57, 38, 60, ()(>, 09, 76, 81 et 82. Ne serait-ce pas l'indice d'un remaniement? La variante du commencement de la seconde partie de l'ouvrage permet de le croire. — Voyez page 83, ligne 11, et surtout page 94, ligne 5.

Page 40, ligne 4. — Voyez, à la page 83, une variante du commencement de la seconde partie de V Histoire véritable, variante qui est intercalée dans le manuscrit avant la leçon que nous donnons ici.

Page 40, note i. — Cette note est autographe, au moins jusqu'au mot partie.

Page 49, lig^e 2. — Il semble qu'il faudrait : qu*il accompagtie, au lieu de : qui Vaccotnpagne,

Page 3o, ligne 20. — Il semble qu'il faudrait : s'affoihlit, au lieu de : ni^affoiblit.

Page 5o, ligne 27. — Il semble qu'il faudrait : il n'étoit pas plus mauvais, au lieu de : il n* était pas si mauvais.

Page 5i, note i. — Cette note est peut-être autographe.

Page 58, ligne 6. — La tournure : ... de quoi serions -nous devenus? est gasconne et se retrouve à la page 81, ligne 22.

Page 68, ligne 16. — Le manuscrit porte : Troisième, au lieu de : Quatrième partie.

Page 68, ligne 26. — Dans l'alinéa qui commence ici, Montesquieu a imité le début du traité de Lucien, qui a pour titre : Comment il faut écrire V Histoire.

Page 69, ligne 18. — A la suite de l'alinéa qui finit par les mots à soi-même, l'auteur en a biffé un qui était insignifiant.

Page 72, ligne 14. — Dans l'entretien qui commence ici, Montesquieu a imité le début du Timon de Lucien.

Page 74, ligne 3o. — A la suite de l'alinéa qui finit par les mots et la vie, une page tout entière est restée en blanc dans le manuscrit.

Page 80, ligne 3. — Il est curieux de comparer le développement qui commence ici avec le chapitre ix du livre III des Essais de Montaigne. Voyez notamment le passage qui débute par ces mots : « Non parce que Socrates l'a dict... «

Page 80, ligne 25. — Le paragraphe qui commence ici a été publié, avec des modifications peu importantes, dans les Pensées diverses de Montesquieu. — Voyez le tome VII des Œuvres complètes (édition d'Éd. Laboulayc), page 157.

Page 83, ligne a. — La variante du commencement de la première partie a été écrite par Montesquieu lui-même, à la suite d'une autre, sur une feuille de papier fixée, avec de la cire noire, à la page i de la quatrième partie. — Voyez page 83, ligne 10.

Page 83, ligne 9. — La variante du commencement de la seconde partie est écrite sur une grande feuille de papier qui enveloppe tout le manuscrit de cette partie.

Page 84, ligne 10. — La variante du commencement de la quatrième partie a été écrite par Montesquieu lui-même, en tête de la feuille de papier fixée, avec de la cire noire, à la page i de cette partie.

Page 85, ligne i5. — Montesquieu s'est conformé au conseil <{\iQ J*-J« Bel lui donnait dans ce paragraphe.

Page 85, ligne 20. — On sait le rôle que le Mississipi joua dans les spéculations de la Compagnie d'Occident fondée, en 1717, par Law.

Page 8(), ligne i. — Montesquieu a encore suivi le conseil que le critique lui donnait dans ce paragraphe.

Page 8G, ligne 21. — Montesquieu a également tenu compte de l'obser\'ation sur l'anneau.

Page 87, ligne 3i. — Voyez Diogène Laêrce, VIII, iv.

Page 93, ligne 21. — L* Histoire amoureuse dont le critique parle ici, et dont l'étendue lui paraissait exagérée par rapport au reste de l'ouvrage, a disparu du manuscrit que nous possédons. Montesquieu l'aurait-il détachée du Métempsycosiste, pour en faire le roman d^Arsace et Isménie, publié après sa mort? On remarquera que VHistoire véritable, telle qu'elle nous est parvenue, n'a que cinq livres, au lieu des six que J.-J. Bel a critiqués.

Page 93, ligne 28. — Si le livre V de la rédaction primitive est devenu (comme nous le pensons) le livre IV de la rédaction qui nous est parvenue, Montesquieu semble s'être conformé une fois de plus au conseil de J.-J. Bel en n'en conservant que le début.

Page 94, ligne 33. — Tout indiqua que notre livre V est bien le livre VI dont le critique relève le c ton si différent » des autres. Il est à noter que Montesquieu n'a pas cru devoir finir < avec quelque dignité > et par des c réflexions sur les richesses » . Le dernier épisode de VHistoire véritable nous paraît, du reste, plus en harmonie avec l'ensemble de l'ouvrage. Mais d'où vient ce barbier de Tarente qui apparaît à la page 82, et dont il n'avait pas encore été question? Évidemment, l'auteur se proposait de modifier profondément le cadre de son Histoire,

Page 100, ligne 14. — Le mot heureux a été écrit par Mon-

tesquieii, au crayon, au-dessus des mots secondé des Dieux, qu*il a biffés.

Page loi, note i. — Cette note est autographe et écrite au crayon.

Page 102, notes. — Ces notes sont autographes et écrites au crayon.

Page io3, note i. — Cette note est autogfraphe et écrite au crayon.

Page 109, ligne 12. — A cet endroit, Tauteur a biffé une série d^alinéas qu'il a insérés dans V Esprit des Lois, ainsi qu'il Ta constaté en marge de la page i du manuscrit de VEssai sur les Causes, par cette note autographe : < Mis dans les Loix*; note qu'il répète, plus loin, en marge de la page 5, dans les mêmes termes, et en marge de la page 8, sous cette forme : < Mis tout cela ». Les passages empruntés à VEssai forment les alinéas i à 7 du chapitre il du livre XIV de V Esprit des Lois. C'est à eux que se rapportent les notes écrites sur trois morceaux de papier intercalés entre les pages du manuscrit, notes conçues en ces termes :

« Faire une expérience sur un tendon, sur un nerf. Le mettre, tout du long, dans un long tuyau de verre arrêté par deux bouchons. Mettre à la glace. Voir si le nerf se racourcit à la glace. — Idem, si le tendron (sic), »

« Ext. Hist. univ. — Constitution du climat de l'Espagne ancienne, p. iqS. >

« Extrait d'Hérodote, p. 424, vol. Hist. universelle : « Caricœ y gentis omniutn illius temporis ingeniosissimœ. > — Vide hic tria inventa. »

Les quatre derniers mots de la troisième note ne sont pas empruntés à la traduction d'Hérodote, mais renvoient à la suite du passage* cité. — Voyez Hérodote, I, CLXXI.

Page 109, lig^e i3. — L'alinéa qui commence ici a été écrit par Montesquieu lui-même, à la page 2 du manuscrit, en marge des passages biffés.

Page 109, note i. — Cette note a été écrite par Montesquieu lui-même, en tête de la page i du manuscrit.

Page II o, ligne 21. — A cet endroit, l'auteur a biffé quatre alinéas, qu'il a insérés, en les retouchant, dans V Esprit des Lois, au livre XIV, chapitre li, dont ils forment les alinéas 8 à 11. Il a noté cet emprunt, dans le manuscrit de VEssai sur^^les Causes, en écrivant trois fois en marge : « Mis » .

Page 1 10, ligne 20. — A cet endroit, l'auteur a biffé six alinéas

qu'il a insérés dans V Esprit des Lois, au livre XIV, chapitre il, dont ils forment les alinéas 12 et i3, et chapitre x, dont ils forment les alinéas i , 2 et 7. Montesquieu a, d'ailleurs, remanié le texte qu'il empruntait ainsi à V Essai sur les Causes, Il a noté ces emprunts en écrivant cinq fois : « Mis >, en marge du manuscrit de cet ouvrage. A côté du passage qui est devenu le second alinéa du chapitre x, se trouve une note qui nVst pas biffée, et qui n'est pas reproduite dans V Esprit des Lois :

« Voyez du sang mêlé avec de l'eau où vous infuserez de l'esprit de vin. >

Page 110, notes. — Les trois notes sont autographes. Page m, ligne i3. — Il faudrait : aux palestres, au lieu de : au palestre, puisque palestre est du féminin .

Page 111, note i. — Cette note est autographe. L'ouvrage auquel Montesquieu l'a empruntée est le recueil de fragments publiés par Henri de Valois (Paris, i634, in-40) sous le titre d^Excerpta..,

Page 112, note i . — Cette note est autographe. Elle est écrite sur un morceau de papier fixé par une épingle à la page 21 du ; manuscrit.

! Page iTi, note i. -— Cette note est autographe. Elle est écrite

I sur un morceau de papier fixé par une épingle à la page 2 3 du

! manuscrit.

i Page II 3, notes 2 et 3. — Ces notes sont autographes. Elles

I sont écrites sur deux morceaux de papier intercalés, sans renvoi,

entre les pages du manuscrit. Nous les rattachons aux passages qu'elles nous semblent compléter.

Page 114, note i.— Cette note est autographe. [ Page 116, notes. — Ces notes sont autographes. Montesquieu

vise sans doute, dans la première, l'avant-demier paragraphe du traité Des Airs, des Eaux et des Lieux, par Hippocrate. Disons, toutefois, que, dans l'édition qu'il a publiée de cet ouvrage, Coray a réuni les autres passages d'auteurs anciens auxquels il peut être fait allusion ici.

Page 117, ligne 17. — A la suite de l'alinéa qui se termine ici, Montesquieu en a biffé deux, et a écrit en marge : « Mis ces deux articles effacés ailleurs » . Ils sont relatifs à l'influence de l'air et aux effets des voyages. On en retrouve quelque chose aux fragments des pages i52 et i53.

Page 117, note i. — Cette note est autographe. Page 118, note 3. — Cette note est autographe. — A la suite de l'alinéa auquel elle se rattache, Montesquieu en a biffé

un, qu^l a transporté dans VEsprit des Lois, Il a constaté cet emprunt en écrivant en marge : c Mis dans les Loix, livre XIV, chapitre xii ». Le passage en question forme, en effet, le second alinéa du chapitre.

Page 121, note 2. — Cette note est autographe. Elle est écrite sur un morceau de papier fixé par une épingle à la page 47 du manuscrit.

Page 123, ligne 16. — Il faudrait : qu*il, au lieu de : qui.

Page 125, note 2. — Cette note est autographe.

Page 126, note 1. — Voyez Aulu-Gelle, Nuits Attiques, IV, XIX.

Page 126, notes 2 et 3. — Ces notes sont autographes. La seconde est écrite sur un morceau de papier fixé par une épingle à la page 60 du manuscrit.

Page 127, ligne 16. — Voyez Tite-Live, Histoire romaine, XXXIX, VIII, etc.

Page 128, ligne 21. — Voyez Huarte, L'Examen des Esprits, traduction de Vion d*Alibray (Paris, 1661, in-S»), page 35i.

Page 129, note i. — Cette note est autographe.

Page i3o, ligne 9. — En marge de Talinéa qui commence ici, Montesquieu a écrit deux mots illisibles. *

Page i3i, note i. — Cette note est autographe.

Page 134, ligne 21. — La phrase qui commence ici a été écrite par Montesquieu lui-même, en marge de la page 83 du manuscrit.

Page i36, ligne 25. — Tout Palinéa sur la chanson des Grecs a été écrit par Montesquieu lui-même, en tête de la page 90 du manuscrit. La traduction qu'il donne est celle de La Nauzc (Histoire de V Académie royale des Inscriptions..., tome IX, page 33o).

Page i36, note i. — Cette note est autographe.

Page 136, note 2. — Cette note est autographe.

Page i38, note i. — Cette note est autographe.

Page 139, note i. — Cette note est autographe.

Page 139, note 2. — Voyez Strabon, Géographie, III, iv.

Page 149, ligne i. — Les Matériaux que nous imprimons ici faisaient partie d*une rédaction antérieure de VEssai sur les Causes. Us y figuraient aux pages qui portaient les numéros 9 et 10, 37 à 44, 49 et 5o. Nous les donnons dans Pordre où ils se suivaient primitivement.

Page 149, ligne 2. — La note que nous plaçons en tête des Matériaux est autographe, et écrite en marge de la page 37, et non de la page 9 de la première rédaction de VEssai.

Page 149, ligne 5. — Les quatre premières lignes du fragment ■que nous donnons ici sont biffées dans l'original. Nous les rétablissons pour rendre intelligible la pensée de Montesquieu. En revanche, nous avons omis dans le texte la fin d'une phrase incomplète, dont le commencement se trouvait à la page 8 de la première rédaction : « ... rappellera le visage du père ou de la mère, c'est-à-dire : fera ressembler. »

Page 1 5 1 , lignes 14 a 16. — Il faudrait ici : « Pour l'intromission du sang et par le refus de l'intromission dés esprits t, au lieu du membre de phrase que donne le manuscrit, et qui est identique à celui qui le précède.

Page 1 52, ligne 18.— L'alinéa qui commence ici a été écrit par Montesquieu lui-même, en marge d'un passage biffé.

Page 1 52, ligne 22. — L'alinéa qui commence ici a été écrit par Montesquieu lui-même, sur un morceau de papier fixé par une épingle à la page 49 de la première rédaction de VEssai.

Page i53, note i. — Cette note est autographe.

Page 157, ligne i. — En tète de la première page du manuscrit, on lit une note ainsi conçue : « Entièrement de la main de Montesquieu. >

Page 07, •ligne i3. — Il est curieux de comparer l'alinéa qui commence ici, et toute la suite, avec le chapitre viii du livre III des Essais de Montaigne, sur VArt de conférer. Voyez notamment le passage qui débute par ces mots : c On s'aperçoit ordinairement aux actions du monde... %

Page 160, ligne 12. — C'est de la minorité de Louis XV que Montesquieu nous semble parler ici.

Page 162, ligne 11. — L'alinéa qui commence ici est à rapprocher d'un passage du chapitre xvii du livre II des Essuis de Alontaigne : «Je ne sçais quelle commodité, ils attendent...»

Page i63., ligne 20. — L'alinéa qui commence ici est à rapprocher d'un passage du chapitre viii du livre III des Essais de Montaigne : « Ouy, mais il a mené à poinct ce grand affaire... »

Page i65, note 1. — Marc- René, marquis d'Argenson, né le 4 novembre i652 et mort le 8 mai 1721, fut garde des sceaux et président du Conseil des finances, de 17 18 à 1720; puis, ministre d'État.

Page 166, ligne 16. — A la suite de l'alinéa qui se termine par cette ligne, il y a un tiret dans le manuscrit.

Page 166, note 1. — Claude Le Blanc, né le i*^*^ décembre 1069 et mort le 19 mai 1728, fut secrétaire d'État de la guerre de 1718 à 1723 et de 1726 à 1728.

Page 166, note 2. — Jean Law, né en 1671 et mort en 1729, fut contrôleur général en 1720.

Page 167, ligne 1 . — Voyez Thucydide, Histoire de la Guerre du Péloponèse, III}XXXVli. Le passage cité est, d'ailleurs, reproduit au Sertno xli du Florilegium de Stobée, auquel Montesquieu semble avoir fait plus d'un emprunt.

Page 167, ligne 5. — Le fragment Des Princes est écrit sur un morceau de papier, au dos duquel se trouvent les deux alinéas dont nous le faisons suivre. Un coup de ciseau a emporté la fin de la note sur François I*'.

Page 168, ligne 4. — Ce fragment est écrit sur im morceau de papier détaché.

Page i68j ligne 8. — Ce fragment, où Montesquieu vise sans doute Albéroni et Law, est aussi écrit sur un morceau de papier détaché.

Page 171, ligne i. — En marge de la première page du manuscrit, on lit une note ainsi conçue : « Entièrement de la main de Montesquieu. »

Page 172, ligne i3. — Le parallèle entre Tibère et Louis XI a été publié déjà. Une note qui se trouve à la page 3 du manuscrit le constate en ces termes : « Donné à M. Lanet, pour insérer au journal la Gironde, imprimé à Bordeaux, le 17 décembre i833. > Le parallèle a été réimprimé depuis, à plusieurs reprises, et notamment (avec une faute de lecture) au tome II, page 377, de l'édition des Œuvres de Montesquieu d'Éd. Laboulaye.

Page 173, ligne 6. — M. Éd. Laboulaye met: pour eux, au lieu de : pour art.

Page 179, ligne 3. — L'alinéa qui commence par les mots : < Charles, dont les affaires... >, et que nous croyons devoir placer ici, est écrit sur un morceau de papier, en tête duquel on lit : «Paul III», et qui est fixé par une épingle à la page 28 du manuscrit.

Page 179, ligne 8. — Il semble qu'il faudrait : un des plus grands, au lieu de : un des grands.

Page 186, note i . — On retrouve la même pensée, presque dans les mêmes termes, au chapitre v du livre XXIV de V Esprit des Lots.

Page 193, ligne 2 . — Le « prince qui règne à Sicyone » n'est autre que Philippe, duc d'Orléans, régent de France.

Page 194, ligne 7. — La « gêne > dont il est ici question est celle qui régnait sous Louis XIV, et qui disparut sous le Régent, que Fauteur appelle ici : Alcandre, au lieu de : Alcamène,

Page 194, ligne 29. — Montesquieu vise sans doute, dans ce

270 NOTKS

passa^je» les mesures prises contre le prince de Cellamare et ses complices, en décembre 171 8.

Page 197, ligne i5. — Il y a ici une allusion au système de Law, et à ses conséquences.

Page 197, ligne 18. — On sait quelle fut Pattitude du Parlement de Paris à Tépoque où le système de Law s* effondra, attitude qui valut à la Cour d*être exilée à Pontoise du 20 juillet au 17 décembre 1720.

Page 198, ligne 5, — Le Régent lit preuve d'une grande clémence à Tégard de plusieurs pamphlétaires, et spécialement à Pégard de Joseph de Lagrange-Chancel, auteur des Philippiques.

Page 198, ligne 6. — Cet alinéa vise le cardinal Dubois, né le G septembre i656 et mort le 10 août 1723, après avoir été nommé successivement conseiller d*État (171 5), secrétaire d'État des affaires étrangères (1718), et premier ministre (1722).

Page 198, ligne 20. — En 1706, le duc d'Orléans fut envoyé en Piémont pour terminer le siège de Turin; mais le prince Eugène l'obligea à se retirer en France, avec son armée.

Page 199, ligne 6. — En 1707, le duc d'Orléans, chargé de commander l'armée française en Espagne, n'arriva que le 2G avril, lendemain de la bataille d'Almanza.

Page 199, ligne 17. — Le duc d'Orléans raounit à Versailles le 2 décembre 1723.

Page 200, ligne i . — On sait quelles illusions Louis XV inspira d'abord à ses sujets.

Page 201 . — Nous avons déjà dit que le titre exact des Remarques tel que le donne le manuscrit, est Refnarqucs sur dès (sic) certaines Objections^ etc. Ces objections portent sur un passage des Considérations sur les... Rontvtins^ et sur deux passages de V Esprit des Lois. Le texte du chapitre xvi des Considérations ne fut pas modifié. Mais il en fut autrement des passages critiqués de V Esprit des Lois. La fin* du chapitre xxil du livr^ XXII fut remaniée dans les éditions postérieures à celle de 175 1. Il en fut de même d'une partie du livre XXVII, où Tauteur changea la fin d'un alinéa, et en intercala neuf autres sur la loi Voconienne.

Page 20 3. — Le titre des Remarques est reproduit, en tête de la seconde feuille du manuscrit, tel qu'il se lit sur la couverture.

Page 2o3, lig^e 2. — L'édition d'É cosse que Montesquieu vise ici est, sans doute, celle que L. Vian mentionne, dans sa Bibliographie^ en ces termes : c 175 1 . Edimbourg, Harailton et Balfour, petit in-80. » — Voyez Montesquieu, Bibliographie de ses Œuvres (Paris, Durand et Pédone-Lauriel, 1872), page 14.

Page 2o3, ligne 7. — Plaute, Mostellaria^ II, 1, v. 10.

Page 2o3, ligne 10. — Les mots de cuivre ne sont pas d^ns les Considérations sur les.., Romains.

Page 2o5, ligne 22. — Montesquieu n'avait cité d*abord que le premier vers de Pépigramme de Martial. D'où Vetc.y qui se trouve à la fin du second, intercalé après coup et cité inexactement. Le texte de Martial porte : solve tnihi^ au lieu de : mitte inihi.

Page 2o5, ligne 23. — Il faudrait: XI, 1 o5, au lieu de : XI, 5i .

Page 20 5, ligne 25. — Inutile de dire qu'il faut lire : du Di^reste, au lieu : de V Indigeste, que donne le manuscrit.

Page 207, ligne 19. — La phrase qui commence ici n'est guère qu'une variante de la précédente.

Page 207, ligne 24. — Salluste, Conjuration de Catilina,

Page 208, ligne 7. — Le texte vulgaire porte : Sœpe majores vostrum, au lieu de : Sœpe majores nostri.

Page 208, ligne 11. — Le texte vulgaire ne porte point: ... argentum communi œre, mais simplement: ... argentum œre.

Page 208, ligne 25. — Voyez la note sur la ligne 7.

Page 209, ligne i5. — Montesquieu renvoie ici au livre XXII de V Esprit des Lois ^ où le passage de Pline est, en effet, cité dans les notes du chapitre xii.

Page 209, note i . — Il s'agit ici de Basilius Faber, auteur du Thésaurus Eruditionis scholasticœ.

Page 210, ligne 17. — Montesquieu cite l'édition de Henri Etienne (1592, in-folio).

Page 211, ligne 16. — Il faudrait : les femmes, au lieu de : elles.

Page 211, ligne 21. — Montesquieu parle de la loi Papienne, dans le livre XXVII de V Esprit des Lois, après avoir traité de la loi Voconienne.

Page 212, ligne 21. — Le commentaire sur le Marmor Sandvisence est l'œuvre de J. Taylor (Cambridge, 1743, in-40).

Page 212, ligne 22. — Voyez Plutarque, Vie d'Antoine, iv. Dans la traduction d'Amyot (Paris, i565, in-folio), le passage visé par Montesquieu s 3 trouve à la page 63 1, F.

Page 2 25. — Le Mémoire sur la Constitution est relatif à la bulle ou constitution UnigenituSy du 8 septembre 1713. Elle fut l'objet d'une première déclaration, sous le règne de Louis XIV, qui, le 14 février 17 14, en ordonna l'enregistrement et l'exécution. On sait les difficultés qu'elle souleva. Montesquieu y fait allusion dans la 24® des Lettres persaties. Cette lettre est datée, par distraction sans doute, de 1712.

Page 227, ligne i. — • Au bas de la première page du manuscrit, on lit cette note qui n*est exacte qu'en partie : c De la main de Montesquieu. »

Page 227, ligne 6. — Les mots qiCils ont se rapportent, dans une rédaction antérieure et biifée, aux princes, ministres, etc., dont il était question au commencement du paragraphe, avant que Montesquieu eût modifié Tordre des considérations qu'il voulait exposer.

Page 227, ligne i3. — Dans la rédaction antérieure et biffée, Montesquieu avait écrit : « dont ils ne peuvent aujourd'hui sortira.

Page 228, ligne 17. — S'agit-il ici de Jean - François Boyer, ancien évêque de Mirepoix, chargé de la feuille des bénéfices de 1743 à 1755?

Page 228, ligne 21. — Montesquieu avait écrit d'abord : < ... et ce fut, pendant son ministère, la partie la mieux administrée »; rédaction qu'il modifia, en oubliant de rayer et ce fut.

Page 229, ligne 9. — Il faut lire évidemment : improuvée, au lieu de : approuvée.

Page 23 1, ligne 28. — Montesquieu vise-t-il ici les commencements de l'affaire de la Constitution ou bien l'affaire de la régale ?

Page 2 33, ligne 5. — Louis XIV avait publié les arrêts du Conseil du 23 octobre 1668 et du 5 mars 1703, à l'imitation de Théodose pi*, qui interdit, en 388, les discussions publiques sur les matières religieuses (Code Théodosien^ XVI, iv, 2). De môme, le Régent édicta, le 7 octobre 1717, une déclaration qui suspendit toutes les disputes relatives à la Constitution. Mais il fallut, plus tard, confirmer cette défense par les arrêts du Conseil des 10 mars et 5 septembre 1731, par celui du 29 avril 1752, et par les déclarations nouvelles des 8 octobre 1754 et 10 décembre 1750.

Page 235. — Le Mémoire sur les Dettes n'a pour titre, dans l'original, que le mot Mémoire, et se trouve dans une chemise de papier, sur laquelle on lit : c Deux Mémoires : l'un, sur les Dettes de l'État; l'autre, sur l'Arrachement des Vignes. »

Pai;e 237, ligne i, — C'est à Philippe, duc d'Orléans, régent de France, que ce mémoire est adressé. Il est curieux d'en comparer les vues avec celles que M. A. Thiers a exposées dans le tome VIII cpagc 3i) de son Histoire de la Révolution française, lorsquUl y apprécie le phin financier du Directoire en 1795.

Page i37, ligne ti. — On sait que le Régent, par un édit de mars 171Ô, organisa, contre les gens d'affaires, une Chambre de Justice, qui dress.1, du mois de novembre 1716 au mois de mars 171 7i dix-neuf listes de taxation.

Pa^e 239, ligne 19. — I^a première réduction dont parle Montesquieu fui imposée par Tédit d'octobre 171 3.

Page 239, ligne 20. — Cette seconde réduction fut imposée par les édits d'octobre et de décembre 171 5.

Page 243, ligne 19. — Bien que comprise dans la généralité de Lille, l'Artois avait conservé, sous l'ancien régime, ses états particuliers, dont M. F.-G. Filon a écrit l'histoire, sous le titre di* Histoire des Etats d* Artois, depuis leur origine jtisqu^ à leur suppression en ijSg (Paris, A. Durand, 1861, in-8<>).

Page 244, ligne 5. — Un édit d'août 171 7 supprima le dixième du revenu des biens-fonds et des autres immeubles; mais cet impôt fut rétabli en 1733.

Page 245, ligne i5. — Louis XIV avait permis, en 1708, aux contrRiuables de racheter leur capitation. Mais, en 1715, il avait révoqué les afifranchissements qu'il avait accordés moyennant finance. Le clergé seul demeura exempt.

Page 247. — Nous avons dit, en décrivant le manuscrit du Mémoire contre V Arrêt du Conseil du 27 février 1 725, que ce mémoire fut renvoyé par le contrôleur général à l'intendant de la généralité de Bordeaux. Voici les lettres qui furent échangées entre eux, à ce sujet, et qui sont conservées aux Archives départementales de la Gironde (série C, n^ i338). Il semble en ressortir que l'intendant Claude Boucher ne fut pas insensible au jugement que Montesquieu avait formulé dans son mémoire sur la compétence des intendants en matière d'agriculture.

« A Versailles, le 7 avril 1727.

» Monsieur,

» M. de Montesquieu expose, par le placet et les pièces ci-jointes, qu'il a acquis une pièce de terre en friche et lande, de la consistance de trente arpens, située dans la paroisse de Pessac, qu'il désireroit faire défricher et planter en vignes, s'il plaisoit au Roy de lui en accorder la permission. Je vous prie de vouloir bien faire vérifier si ce terrain n'est pas propre à d'autre culture qu'à être planté en vignes, et de me faire part des éclaircissemens que vous recevrez sur cela, en m'envoyant votre avis, pour me mettre en état de rendre compte de cette affaire à Sa Majesté.

-> Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

> Le Pelletier.

> M. Bouclier, >

« A Bordeaux, le i8 avril 1727.

» Monsieur le Contrôleur général,

3 J'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le placet présenté, par le sieur de Montesquieu, pour demander la permission de planter en vignes trente journaux de landes qu'il a achetés le 24 décembre dernier, et le mémoire par lequel il prétend justifier que l'arrêt du Conseil du 17 février 1725, qui défend de faire de nouvelles plantations en vignes dans la généralité de Guyenne, est contraire au bien de la province et du royaume.

> Comme le sieur de Montesquieu a beaucoup d'esprit, il ne s'embarrasse pas de traiter des paradoxes, et il se flatte qu'à la faveur de quelques raisons brillantes, il lui sera facile de prouver les choses les plus absurdes. Je vous prie de me dispenser de répondre à son mémoire et d'entrer en lice avec lui. Il n'a d'autres occupations que de chercher des occasions d'exercer son esprit. Pour moi, j'ai des choses plus sérieuses qui doivent m'occuper, et je me contenterai de vous dire qu'avant qu'il eût fait cette acquisition, et même avant que l'arrêt qui a défendu la nouvelle plantation des vignes eût été rendu, il étoit du sentiment commun de toute la province, que, non seulement il ne falloit pas souffrir que l'on plantât de nouvelles vignes, mais qu'il auroit été à souhaiter qu'on arrachât, au moins, un tiers de celles qui avoient esté plantées depuis 1709. Son intérêt personnel le fait aujourd'hui changer de langage et non de sentiment ; car je suis persuadé qu'il est toujours dans les mêmes principes, et que le mémoire qu'il vous a présenté est un jeu d'esprit, dont il connoît mieux que personne la fausseté. Mais il ne doit pas être écouté, et il y a beaucoup moins de raison de lui accorder la permission qu'il demande qu'à une infinité de personnes qui voudroient planter en vignes des terres qu'elles possèdent depuis longtemps.

» Et, pour peu qu'on s'écartât de l'exécution de l'arrêt du Conseil auquel vous m'avez ordonné de tenir la main, par votre lettre du 2® mars dernier, le peu de terres labourables ou prairies qui restent dans cette province, du moins aux environs de cette ville, seroient bientôt converties en vignes.

» Le sieur de Montesquieu n'a acheté les terres qu'il veut mettre en vignes qu'au mois de décembre dernier. Si effectivement elles n'étoient propres qu'à la vigne, il ne devoit pas en

faire l'acquisition, puisqu'il n'ignoroit pas la disposition de l'arrêt du 27 février 1725, qui défend ces sortes de plantations. Il peut les mettre en bois ou en faire tel autre usage qu'il trouvera plus convenable, sans pouvoir se plaindre du peu de revenu qu'il en tirera, puisque toute cette acquisition ne lui revient qu'à 60 livres une fois payées, et 2 deniers d'exporle et i sous de rente par journal.

:> Il a encore acquis 70 autres journaux au même endroit, qu'il m'avoit pareillement demandé de pouvoir planter en vignes, et il ne s*est restreint aux 3o journaux pour lesquels il vous demande aujourd'hui la permission, que parce qu'il a reconnu que la demande de 100 journaux paroîtroit exorbitante. Mais il se flatte que, si on lui permettoit d'en planter d'abord 3o, il pourroit obtenir la même permission pour le reste, parce qu'il ne conviendroit plus de l'obliger à planter du bois dans le surplus, à cause du préjudice que sa vigne en pourroit recevoir.

» J'ai l'honneur, etc . »

Page 249. — Nous avons déjà dit que les deux dernières lignes du titre sont écrites de la main même de Montesquieu.

Page 253, ligne 22. — Il s^imble qu'il faudrait lire : préposerait, au lieu de : proposerait.

Page 253, ligne 24. — De tous les arg^uments de Montesquieu, c'est le seul dont le Gouvernement semble avoir tenu compte, en étendant, par l'arrêt du Conseil du 5 juin 173 1, les dispositions de l'arrêt de 1725, à toutes les provinces et généralités du royaume.

Page 257, ligne i3. — Guillaume - Urbain de Lamoignon, comte de Launay-Courson, fut intendant de la généralité de Bordeaux de 1709 à 171 7, et mourut conseiller d'État, à Paris, le 12 mars 1742, à l'âge de soixante-huit ans.

Page 257, ligne 25. — Montesquieu parle ici du système de Law, dont on connaît les vicissitudes de 1716 à 1720.

Page 258, ligne lô. — Montesquieu avait, en effet, acquis, le 24 décembre 1726, trente journaux de landes, situés dans la commune de Pessac, au quartier des Pujeaux-de-Péougran. Il avait fait cette acquisition de moitié avec M. Jean de Sarrau de Boinet, seigneur de Pichon, qui, d'ailleurs, lui céda sa part en 1735. M. de Sarrau fit aussi un mémoire contre l'arrêt de 1725, mémoire qu'on trouve au tome XVI des Manuscrits de l'Académie de Bordeaux, conservés à la Bibliothèque de cette ville.

Page 258, ligne 20. — Est-ce à Pépoque où il songeait à créer un vignoble à Pessac que Montesquieu rédigea un questionnaire, dont M. Reinhold Dezeimeris a publié le texte, en 1886, à la page 346 du Bulletin du Comice vinicole et agricole du canton de Cadillac?

Le manuscrit de ce questionnaire fait partie du fonds de l'ancienne Académie de Bordeaux, déposé à la Bibliothèque de cette ville. François de La Montaigne, conseiller au Parlement de Guyenne, a écrit, en marge de l'original : c Ces questions sont écrites de la main de M. de Montesquieu. » Les trois notes que nous imprimons au bas du texte sont de l'éditeur de 1886.

« A BARSAC, PREIGNAC, SAUTERNE, etc.

c QUESTIONS »

« I. Quelle est la manière de tailler la vigne, et en quel temps?

» 2. Celle de l'ouvrer, et de quelle œuvre?

j» 3. Celle de la cultiver : à bras, ou à bœufs?

» 4. Combien on luy donne de labeurs, et en quel temps?

» 5 . De quelle hauteur on la laisse ?

» 6. Combien de flèches à chaque sep, et combien d'yeux on

» laisse à chaque flèche?

t 7. Si le vin y est blanc ou rouge?

» 8. Comment on y appelle les cépages? Quels sont les meil-

> leurs et les plus ordinaires?

> 9. Quelle est la nature des terres du pais?

1 10. S'il y a des terrains ou vignes de diverse nature, et quels

> luy sont les plus propres.

:> 1 1 . S'il y a des vignes en joUale, et quel est leur arrangement.

> 1 2. Si les cépages blancs, en quantité égale, donnent plus ou

1 moins de vin que les rouges, j» 1 3. Quels sont les plutôt murs ? les blancs, ou les rouges? » 14. Dans quel temps on vendange?

^ 1 5. Quelle est la méthode de faire les vendanges ? :» 16. Comment on repare les vignes et l'on remplace les pieds

1 qui manquent? — par du plan? — du barbeau? — de

> l'avant- cap? — du sautegris»?

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