QUI M'A TRADUIT MES ROMAINS EN ANGLETERRE
Et la première est sur le chapitre xvi (page 141 de Tédition d'Ecosse).
Et je commencerai par dire qu'il y a deux fautes d'impression (dans une note) qu'il faut corriger, et 5 c'est bien une faute d'impression, puisque sans cela cette note seroit contradictoire au texte.
La note commence ainsi : « Un soldat, dans Plaute
(in Mostellaria) y dit qu'elle étoit (la paye) de trois
as, ce qui ne peut être entendu que des as de dix
10 onces de cuivre »; mettez : c ce qui ne peut être
entendu que des as de deux onces de cuivre ».
La note continue : « Mais, si la paye étoit exactement de six as, dans la première guerre punique... >; mettez : « de six onces de cuivre ».
15 L'objection qu'il fait, sur le passage de Plaute (in Mostellaria) y de ce soldat qui étoit assez fou pour se faire casser la tête pour trois as, n'est pas fondée. J'ai dit que ces as étoient de deux onces de cuivre, et le critique dit, au contraire, qu'ils ne 20 seroient que d'une once, parce que, dans le temps
de Plaute, qui vivoit dans la seconde guerre punique, l'as ne valoit plus une once du (sic) cuivre, et qu'il ne seroit pas probable que Plaute eût parlé d'autres as que de ceux de son temps, et qu'ainsi j'ai eu tort de conclure de ce passage que la paye du 5 soldat romain, dans la première guerre punique, étoit de six onces de cuivre.
Mais le discours de Plaute n'est qu'une façon de parler proverbiale, qui ne pouvoit changer tous les jours. (Il faut voir le passage, que j'ai oublié.) De 10 plus, il est visible que, quoique la République fît frapper des as d'une once, ce ne fut point pour les soldats ; comme il paroît par Polybe, qui dit que la paye, dans la seconde guerre punique, étoit de cinq onces du (sic) cuivre. L'auteur ajoute que Plautus 15 prend toujours le nummus pour le stater, et qu'ainsi je ne puis rien conclure de ce passage de Plaute. Je réponds qu'il lui seroit très difficile de prouver que Plaute prenne toujours le nummus pour le stater. Et, si cela étoit, mes raisonnements seroient encore ao plus forts, puisque la paye de la première guerre punique auroit été encore plus forte. De tout ceci, le critique conclut qu'on ne peut rien fixer sur le passage de Plaute. Je réponds que je ne sais pas pourquoi on n'en peut rien conclure. Mais, ce que ^5 je sais, c'est que Plaute ne parle pas d'as d'une once du (sic) cuivre, parce qu'il n'entre point dans l'esprit que les Romains, dans les calamités de la seconde guerre punique, eussent augmenté la paye de trois onces à cinq. 30
REMARQUES SUR CERTAINES OBJECTIONS 2o5
L'auteur attaque, ensuite, un endroit de l'Esprit des LoiXy livre XXII, chapitre xxii. C'est cet endroit où je dis : « Sous Sylla, Lucius Valerius Flaccus fît une loi qui permettoit l'intérêt à trois pour cent par
5 an... Paterculus la désapprouve; * et, dans la note sur le mot désapprouve : t Turpissitnœ legis aticïor, qua crediforibus solvi quadrantem jusserat (Livre II). Quelques auteurs ont interprété ce passage comme si la loi de Flaccus avoit ordonné qu'on payât seule-
lo ment le quart du capital. Mais il me semble que ce n'étoit pas le langage des auteurs latins. Lorsqu'il s'agissoit de retranchements de dettes, on se servoit des mots de quadrans, triens, etc., pour marquer l'usure, et tertia pars et quarta pars, pour marquer
15 le capital, etc. >
Le critique dit que la loi de Flaccus statuoit sur le capital, et qu'elle retrancha les trois quarts des dettes. Il rapporte des passages des (sic) poètes, qui fo*it voir que les divisions de l'as s'employoient pour
ao marquer la division du capital :
Mittehas libratn : quadrantem, Garrt'ce, niittis, Saliem semissein, Garrice, tnttte fttihi, etc,
(Martial, livre XI» 5 1 .)
J'aurois tort de lui nier cela. Il pourroit citer 35 contre moi une infinité de loix du Code, de l'Indigeste (sic). Car les Romains ne [se] servoient pas seulement des divisions de l'as pour marquer les taux des usures; ils s'en servoient encore pour les divisions des successions ', pour les institutions