‹ Mélanges inédits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 94 sur 118 · I . Institutiones, De Hœredibus instituendis · texte numérisé non relu

I . Institutiones, De Hœredibus instituendis

d'héritiers et pour les legs, qui sont bien les (sic) capitaux. Ainsi, dans chaque passage où l'on se servira de la division de Tas, il faudra voir quel est le sens le plus naturel : de l'appliquer à l'usure, ou au capital. Et je crois que, si Paterculus avoit voulu s dire que la loi de Flaccus retranchoit les trois quarts du capital des dettes, il se seroit plutôt servi du mot de quarta pars que du mot qtiadrans, pour éviter l'équivoque. Cette équivoque n'est point dans le vers de Martial, parce que le mot de libra^ qui précède lo celui de quadrans, détermine le sens de ce dernier.

Le critique fait une autre objection; elle est tirée d'un passage de Salluste (Bello Caiilin.y § 34): « Ac novissimCy memoria nostrUy propter magnitudinem œris alieni, volentibus omnibus bonis, argen- 15 tmn œre sohUnm est, » Le critique dit que, dans ce passage, Salluste parle du même fait que Paterculus, c'est-à-dire de la loi de Flaccus, et il fait tous ses efforts pour prouver que, par ce payement de l'argent fait en monnoye du (sic) cuivre, les créanciers 21 perdirent les trois quarts.

Ces preuves me paroissent assez obscures, et le passage qu'il interprète, non moins obscur : t Argentiitn œre soliiitint est. » Je crois que ce passage-là ne se rapporte point à la loi de Flaccus. Il ne paroît 25 pas même qu'il y soit question d'aucune loi. Il me paroît que le texte de Salluste est corrompu, et qu'il faut mettre : « Argentiun œrario solutiini est; » et qu'il ne s'agit pas là d'une loi, mais d'un règlement du Sénat et des principaux de la République, qui 30 firent dans cette occasion ce qu'on avoit fait dans

tant d'autres, lorsqu'il s'agissoit d'apaiser les séditions et les murmures ^ de la populace obérée : qui est que l'on payoit du Trésor public les dettes de ceux d'entre les pauvres citoyens qui n'avoient pas

5 de quoi les acquitter. La loi de Flaccus avoit apaisé les créanciers et les débiteurs qui avoient quelque fortune; mais, pour les pauvres, ils ne pouvoient profiter de cette loi. Que restoit-il à faire à la République pour les apaiser ? C'étoit de payer leurs

lo dettes. Elle le fit : « Volentibus omnibus bonisy argentum œrario soluium est. » Il faut toujours se souvenir de ce que j'ai dit, de cette constance des Romains dans les principes de leur gouvernement et les maximes anciennes. Pour juger de ce que les

15 Romains avoient fait dans le temps de Flaccus, il faut voir ce qu'ils avoient fait dans tous les temps. On peut voir ce que j'ai dit dans le chapitre même xxii du livre XXII, dont il est question ici. Il faut lire le chapitre xxii du livre XXII de l'Esprit

2) des Loix, où cette politique des Romains est très bien expliquée.

Il n'y a plus de difficulté depuis que j'ai vu le passage de Salluste (Conjuration de Catilina) : 25 C. Manlius envoyant des ambassadeurs de sa troupe ^ à Martius Rex, pour lui dire ce qui suit : « Nous attestons les Dieux et les hommes que nous n'avons pas pris les armes contre notre patrie, sed uti corpora

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