‹ Mélanges inédits de MontesquieuChapitre 140 sur 150 · RÉPUTATION · texte numérisé non relu

RÉPUTATION

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

La Bibliothèque Françoise ou Histoire hittùrairc de la France, journal publié par Camuset, a donné en 1 726 le texte d'une lettre contenant un extrait des ouvrages présentés en séance publique de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bordeaux, le 25 août 17251. Dans cette séance, M. de Sarrau, secrétaire perpétuel, lut une dissertation de M. le président de Montesquieu : Sur la Considération et la Réputation ; la lettre adressée au journal en donne une anah'se et quelques extraits, qui ont été reproduits plusieurs fois.

M. Cougnj', membre de la Société des Sciences morales, des Lettres et des Arts de Seine -et -Oise, en lisant les extraits donnés par la Bibliothèque Françoise et signalés par M. Despois 2, a été frappé de la ressemblance existant entre les Réflexions de Montesquieu et quelques pages écrites par la marquise de Lambert, Il a publié sur ces deux auteurs une étude 3 dans laquelle, avec beaucoup d'esprit et de tact, il a cherché la réponse à cette petite question de propriété littéraire. Il a presque trouvé le mot de l'énigme, mais un témoin digne de foi nous aidera à trancher la question définitivement.

I. Laboulaye, Œuvres de Montesquieu, t. VII, p. 70 et suiv. z. Revue politique cl littéraire, 14 novembre 1874. 3. Mémoires de la Société des Sciences morales, des Lettres et des Arts de Seine -et -Oise. Versailles, 1878, in-S», p. 235 et suiv.

40 CONSIDÉKATIO.N ET KÉPUTATION

Dans le troisième recueil de ses pensées, Montesquieu, parlant de son écrit sur la Considération, s'exprime ainsi :

« Il y a environ vingt-cinq ans que je donnois ces Réflexions à FAcadémie de Bordeaux. Feue M™e la Marquise de Lambert, dont les rares et grandes qualités ne sortiront jamais de ma mémoire, fit l'honneur à cet ouvrage de s'en occuper. Elle y mit un nouvel ordre, et par les nouveaux tours qu'elle donna aux pensées et aux expressions, elle éleva mon Esprit jusqu'au sien. La copie de M"^2 de Lambert s'étant trouvée après sa mort dans ses papiers, les libraires, qui n'en étoient point instruits, l'ont inséré dans ses ouvrages, et je suis bien aise qu'ils l'aient fait, afin que si le hasard fait passer l'un et l'autre de ces écrits à la postérité, ils soient le monument éternel d'une amitié, qui me touche bien plus que ne feroit la gloire. »

La modestie du Président et sa respectueuse amitié pour la marquise de Lambert échitent dans ces lignes. Il ne nous appartient pas de dire lequel des deuS écrits est supérieur à l'autre, nous serions trop aisément accusé de partialité; afin de permettre au lecteur de voir lui-même le rapport des deux textes, nous donnons ici les Réflexions du Président, d'après la copie faite par son secrétaire; et. à la suite, le texte déjà publié dans les Œuvres de la marquise de Lambert. Nous réservons pour le volume qui contiendra les lettres des correspondants de Montesquieu celles qu elle lui écrivait : elles montreront les sentiments d'estime et d'amitié que cette femme distinguée avait pour l'auteur des Réflexions sur la Considération et hi Réputation .

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