AU CITOYEN GARAT
Membre de rinttitut oational
L'ouvrage d'Harris sur la grammaire universelle jouit, depuis environ un demi-siècle , de Testime des hommes les plus distin-
Al'PBNDICE.
gués par leur génie el leur érudilion. en Angleterre et dans les pays étrangers; mais il n'était presque pas connu en France, et si cette traducUon peut avoir quelque ulililé, c'est à vous, citoyen, qu'on en sera redevable. Dans le peu de temps que vous avei été à la tête de l'instruetion publi((ue. vous aviez formé lo projet d'enrichir notio liU6ralur« de plusieurs livres utiles, qui y manquent encore, cl YUernif» en est nn. 11 m'était impossible d'oublier que ce flit sur votre proposition que la commission executive me chargea (fe traduire, cet ingénieux et savant ouvrage, et la permission que vous m'avcs accordËo de le faire paraître sous voire nom excite plus encore ma reconnaissance. C'est donc k vous que je dois compte, en qui^lque Horte, de ce que j'ai Tait pour remplir avec succès la Iflcbe qui m'était imposée, et pour répondre nu choix honorable que la commission a fait de moi dans cette circonstance (I). Quel suffrage, d'ailleurs, pourrail être plus Qatleur pour moi que celui d'un philosophe à qui les malifires de goùl et de simple liltéralure ne sont pas moins Tamili&res que les sublimes découvertes des Baron, des Locke et des Condillac, qui possède au plus haut degré le talent d'embellir des charmes de l'imagination les sujelN qui en paraissent le moins susceptibles, et qui a su répandre des fleurs dans tes sentiers naguère si arides de l'analyse philosophique! Les sciences, vous le savex, s'étendent el se perfectionnent par les travaux des générations successives; en sorte que, aprfs un cerlain nombre d'années, les ouvrages mCme des hommes dont les découvertes ont fait époque ne peuvent élre utiles qu'autant qu'on les présente avec quelques modiilcations que le temps a rendues nécessaires : car, ou les vérités nouvelles y sonl mêlées de quelques erreurs anciennes, qu'il est au moins inutile de reproduire, ou des découvertes plus modernes ont changé, à certains égards, l'état de la science, el il est presque indispensable d'en rendre compte.
Ces réllcxions m'ont paru devoir justifier le très-petit nombre de suppressions et les additions que je me suis permis de Taire à l'ouvrage d'Harris. Voici, en peu de mots, en quoi consistent les unes et les autres. D'abord il m'a paru convenable de supprimer dans le texte quelques digressions, et dans les notes quelques passages grecs ou latins, qui n'avaient avec le sujet de l'ouvrage qu'un
(1) Le citoyen Oingu^né. directeur de l'IaalructioD pulilique, a bien voulu l'intéresier auEsi au succëa de ma traduclion, et c'est sur soa rapport que le comité de la CoDTention en ordonna l'impreBsion par un arrêté du 1*' brumaire de