I. HERMÈS. — DISCOURS PRÉLIMINAIRE
célèbres orateurs de ce temps, et devint lui-même un très-habile maître d*éloquence; ses Institutions oratoires, TouTrage le plus complet que Tantiquité nous ait laissé sur ce sujet, en sont une preuve incontestable. Dans le dessein de former un orateur parfait, il le prend au berceau et dès sa naissance, et le conduit Jttsqu*au tombeau. Il enseigna la rhétorique à Rome pendant vingt ans, et il eut, dans cet intervalle, deux élèves qui devinrent Tun et Tautre des écrivains célèbres : je veux dire Pline le jeune et Suétone ; je parlerai un peu plus en détail de ce dernier, parce qu*il nous a laissé sur les vies des anciens grammairiens un traité qui, bien que mutilé par le temps, est un des monuments les plus intéressants qui nous restent sur Thistoire de la grammaire chez les Romains.
Parmi les vingt-cinq ou trente grammairiens sur lesquels Suétone a donné de courtes notices, on remarque, avec une sorte d*intérét, un Marc-Antoine Gniphon qui commença à donner des leçons dans la maison de Jules César encore enfant, et dont Cicéron fréquenta Técole dans le temps de sa préture; un Stabérius, qui fût le maître de Brutus et de Cassius, et qui eut la générosité de donner ses soins à plusieurs enfants des proscrits dans le temps de Sylla ; Quintus Cécilius Ëpirota, qui fut Tami de Gallus, et qui encourut, ainsi que ce poètei la disgrâce d* Auguste ; Verrius Flaccus, si célèbre par son talent pour enseigner, que le même Auguste voulut le donner pour maître à ses petits-âls, et le logea dans son palais ; C. Julius Hyginus, affranchi d* Auguste et ami particulier d*Ovide ; il fut chargé d*avoir 'soin de la bibliothèque placée sur le mont Palatin; C. Mélissus, chargé par le même Auguste de mettre en ordre une bibliothèque que ce prince avait établie dans le portique d*05tavie, et qui inventa un nouveau genre de comédies, sous le nom de traheatx; M^ Pomponiùe Marcellus, Tun des puristes les plus sévères de la langue latine : il reprit une fois une expression dans un discours de Tibère; un vil flatteur, nommé Ateius Capiton, soutenait que le mot était latin, ou que, du mbins, il devait dès lors le devenir. « L'assertion de Capiton est fausse, » dit notre grammairien ; « vous pouvez, César, donner le droit de bourgeoisie aux hommes, mais non pas aux mots. » Enfin Q. Rhemmius Palémon et M. Yalérius Probus, les derniers de ceux que Suétone a cités, sont les seuls dont il nous reste quelques écrits. Palémon fut, suivant notre auteur, un honmie extrêmement vicieux, mais d'une érudition très-distinguée et ayant de grands talents ; il vécut sous les règnes de Tibère et de Claude, et eut pour disciples Quintilien, Perse et Juvénal, suivant le témoignage des amciens commentateurs. Yalérius Probus, de Béryte, vécut, selon Eusèbe, sous le règne de Néron; il avait une profonde érudition, et ce qui nous reste de lui n*est pas à dédaigner. (Voy. Voss., de Arte gramm,, L. i, c. 4.)
Note 4, page 531.
Apollonius, fils de Mnésithée et d*Ariadné, fiorissait à Alexandrie sous les règnes d* Adrien et d'Antonin le Pieux. Il acquit une grande réputation par ses écrits sur la grammaire, et parce qu'il fut le maître d'Hérodianus, son fils, qui eut lui-même beaucoup de mérite en ce genre. Apollonius fut surnommé SuaxoXo; {difficilis), plutôt à cause de son caractère, que Tindigence avait altéré, qu'à cause de son style ou de sa manière d'écrire, qui n'est ni obscure ni embarrassée* L'auteur de sa Vie prétend qu'il était s: pauvre que, n'ayant pas de quoi acheter
dei UblellM, il écrivait tes ouvrages sur des ooqniltes. Il vécut t Aleundrie, et Tut caterré dans le Bruchium. où l'on sait que les rois d'É^ïpla enireteDaient un grand nombre de «aTsota. Priician dit, dui» la prëfac premier livre, qu'il préfire Apollonius et Herodiauui, ion 6\». à tous Us «criiainl qui avnieDt traite de la grammaire avant eui, et il parle d'eui dans pliuieun endroila de son ouvrage avec le plu» grand éloge. Il ne bous reile des nombreui *crl[» de ces deux liomcnea célfehre» que le Traité de la Syntaxe («tpi luvTÔfiu; TÛv Toù i.àfQv |upu>v), en quatre livres, par ApoUonin*. et quelques fragmenta d'Hérodiauus, imprime* t, lu fln de ce laérae traité. (V. Fftbric, BM. grjec, t. VU, pp. 1-3.)
Note 5, page 535. J
Jeait-PrançoU Poggio, surloul, etc. Son nom de famille était BraceioUni. S naquit, dit-on, en 1380, dans le lerrilojre de Florence, et mourut en U59. Il paraît qu'il avait uue sorte de talent pour le conte libre, et son livre des Facitia est le seul que l'ou recherche quelquefois ; il a écrit une Hùloire rie Florence, dans laquelle on l'accuae de beaucoup de partialité en faveur de aa patrie, et d'une grande ineiactituds dan» les faits. Il serait donc anjourd'bai très-peu connn comme auteur; mais on lui doit d'avoir sauvé et publie plusieurs ouvrages anoiens extrêmement iatéreisanlB ; tels sont, entre autres, les livres de Cicéron de Finiljtts et de Legibui, une partie de l'Â$amiut Fedianta, le poème entier ds VslériuB Flaccus sur les Argonautes, et surtout les bittitutioru oratoires de Qutatilieii, qu'il déterra dans une vieille tour du monasifere de Saint-Oall, pendant la tenue du concile de Constance. Le léle que ce savant mît dans la rechercha des monuments précieux île l'aniiquité, et les succis qui couronotreni ses rerbpTcbes, jusiitleat les éloges que lui prodiguèrent qnelqoea-uns de ses eoniemporains, et méritent la reconnaissance de la postérité.
Les savants qui lui succédèrent s'employèrent aussi avec beaucoup d'ardenr à la recherche des auteurs anciens, comme je l'ai dit dans le Diacours; «t pour ne parler que des grammairiens, Janua Parrhasius, Napolitain, né an 1470, retrouva ce qui nous reste des Inililutiomi grammaticalei de Sosipater Cbariaiof. On ne sait pas, au reste, dit Vossius (1), dans quel temps cet auteur a léro, non plus que Diomède, autre grammairien, de qui nous avons un traité de Oratione et Pnrlibus orationït, etc. Il existe un recueil imprimé i Hanovre, eu IBOt, en deux volumes ia-l", oii l'on a rassemblé les traités complets, ou les fragmenta qni nous restent, des Bncieni grammairiens latins, au nombre de plus de trente; l'éditeur de ce recueil fut Elias Putachius, qui mourut en 1606, A l'Age d« vingtcinq ans, et dont les savants de ce temps avaient conçu la plus grande espérance. On peut voir dans le second volume des JvgtmenU des savant*, par Baillet (2), des notices sur les écrivains qni ont succédé A ceux dont Putscbiua & donné le* ouvrages.
rrigéa par la Manooje.