‹ MélangesChapitre 236 sur 269 · MON FRÈRE · texte numérisé non relu

MON FRÈRE

Ton zèle pour la littérature ancienne, mon ami^ t'a fait désirer d'ajouter à cette édition des Phéniciennes un ornement que j'aime à devoir aussi à ton amitié pour moi. Admirateur du génie d'Euripide, tu t'es plu à retracer, à l'aide du burin, l'image de ce grand poète; dans les moments de loisir que te laisse l'artque tu cultives, tu t'appliques à la lecture des meilleurs écrivains de l'antiquité : continue, mon ami, à exercer ainsi ton esprit et ta raison, en méditant ces excellents modèles dans tous les genres d'éloquence et de poésie: déjà tu sens combien on est dédommagé du travail qu'exige d'abord l'étude des langues consacrées par tant de productions admirables. Tu éprouveras, je l'espère, que, loin de nuire aux succès et aux progrès de l'artiste, un pareil emploi de son temps, indépendamment de tous les autres avantages qui y sont attachés, ne peut que développer en lui un sentiment plus exquis du beau en général, et alimenter, pour ainsi dire, en le réglant, cet enthousiasme, qui est proprement la vie des arts. £n sorte que

Ton peut appliquer ici ce qu'a dit Horace de la nécessité de seconder les talents naturels par une étude assidue :

Alterius sic Altéra poscit opem res, et conjurât amice.

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