VII. — FRAGMENTS POLITIQUKS. Goo
moins leurs fils aînés au rôle qu'ils seront destinés à jouer un jour, en leur donnant une éducation aussi parfaite qu'il soit possible? Mais cela est peu probable, et n'arrive en effet presque jamais.
Lisez les Mémoires du duc de Saint-Simon, l'homme sans contredit le plus infatué des merveilleuses propriétés de la pairie héréditaire qu'il y ait eu dans aucun pays de TEurope. Il vous fait connaître, dans le plus grand détail, les mœurs, le caractère, les actions honorables ou honteuses de tout ce qui composait la cour à la fin du règne de Louis XIV, surtout la conduite publique ou privée de pairs de France à cette époque. Quelle corruption, quelle bassesse^ quelle avidité honteuse dans un assez grand nombre, et quelle nullité profonde dans presque tousl Et vous ne croyez pas, sans doute, que ce premier corps de l'État se fût amélioré sous le règne de Louis XV, et jusqu'à l'époque de la révolution de 1789.
Je crois donc avoir démontré, par le raisonnement et par les faits, que l'hérédité d'une haute magistrature, en général, est une absurdité.