DE LA '• VÉRITÉ " XXV
(leur Mgr Bégin, à Québec, que ma position, sous ce rapport, fut régulari-
Et, pourtant, la Vérité n'a jamais encouru, sous M" Taschereau, la moindre censure publique pour manquement, soit à la doctrine, soit à la discipline, soit aux mœurs. Bien des gens verront, sans doute, dans ce simple fait plus qu'une présomption en ma faveur : ils y verront une preuve que jamais je n'ai dû manquer bien gravement en rien d'essentiel, quoique j'eusse — personue ne l'a déploré plu6 amèrement que moi — le grand malheur de déplaire souverainement à mon archevêque.
Ai-je besoin de le dire? Cette hostilité de Mg Taschereau contre ]&Vérité, hostilité connue immédiatement de tout le pays et particulièrement du clergé, a nui singulièrement au succès de mon œuvre l. En effet, j'estime que si mon journal n'a pas fait tout le bien que j'avais en vue et qu'en attendaient, généralement, les esprits les plus dévoués aux enseignements et aux directions du Saint- Siège, il faut en chercher là une des causes principal
L'opposition de M" Taschereau et des abbés qui s'autorisaient de son exemple pour faire la guerre à la Vérité m'a bien aussi causé un tort matériel très réel, plus grand qu'on ne pense généralement, et plus facile à établir que le tort causé à M. Marc Sauvalle par mon journal. Mais c'est là oihiire </' importance tout à fait secondaire. Après 30 ans d'un travail ardu comme journaliste, je n'ai pas, il est vrai, même réussi, tout en élevant ma petite famille
1 — Cette hostilité, plus d'une fois, Sa Grandeur l'a clairement fait connaître, par exemple, au cours des retraites ecclésiastiques, i est-ce un fait notoire que plusieurs membres du clergé de ce diocèse, voulant continuer de lire la Vérité, la faisaient adres un autre nom, ou la tenaient soigneusement cachée lors de la visite de l'archevêque.
XXVI HISTOIRE soMMA IKK
dans la pratique de la plus stricte économie, à acquérir, libre de toute dette, un modeste chez-moi ; et si j'ai pu payer, en partie, la maison que j'habite, c'est grâce, uniquement, à la générosité de quelques amis et à un petit héritage que m'a laissé la proche parente qui, de son vivant, comme je le raconte plus haut, a sauvé les jours de la Vérité dans une circonstance critique. Sur les revenus provenant du journal je n'ai jamais pu mettre un sou de côté.
Mais, encore une fois, c'est là, pour moi, une considération secondaire. Je ne suis pas entré dans la carrière du journalisme pour faire fortune ; et je remercie le bon Dieu d'avoir fait aux miens la grande grâce d'envisager les choses de plus haut et de s'estimer heureux de coopérer à mon œuvre, en y travaillant eux-mêmes et se contentant du pain quotidien.
Notez que je n'entends nullement accuser les intentions de Mgl Taschereau. Dans ce cas, pas plus que dans aucun autre, je n'ai voulu entrer sur ce terrain. J'écris une page d'histoire, et dans un but de légitime défense, je me borne à citer des actes. Malgré plusieurs qualités solides, sa piété, la grande austérité de 6a vie que j'ai pu, avec tout le monde, apprécier chez Mgl Taschereau, sa conduite à mon égard et à l'égard de la presse catholique en général a été pour moi un constant sujet de douloureux étonnement.
Mais quel a été le mobile de cette conduite ? Je ne prétends pas le savoir.
A quelle cause l'attribuer ? Au caractère ? Au tempérament de l'homme ? A certaines préventions purement personnelles? A l'influence de son entourage? — On sait que depuis plus d'un siècle la cathédrale de Québec n'a point de chapitre. — A je ne sais quels sentiments plus ou