XLIV HISTOIRE SOMMAIRE
M. le grand vicaire Thibaudier passe le premier : il demande une bénédiction spéciale pour sa santé. Très Saint-Père, dit-il, vous avez guéri mon évoque, vous pouvez me guérir.
— Ah ! dit le Pape, je ne puis pas faire des miracles, mais je puis vous bénir. Et il le fait avec effusion et des paroles paternelles.
Puis M. le curé Lizotte est présenté par Mgr Grave], et le pape le reçoit non moins affectueusement.
Enfin, c'est mon tour. Je me mets à genoux devant le Saint- Père, et Mgr de Nicolet veut bien lui dire, en termes trop flatteurs, qui je suis et ce que je fais depuis quinze ans : " C'est un journaliste, Très Saint-Père, qui combat la franc-maçonnerie depuis de longues années, qui l'a bien combattue, puisqu'il s'est toujours appuyé sur vos enseignements, et il arrive de Trente où il a pris part au congrès anti-maçonnique."
En entendant parler de franc-maçonnerie et du Congrès, le Saint-Père, un peu affaissé, se redresse tout à coup et s'anime.
— Ah ! dit-il, la franc-maçonnerie ! il faut la combattre toujours, car cette secte est hostile à l'Eglise, qu'elle voudrait détruire; elle veut remplacer la religion deNotre- Seigneur par le naturalisme. Il faut la combattre, il faut la combattre ! J'ai écrit des encycliques contre cette secte : Humanum genus, et une lettre aux évêques d'Italie et au peuple italien. Les avez-vous lues ?
— Très Saint-Père je les sais presque par cœur, tant je les ai lues et relues.
— Bien, très bien. Continuez à combattre la francmaçonnerie. Y a-t-il des francs-maçons au Canada ?
— Il y en a, malheureusement, Très Saint-Père.
— Eh bien, combattez toujours ! C'est surtout la jeunesse qu'il faut empêcher d'entrer dans ces sectes.
En parlant ainsi, le Saint-Père élevait la voix et appuyait sa parole de gestes énergiques ; ses yeux brillaient d'un vif éclat.
Pour le Chef de l'Eglise, on le voit, la lutte contre les sectes maçonniques n'e.-.t pas une affaire de forme. Com-