‹ MelangesChapitre 44 sur 125 · LU HISTOIRE SOMMAIRE · texte numérisé non relu

LU HISTOIRE SOMMAIRE

conseillers ordinaires. Ce n'est pas, certes, que j'eusse oublié les recommandations du Saint-Père. Mais les circonstances me semblaient changées ; j'avais toujours de la difficulté à me procurer les choses nécessaires à la vie ; ma santé s'altérait sen siblement ; et je sentais mon dégoût pour le journalisme s'accentuer et ma vieille tentation revenir à la charge. Bref, je demandai encore une fois si, vu les circonstances, je ne pourrais pas enfin jeter ma plume aux orties. Cette fois, la réponse différa un peu des précédentes. " Voici, me dit-on, qu'un délégué apostolique permanent va nous arriver bientôt. Lorsqu'il aura eu le temps de se mettre au courant de nos affaires et de se renseigner exactement sur l'esprit de votre journal, exposez-lui vos doutes ; et vous ferez ce qu'il vous dira." On ajoutait : " L'œuvre de la Vérité, seul journal franchement catholique et indépendant qui nous reste, étant une œuvre évidemment bonne, excellente et, dans une certaine mesure, au moins, nécessaire, la présomption est que l'idée de la discontinuer vient du diable qu'elle embête, non de Dieu qui parle par le Pape et déclare le bon journal un des besoins urgents du jour. A moins donc d'une impossibilité absolue, de votre part, de continuer, tenez ferme: votre conscience, autrement, ne serait pas tranquille. Prenez patience, en attendant le jugement du Délégué." J'ai suivi ce conseil. A plusieurs reprises, j'ai eu l'honneur d'être reçu par Son Excellence. Sans doute il ne conviendrait pas de révéler ce qui s'est passé entre le représentant du Pape et le modeste petit journaliste auquel Son Excellence daignait s'intéresser. Cependant, je puis dire que le journaliste est chaque fois sorti de ces audiences fortifié et grandement consolé.

Son Excellence poussa la b onté plus loin encore. Lors de la publication de ma conférence sur la Langue fran-

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