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L HISTOIRE SOMMAIRE

province de Québec et celle de l'archevêque de Saint- Boniface, dans la question scolaire manitobaine. Je demandais, avec eux, une "loi remédiatrice " comme l'unique moyen de régler la difficulté.

Vint la lettre de Léon XIII, Affari vos, en date du 8 décembre 1897.

Dans ce document il n'était pas question de la " loi remédiatrice ", ni pour la louer, ni pour la blâmer, ni pour la déclarer l'unique moyen de rendre justice aux catholiques manitobains.

Bien plus, le Pape déclarait formellement :

" Toutefois, comme le but qu'on doit atteindre n'impose pas une ligne de conduite déterminée et exclusive, mais en admet au contraire plusieurs. . .il s'ensuit qu'il peut y avoir eur la marche à suivre une certaine multiplicité d'opinions également bonnes et plausibles."

En même temps, le Saint-Père recommandait aux catholiques manitobains de ne pas " refuser les satisfactions partielles", uen attendant que justice entière leur soit rendue."

N'étant pas de ceux qui pensent qu'il est permis aux Evêques d'être contre le Pape dans la direction à donner concernant les affaires de l'Eglise ; considérant même que le plus sanglant outrage qui se puisse faire à l'autorité épiscopale, c'est de la supposer contraire à l'avis du Pape, sans une preuve positive et absolument certaine \ j'entrai immédiatement, et sans hésitation, dans la voie que traçait l'encyclique Affari vos, laquelle admettait le règlement de la difficulté par entente diplomatique.

1 — Je ne suis donc pas de ceux qui, selon un mot célèbre, ne vont pas ailleurs que chez les Evêques chercher leur mot d'ordre et eur boussole d'orientation.

DE LA " VÉIIITÊ " U

L'attitude que la Vérité crut devoir prendre en cette occasion, pour suivre son programme d'obéissance avant tout aux directions pontificales \ suscita une nouvelle tempête contre mon œuvre. On m'a même affirmé qu'à ce propos un haut personnage avait décrété la disparition de mon journal. Chose certaine, c'est qu'il y eut alors un mouvement très accentué de désabonnements parmi le clergé de certains diocèses ; lequel mouvement, sans mettre l'existauce de la Vérité eu danger, eut pour résultat de diminuer sensiblement mes recettes, déjà assez modestes. A dire vrai, les vides créés à cette époque dans rue* listes d'abounés ne sont pas encore entièrement remplis.

Il eu coûte, parfois, même dans un pays profondément catholique, de se montrer absolument romain en actes aussi bien qu'en paroles.

Une lettre d'un de mes amis ayant porté jusqu'à Rome l'écho de la nouvelle guerre faite à la Vérité, un personnage très en vue dans la Ville Eternelle, qui suit nos affaires de près et connaît bien la pensée intime du Pape, répondit qu'il ne voyait pas ce que la Vérité avait fait pour mériter cette nouvelle disgrâce.

Ces paroles, bien que très consolantes, ne me rarèreut qu'imparfaitement. J'interrogeai de nouveau mes

1 — u Pour réaliser cette union des esprits et cette uniformité dans la conduite, si justement redoutée des adversaires du catholicisme, la première condition à réaliser est de professer les mêmes sentiments... idipsum dicatis omnes... L'union des esprits réclame, avec un parfait accord dans la foi, une parfaite soumission et obéissance des volontés à l'Eglise et au Pontife romain comme à Dieu même." (Encyclique Sapienttœ christianœ, 10 janv. 1890)... " Il faut que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l'autorité des évêque surtout par celle du Siège Apostolique ( imprimitijue tiédis Aposto~ licœ)r (Ibid.)

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