I.XVI X PROPOS DES MÉLANGEA
veau parmi les souscripteurs à vos utiles et intéressants Mélanges, qui sont le résumé fidèle et impartial de l'histoire religieuse, politique et sociale de l'époque actuelle.
" Dans ces temps de coteries politiques, où les journaux de partis confondent et embrouillent à dessein toutes choses, vos Mélanges seront indispensables à quiconque veut connaître le dessous des cartes, et se renseigner sûrement.
" Tous vos écrits, que personne n'a jamais pu réfuter sérieusement, formeront plus tard une mine d'or inépuisable pour l'historien consciencieux.
" Sans vouloir apprécier votre ouvrage au point de vue littéraire, qui n'en est certes pas le côté le moins attrayant, permettez-moi, cher monsieur, de vous dire franchement que vous faites une œuvre vraiment patriotique et méritoire, à laquelle applaudiront, non seulement les amis des lettres, mais aussi tous ceux qui n'ont pas intérêt à cacher la vérité.
" J'espère donc que nos compatriotes comprendront l'importance de cette publication, et se feront un devoir de vous donner tout l'encouragement, pécuniaire et autre, dont vous avez besoin pour mener à bonne fin cette entreprise si ardue.
" Votre bien dévoué,
Ces quelques lettres suffisent, je crois, pour montrer l'importance que l'on attache aux Mélanges.
Il me semble toujours que les auteurs de ces lettres exagèrent le bien que peut faire cette œuvre ; mais, enfin, la règle est là : nul n'est juge compétent dans sa propre cause, ni dans ce qui le touche de trop près. C'est pourquoi je laisse faire mes amis. Après le deuxième volume, voici le troisième qui paraît, grâce encore à leur généreux concours. D'autres suivront-ils ? C'est le secret de Dieu. Pour ce qui me concerne personnellement, je ne puis dire qu'une chose : Non recuso laborem.
A PROPOS DES MÉLANGES I-XVir
Une dernière observation sur l'œuvre des Mélanges.
On a formulé l'objection qu'en reproduisant ces écrits d'autrefois, je pourrais renouveler les discussions du temps passé qu'il importe de laisser dormir.
Je ne sache pas que les deux premiers volumes aient eu cet inconvénient. Ce volume et les volumes qui le suivront peut-être, l'auront-il davantage? Je ne crois pas qu'il faille le craindre. Mon impression est que, dans une lecture faite avec le calme si nécessaire à la réflexion, bien des esprits verront clairement la. lumière, qui ne l'avaient peut-être pas encore aperçue.
D'ailleurs, la vérité historique n'a-t-elle pas ses droits? Et ne devons nous pas en faciliter la recherche à ceux qui viendront après nous, sachant fort bien qu'à l'avenir, comme cela s'est vu dans le passé, des hommes se rencontreront qui s'efforceront de dénaturer l'histoire, de donner aux faits du passé une couleur fausse et trompeuse, afin de faire pénétrer plus sûrement parmi nos descendants leurs dangereuses théories et leurs principes pervers ?
" Envisagée à tous les points de vue," m'écrit encore un ancien professeur d'un de nos collèges : " l'œuvre des Mélanges de la Vérité est, à mes yeux, une œuvre extrêmement importante, une œuvre à la fois éminemment patriotique et religieuse."
J.-P. Tardivel.
Notre-Dame de Québec, décembre 1902.