UN APPUI COMPROMETTANT
22 septembre 1883.
Le Witness, de Montréal, organe du fanatisme protestant, journal qu'on ne peut lire sans une permission spéciale de l'Ordinaire, vient à la rescousse de M. Ouimet et du gouvernement Mousseau.
Dans son numéro du 13 septembre, le rédacteur de cette feuille attaque la Vérité à cause de nos écrits sur l'éducation.
" L'une des raisons, dit-il, pour lesquelles la hiérarchie et ses partisans politiques, les castors, ont condamné
1 — Il n'y a jamais eu, que je sache, la moindre explication au sujet de ces mauvais livres donnés en prix à l'Ecole normale Laval.
ou recueil d'études 163
à mort le gouvernement conservateur de la province de Québec, provient d'une dispute au sujet de l'instruction laïque et de l'instruction religieuse (monastic.) Le gouvernement a favorisé apparemment la laïcisation et dans tous les cas il n'a pas obéi aux ordres des évêques ; c'est pourquoi il doit être décapité. Le gouvernement a adopté les ouvrages d'un nommé Montpetit et l'on dit que l'imposition de ces ouvrages dans les écoles constitue une spéculation. Cependant, ce n'est pas la spéculation qui irrite leurs Grandeurs, mais le fait que le département de l'Instruction publique s'est opposé aux Frères et aux Sœurs. Voilà pourquoi l'honorable Gédéon Ouimet et le gouvernement sont tous deux condamnés."
Et la feuille protestante continue longuement sur ce ton-là. Elle mêle tout : un article de la Vérité avec les résolutions du comité catholique contre l'uniformité des livres ; elle semble tenir les évêques responsables de nos paroles ; elle attaque l'épiscopat et les communautés religieuses d'une manière indigne, les accusant, par voie d'in&inuations, de vénalité. C'est un véritable gâchis. Mais deux choses ressortent clairement de cet écrit, assez embrouillé du reste : c'est qu'en matière d'éducation le surintendant de l'Instruction publique et le gouvernement ont su mériter les sympathies du Witness, tandis que, sur ce terrain-là, ce même journal et la Vérité sont aux antipodes. Cela doit suffire, il nous semble, pour convaincre tout catholique réfléchi que le bureau de M. Ouimet et le gouvernement prétendu conservateur font fausse route. Mériter les sympathies du Witness, dans une question de cette nature, c'est une flétrissure.