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SA PUISSANCE SON UNIVERSALITE

26 janvier 1884.

A nos compatriotes aveugles, qui se moquent de ceux qui signalent sans cesse les dangers de la franc-maçonnerie, nous recommandons la lecture des deux articles suivants. Le premier est emprunté au Journal de Rome, l'un des grands journaux catholiques de la Ville Eternelle. Ce journal dit :

" D'après les journaux maçonniques, le rapport présenté au Grand-Orient de France, par le président du conseil de l'ordre, au convent de 1883, aurait une importance des plus grandes.

" La franc-maçonnerie, nous l'avons déjà dit, commence à se démasquer. Les divulgations faites par le rapport du président de l'ordre jettent une grande lumière sur le rôle que s'attribue la secte, et constate que jamais, peut-être, malgré linéiques divisions insignifiantes, ses a Maires n'ont été plus florissantes.

" Aussi à l'heure actuelle, la franc-maçonnerie traite avec les puissances euro[ non d'égal à égal, mais

de supérieur à inférieur : elle donne des ordres, impose des plans et se fait obéir sans doute ; le document eu question déclare que les rapports avec toutes ces puissances sont excellents, et que les petits nuages qui s'étaient élevés par suite de malentendus avaient disparu.

" Cet aveu doit être retenu : la franc maçonnerie domine les couronnes et tient les rois et les empereurs dans sa main, de même qu'elle tient, hélas ! une grande partie des peuples.

" Qui donc niera encore son existence, sa 'puissance, son action dans la vie politique et sociale du monde !

" Une seule puissance ne courbe pas le front : elle condamne hautement la franc-maçonnerie, ses œuvres et ses doctrines ; c'est que l'Eglise est immuable et les attaques de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Mais les puissances qui se séparent d'elle pour suivre les ordres de la franc-maçonnerie, à quels malheurs irréparables elles s'exposent ! "

Lisez maintenant ce que disait, tout dernièrement encore, le Times, de Londres, en parlant de la récente élévation du prince de Galles à un nouveau grade dans la franc-maçonnerie. Dans son eliscours prononcé à cette occasion, le prince avait parlé de la franc-maçonnerie comme d'une société purement bienfaisante. Le Times, commentant ce discours, dit :

" Si le public croyait réellement que la franc-maçonnerie n'est rien autre chose que ce dont le prince de Galles a parlé — savoir un ordre et une institution de charité et de secours — il s'en occuperait bien moins. Personne ne peut être très curieux de connaître les règlements particuliers d'une société de bienfaisance ou de secours mutuels. La franc-maçonnerie doit être quelque chose de plus, si elle veut conserver le prestige dont elle jouit actuellement. A certaines époques et dans certains pays elle a été beaucoup plus. Sur le continent, elle a quelquefois adopté un programme tout à tait anti-clérical ou a servi de masque à des projets révolutionnaires. Quelle que soit la nature de la franc-maçonnerie, quel que soit l'objet pour lequel elle a été fondée, quels que soient les projets auxquels on le fait servir, il y a un avantage très réel et très tangible qui résulte de son caractère international. Devenir fronc-maçon, c'est devenir membre d'une société qui a

ou recueil d'études 197

des ramifications dans le monde entier. Ses signes et insignes sont les m km es partodt. Les membres des nouvelles loges que M. Broadley vient de fonder à Tunis, à Malte, à l'ombre des pyramides, feront partie de la fraternité maçonnique univer selle. La franc-maçonnerie existe partout. Aux Etats-Unis, dans l'Amérique du Sud, en e et en Afrique on trouve des loges, et ses signes ont cours."

Voilà deux autorités dont la première établit clairement la puissance redoutable de la franc-maçonnerie, et la seconde, l'universalité de cette société si justement condamnée par l'Eglise.

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