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ET LA ERAXC-MAÇONNERIE

7 juin 1884.

Par rapport à la franc-maçonnerie les journaux de la , province de Québec peuveut se classer omme suit : journaux anti-maçonniques, journaux maçonniques, journaux endormeurs.

Les journaux anti-maçonniques sont V Etendard, le Journal des Tr ■ res, le Courrier du Canada, la

Gazette de Joliette, le Courrier de Saint-Hyacinthe, Y I des Cantons de VEst, \aVérité.

Les journaux maçonniques sont la Patrie, la Gazette

de Montréal, le //< raid, Le Star, le Chronicle, et l'on peut

dire aussi Y Electeur, et 1' Union de Saint-Hyacinthe, car

ces deux dernières feuilles ont identifié leur cause avec

celle de la Patrie.

A la tête desjournaux endormeurs se place aujourd'hui la Minerve ; viennent ensuite le Monde, de Montréal, le Canadien et YEoênement, de Québec, le Quotidien, de Lévis, et, nous regrettons de le dire, le Journal deWaterloo, un peu.

L'Encyclique Jïnmanum genus a porté un coup terrible aux feuilles maçonniques ainsi qu'aux journaux endormeurs du Canada comme des autres pays. C'est la condamnation solennelle des erreurs des premières et des faiblesses, de l'aveuglement des derniers.

Au lieu de reconnaître leurs égarements, au lieu d'entrer dans le droit chemin que leur trace Léon XIII, tous ces journalistes orgueilleux se révoltent.

Mais daus notre pays ils n'osent pas s'attaquer à l'Encyclique même— les esprits ne sont pas mûrs pour tant d'audace — ; pour se venger de leur condamnation, ils frappent sur les journaux anti-maçonniques, sur tous ceux qui ont toujours combattu la secte et ses funestes doctrines et qui, aujourd'hui, s'appuient sur la parole du Pape, y puisent leurs inspirations, y trouvent leur programme, leur règle de conduite.

Ce qui est plus scandaleux encore, c'est de voir ces journaux, dans leur guerre insensée contre les catholiques militants, dans leur coupable campagne aujprofit de la secte, avoir le cynisme de s'autoriser d'une phrase qu'ils ont détachée d'un mandement de Mgr Fabre, évêque de Montréal l.

1— Ce mandement de M»r Fabre, publié au mois de mai 1884, réjouit singulièrement la Patrie, de Montréal, dont le propriétairedirecteur était M. H. Beaugrand qui c'était publiquement vanté, quelques années auparavant, d'appartenir à la franc-maçonnerie. Ceux qui voudront écrire l'histoire de cette époque feront bien de consulter l'article que la Patrie consacra à ce mandement dans son numéro du 20 mai 1884.

ou recueil d'études 211

La Minerve surtout, dépassant la Patrie, entasse colonnes sur colonnes pour établir que tous ceux qui combattent la franc-maçonnerie avec courage et énergie, comme Léon XIII veut qu'elle soit combattue, désobéissent à M Fabre ! !

C'est le plus affreux scandale qui se soit jamais produit dans notre pays, croyons-nous.

La Minerve cherche par tous les moyens, par le mensonge même, à déplacer le débat. Dans son numéro du 29 mai elle disait :

" Il ne s'agit pas de discuter si la franc-maçonnerie existe au milieu de nous. C'est un fait admis de tous. Tout le débat roule sur l'assertion du Journal de Romey que nous, catholiques, faisons le scandale du monde entier par le nombre de membres que nous fournissons aux sociétés secrètes."

Or, faut-il le répéter encore une fois ? le Journal de Rome n'a jamais parlé du nombre des catholiques trancsmaçons au Canada. Voici, de nouveau, le passage du journal romain qu'on discute si vivement depuis quelques semaines :

" ESn combien de pays, malgré la défense formelle de l'Eglise, la franc-maçonnerie n'a-t-elle pas séduit jusqu'à des catholiques '( Faut-il rappeler ces tristes compromissions, sinon ces adhésions déclarées, qui, au Portugal, au il, dans l'Amérique du Nord, au Canada surtout, lurageot leja fidèles du Christ, étonnent et scandalisent le reste de l'univ.

Comme on le voit, le Journal de Rome ne parle aucunement du nombrt des francs-maçons. Quant aux scandales que 1"' i Janada a donnés, dans ces derniers temps, nous en avons étiuméré assez, dans la Vérité du 17 mai, pour justifier vingt fois la remarque de notre c >i rornaiu.

De plus, comme le fait si bien observer le Manitoba, le Journal de Borne parle du Canada qui comprend autre chose que la province de Québec.

Pour prouver qu'il n'y a qu'un nombre infiniment petit de catholiques francs-maçons au Canada, la Minerve, numéro du 28 mai, cite le témoignage de la Gazette, de Montréal, qui " a pour principal rédacteur, dit-elle, un franc-maçon bien connu, qui a même été grand-maître, M. Thomas White." Dans son numéro du 30 mai, la Minerve s'appuie sur la Patrie pour prouver que ceux qui combattent la franc-maçonnerie comm ettent de "coupables exagérations." " La Patrie, dit la Minerve, doit être assez renseignée à cet égard puisque son directeur porte le tablier et peut parler avec connaissance de cause." Invoquer le témoignage de francs-maçons avérés pour prouver que la franc-maçonnerie ne fait aucun ravage alarmant dans la province de Québec, c'est se moquer du public. Car tout le monde sait que la secte cherche à se cacher, à se tenir dans l'ombre, surtout dans les pays catholiques. Les dires des maçons, qui ont tout intérêt à masquer le jeu des loges, particulièrement eu ce moment, ne vaut donc absolument rien.

Du reste, à ces témoignages maçonniques on peut opposer des témoignages également maçonniques qui disent tout le contraire.

D'abord, les annuaires, les rapports des différentes sociétés secrètes du Canada qui parlent tous des progrès de la secte.

Ensuite la Chaîne d' Union, de Paris, qui se réjouit de la tournure que prennent nos affaires.

Le Napanee Standard, du 16 juin 1883, qui constate que les préjugés contre la franc-maçonnerie tendent à disparaître parmi les Canadiens-français instruits.

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Enfin, ce témoignage direct du Herald, de Montréal, qui a déclaré, numéro du 19 janvier dernier, que "Beaucoup de Canadiens-français — Many French Canadians — appartiennent maintenant aux loges maçonniques et que beaucoup d'autres voudraient en faire partie si cela plaisait à l'Eglise." l

Ce dernier témoignage est d'autant plus croyable que c'est un cri du cœur, échappé dans un moment d'expansion, à une époque où la presse maçonnique croyait, dans sa folie, que Léon XIII allait réhabiliter, en quelque sorte, la franc-maçonnerie anglaise et américaine.

La Minerve n'a jamais rien dit contre le Herald pour avoir fait cette déclaration compromettante ; elle ne l'a

] — 11 y avait aussi le témoignage des Pères du IVe concile de Québec. Le décret XI de ce concile, tenu en 186S, se lit comme suit :

" Valde autem dolendum est quod mdlti psecdo catholici. diversis sub praetextibus, taies societates (sécrétas) ineant. Tali tantoqcb malo volentes providere, quantum in nobis est, declaramus prohibitas, etc."

C'est-à-dire que les Pères du quatrième concile de Québec déclarent que c'est un sujet de vive douleur de voir un grand nombre — mit m — de prétendus catholiques entrer dans les sociétés secrètes, sous divers prétextes ; et voulant, autant que possible, porter un remède à ce mal si grand, ils condamnent de nouveau ces sociétés.

Ce décret était de nature à beaucoup embarrasser les endormeurs ; car multi veut dire un grand nombre, rien de moins. Or le Journal de Rome, V Etendard et ï&Vérité n'avaient jamais employé, en parlant des ravages de la franc-maçonnerie parmi les catholiques canadiens, une expression aussi forte. Que faire ? La sagesse païenne de la déesse Minerve trouva une solution facile de la difficulté. Elle admit que le décret était vrai en 1868, mais elle ndit que le mal signalé alors avait toujours été en diminuant depuil et qu'il était, en 1884, réduit à sa plus simple expression ! t- dire que la Minerve, de sa propre autorité, déclarait nul et non avenu le décret d'un concile !

pas accusé de "calomnier" nos compatriotes ; elle réserve toute sa colère pour le Journal de Rome et les feuilles catholiques du Canada.

Ce qui ferait croire qu'elle est animée par la jalousie et la haine contre les journalistes anti-maçonniques, plutôt que par l'amour de la patrie.

Aveu précieux que nous trouvons dans la Minerve du 19 mai :

" Si nous sommes bien renseigné, on a constaté qu'il y a trois cents catholiques francs-maçons (dans la province de Québec) sur une population catholique totale de 1,170, 718."

La Minerve est d'avis que ce n'est rien. Nous trouvons que c'est beaucoup, si l'on tient compte du mal incalculable qu'un seul franc-maçon, tant soit peu haut placé, peut faire au milieu d'une population catholique.

Trois cents loups déguisés au milieu de nous, quand un seul peut dévaster tout un troupeau ! Mais c'est alarmant au suprême degré !

Voyez la Patrie ! Quels ravages fait ce seul organe des loges !

Et la Minerve nous assure qu'il y a dans notre province trois cents êtres aussi dangereux que le franc-maçon Beaugrand !

Et elle veut nous endormir ! Mais Jean d'Erbrée n'a parlé que de cinq cents catholiques francs-mçons dans notre province ; et cependant la Minerve a dénoncé son livre comme une affreuse calomnie !

Du reste, ainsi que le fait très bien remarquer le Journal des Trois-Rivières, si l'on a constaté l'existence de trois cents catholiques francs-maçons dans notre province,

OU RECUEIL D'ÊTUDSS 215

n'est-il pas raisonnable de croire qu'un nombre beaucoup plus considérable d'adeptes des sociétés secrètes ont réussi À se soustraire aux recherches et à rester cachés ?

21 juin 1884.

Le Journal de Waterloo est mécontent de nous parce que nous l'avons rangé, un pe>i, parmi les journaux endormeurs. L'article qu'il nous consacre à ce sujet nous confirme davantage dans notre manière de voir et nous fait regretter le mot un peu, car nous constatons avec peine que notre confrère est aussi endormi, sinon aussi endormeur, que la Minerve, le Monde, le Canadien, etc. En effet, il dit, dans son numéro du 11 juin :

" Nous avons déjà fait connaître, avant aujourd'hui, l'opinion que nous avons de la franc-maçonnerie, nous savons que c'est une société puissante et dangereuse et qui n'obéit qu'à l'esprit du mal. Nous savons que c'est elle qui a renversé les trônes en Europe, qui a créé les révolutions, et dont le but principal est le renversement de l'Eglise catholique.

** Mais alors pourquoi, va nous demander la Vérité, pourquoi ne combattez-vous pas une associatiou aussi dangereuse ?

M C'est que, quoi qu'eu dise la Gazette, de Joliette, nous avons lu attentivement l'admirable encyclique Humanum genus de notre Très Saint- Père le pape Léon XIII, et que nous y avons trouvé que c'est aux Evêques seulement que s'adresse le Chef de l'Eglise, quand il indique les moyens de combattre la franc-maçonnerie. Ce n'est pas aux journalistes qu'est confiée la mission de défendre l'Eglise catholique contre les sociétés secrètes ; c'est aux évêques seulement, à eux et à leur clergé. Nous attendons donc les ordres de notre évêque, et quand il jugera à propos que nous parlions, il trouvera en nous un

instrument, bien humble à la vérité, mais docile et dévoué. En attendant, nous croyons que, dans diverses parties de la province de Québec, sinon dans la province tout entière, il vaut autant garder le silence. Quoi qu'on dise, notre position n'est pas la même que celle de certains pays d'Europe, et nous croyons qu'on a tort, ici, de vouloir marcher sur les traces des grands polémistes catholiques de France ou d'Italie, parce que ces écrivains ont à combattre des ennemis autrement redoutables que ceux qu'on rencontre au Canada."

La citation est longue, mais on la trouvera instructive.

Notre confrère a certainement mal lu l'encyclique, autrement il aurait vu ce qui suit : " Toutefois, une cause si belle (la défense de l'Eglise) et d'une si haute importance appelle encore à son secours le dévouement intelligent des laïques qui unissent les bonnes mœurs et l'instruction à l'amour de la religion et de la patrie. " Sans vouloir flatter notre confrère, nous croyons qu'il peut considérer ces paroles comme adressées à lui-même aussi bien qu'aux autres journalistes catholiques du monde entier. C'est une invitation qui équivaut à un ordre. Du reste, ce n'est pas la première fois que Léon XIII insiste sur la coopération de la presse catholique. Et notre confrère n'a pas le droit de supposer que son évêque désire autre chose que ce que commande le pape.

Pour ce qui est de la distinction à faire entre les dangers qui menacent l'Europe et ceux qui nous menacent, notre confrère l'a très bien caractérisée, sans le vouloir : les premiers sont autrement redoutables que les seconds ; ils ne sont pas autrement plus redoutables, selon la pensée évidente de notre contradicteur. Ils sont autrement redoutables, c'est-à-dire qu'ils se manifestent d'une autre façon, voilà tout. Là-bas les ennemis de l'Eglise sont plus bruyants, plus violents, plus déclarés, plus

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visibles, par conséquent. Ici, ils sont cachés, ils travaillent dans l'ombre, ils minent sourdement l'Eglise et la société. Mais c'est le même ennemi ici et là-bas, ici et là-bas c'est le même danger. Nous avons donc, comme les polémistes catholiques d'Europe, le devoir impérieux de combattre et de combattre vigoureusement. Si le mal a fait moins de progrès ici qu'en France et en Italie, c'est une raison de plus de lutter, car il est plus facile de combattre une maladie qui commence qu'une maladie chronique et enracinée.

28 juin 1884.

Nous aimons à citer notre confrère du Journal de Waterloo dans son nouveau rôle d'endormeur. Il y met une ardeur qui l'emporte loin. Lisez plutôt cet entrefilet que nous trouvons dans son dernier numéro :

" ISAdvertiser de la semaine dernière publie l'entrefilet suivant :

" Un pieux ennemi de la franc-maçonnerie, le docteur " Laflèche, de Trois-Rivières, ayant écrit à l'Archevêque 11 de Québec pour connaître le nombre des francs-maçons " canadiens-français dans son diocèse, l'Archevêque a " répondu poliment : Comme les Francs-Maçons ne " publient pas leurs noms dans les journaux ni nes'inscri- " vent à l'archevêché, je ne puis donner l'information " demandée."

" Celui que notre voisin appelle le docteur Laflèche, et qu'il qualifie de pieux ennemi de la franc-maçonnerie, est Mgr Latlèche, l'illustre et saint évêque des Trois-Rivières, estimé et respecté de tous ceux qui le connaissent, qu'ils soient protestants ou catholiques ; et nous doutons fort que les abonnés de Y Advertiser goûtent la manière pas mal cavalière avec laquelle leur journal traite ce prélat.

" Quant à la lettre en question, elle a été écrite en février 1883, c'est-à-dire longtemps avant l'enquête faite dans la province de Québec par le clergé, à la demande du Saint-Siège. Il est certain qu'aujourd'hui l'Archevêque de Québec pourrait dire combien il y a, dans son diocèse, de francs-maçons qui ont appartenu à la religion catholique. "

D'abord, la mercuriale de notre confrère à l'adresse de Advertiser porte entièrement à faux, attendu qu'il s'agit réellement du Dr F.-R. Laflèche, de Saint- Wenceslas, et nullement de Mgr l'évêque des Trois-Rivières.

D'ailleurs, la lettre de Mgr l'archevêque de Québec au D1 Laflèche porte la date du 9 mars 1883. Elle n'est donc vieille que de 15 mois environ. Par conséquent, elle ne peut pas avoir été écrite si longtemps avant la prétendue enquête qui a établi, avec une précision mathématique, d'après le Journal de Waterloo, le nombre des francsmaçons catholiques dans la province de Québec.

Du reste, nous voudrions avoir quelques détails sur cette enquête dont parlent tant certaines feuilles. Jamais on ne nous a fait connaître officiellement le résultat de cette enquête, si réellement elle a eu lieu. Accepter de confiance ce que les journaux endormeurs en disent, ce serait se montrer extrêmement crédule, pour ne pas dire naïf.

Où sont vos preuves, confrère, que cette enquête a réellement eu lieu ? et faites-nous-en connaître le résultat officiel.1

1 — Le public canadien [n'a jamais eu de nouvelle officielle de cette enquête, si tant est qu'il y en a eu une.

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5 juillet 1884.

Deux mots en réponse à notre confrère du Journal de Waterloo :

Dans son encyclique contre la franc-maçonnerie, Léon XIII s'adresse directement aux évêques, sans doute ; mais peut-on raisonnablement prétendre que le Pape, dans cet admirable document, ne parle que pour les évêques ? Il nous semble qu'une telle opinion ne saurait se soutenir. De ce que le Saint-Père ordonne aux évêques d'associer les laïques à la lutte contre la franc-maçonnerie, il ne s' ensuit nullement que les journalistes soient obligés d'attendre, pour se mettre en campagne, une invitation spéciale de la part des évêques. Dans une armée bien disciplinée, quand un soldat suit les ordres du général en chef il ne saurait être en désaccord avec les officiers subalternes.

Le Journal dit ensuite qu'il a cru " que dans le milieu où il est publié, il n'était pas opportun de faire beaucoup de bruit à propos de l'encyclique sur la franc-maçonnerie." Pourquoi ? Est-ce parce que le Journal de Waterloo est publié dans un coin de la province où l'influence maçonnique est le plus à redouter, où les sociétés secrètes pullulent, ou les sectaires font une propagande active parmi les catholiques ?

Vraiment, nous ne comprenons pas du tout notre confrère î

Nous lisons dans le Journal de Waterloo du 10 juillet :

"Pour essayer de prouver qu'il n'est pas nécessaire, pour les journalistes, d'attendre que les évêques aient parlé pour entreprendre la lutte contre la franc-maçon-

nerie dans la province de Québec, la Vérité dit : " Dans une armée bien disciplinée, quand un soldat suit les ordres du général en chef il ne saurait être en désaccord avec les officiers subalternes."

" Est-ce bien cela, confrère ? Supposons que ce général en chef, dans un ordre du jour, enjoigne à tous les généraux de divisions, colonels et capitaines, si vous voulez, de son armée, de prendre les moyens de purger le pays des maraudeurs qui l'infestent. Approveriez-vous les soldats qui, aussitôt le désir du général connu, partiraient d'eux-mêmes et se mettraient à battre la campagne sans attendre les ordres des officiers subalternes? et sans savoir non plus s'il y a des maraudeurs devant eux ? Il nous semble qu'une telle conduite donnerait une pauvre idée de la discipline de cette armée, dont les soldats ne prenant conseil que d'eux-mêmes, s'exposeraient à tomber, l'un après l'autre, dans quelque guet-apens."

Notre confrère est entièrement à côté de la question, qu'il nous permette de le lui dire franchement. Sa comparaison n'a pas d'application dans l'espèce. Il ne s'agit pas de dénicher quelques maraudeurs, mais délivrer une bataille rangée à toute une armée.

Le général en chef dit que l'ennemi est là, devant nous, et il veut que tous l'attaquent, chacun avec l'arme qu'il a reçue.

Que faudrait-il penser du soldat qui, au lieu de faire feu, se demanderait si par hasard le général en chef ne se serait pas trompé, qui refuserait de voir des ennemis dans les bataillons massés devant lui, et qui, s'appuyant nonchalamment sur sa carabine, dirait : " Je ne tire pas, j'attends que le colonel passe " ?

Du reste, nos évêques ont parlé. Réunis en concile, ils ont déjà signalé le danger qui nous menace, déclarant que beaucoup de soi-disant catholiques se laiseent séduire.

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Tout récemment encore, il y a deux ans à peine, l'Ordinaire de notre contradicteur a porté à Rome même l'information officielle que les francs-maçons font une *' propagande active " — ce sont ses propres expressions — parmi les catholiques de son diocèse !

Et le rédacteur du Journal de Waterloo se demande tranquillement s'il y a des maraudeurs devaut lui !

Si notre confrère disait qu'il est tellement entouré de maraudeurs qu'il n'ose faire feu et qu'il croit devoir se cacher dans les broussailles pour le moment, afin de ne point " tomber dans quelque guet-apens," nous le comprendrions, sans l'approuver. Mais qu'il n'aille pas rejeter la responsabilité de son inaction sur ses officiers ; et surtout qu'il laisse faire ses compagnons d'armes qui voient les maraudeurs et qui veulent tirer sur eux.

Notre excellent confrère du Journal de Waterloo nous pose ensuite un cas qu'il veut convertir en piège. C'est ainsi que procédaient autrefois les pharisiens, soit dit sans vouloir blesser notre confrère. Mais vraiment son procédé est singulier. Il y a, dit-il, dans le comté de Sheflbrd, une Alliance de Tempérance dont la plupart des membres sont francs-maçons. Les catholiques doivent-ils se joindre à ce mouvement en faveur de la tempérance ? Xotre évoque ne s'est pas encore prononcé sur cette question, dit notre perfide confrère, mais du moment que la Vérité aura donné son avis ce devra être suffisant." Là ! Si nous disions que les catholiques -e mêler aux francs-ma<;ons pour favoriser la cause de la tempérance, notre confrère nous accuserait d en contradiction avec l'encyclique //" >>anum geims ; si

nous disions qu'ils ne doivent pas le faire, il nous accuserait de vouloir régenter son évêque !

Eh bien ! cher ami, nous ne vous prêterons pas le flanc ni d'une façon ni de l'autre. Nous vous dirons tout simplement : consultez votre Ordinaire, et si vous n'êtes point satisfait de sa décision, adressez-vous à un tribunal supérieur.

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