M. VERMOND ET NOS BLEUS
11 août 1883.
Majesté, Adélard, premier du nom \ est de retour au Canada. Le grand homme est revenu avec un député français, un M. Vermond. Bien entendu, c'est un radical, un anti-clérical, un mangeur de prêtres et particulièrement de jésuites. M Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es."
Les conservateurs de l'école de la Minerve, les ministériels, les admirateurs du régime Sénécal-Mousseau-Dansereau & Cie, fréquentent les libéraux les plus avancés de France, ils flattent la République et les républicains pour obtenir quelques misérables bouts de ruban.
Pour revenir à ce monsieur Vermond, que le nouveau commandeur de la Légion d'honneur (M. Sénécal) nous amène : non seulement c'est un mangeur de chrétiens, c'est de plus un rude imbécile.
L'autre jour, il s'est laissé aborder par un reporter du Star. Le pauvre homme en a dit de belles ! Il s'est déclaré tout surpris de ne pas trouver de sauvages dans nos rues !
La naïveté de M. Vermond est invraisemblable. Un Canadien d'intelligence ordinaire, qui, voyageant en pays étranger, s'apercevrait qu'il s'était formé une idée ; sublimement ridicule en fait d'histoire ou d'ethnographie, n'irait pas s'en vanter au premier journaliste venu. Il aurait le génie de se taire.
I — M. Adélard Sénéoal, à cette époque le maître en quelque sorte du parti soi-disant conservateur.
M. Vermont veut, évidemment, que ses compatriotes conservent la réputation qu'ils se sont acquise par le fait de voyageurs de son espèce qui prennent plaisir à étaler aux regards étonnés des Américains leur colossale ignorance de la géographie de notre continent.
Heureusement M. Vermond ne représente que les radicaux du département de Seine-et-Oise et nullement la vraie France.
Du reste, que M. Vermond se console de ne pas avoir rencontré de sauvages dans nos rues. Si ses idées et celles de ses amis canadiens viennent à prévaloir dans notre province, il pourra revenir nous voir au bout de vingt ans et certainement il trouvera alors parmi nous de véritables sauvages, comme il peut en contempler à la chambre française et au conseil municipal de Paris.
22 septembre 1883.
On se rappelle encore le tapage que quelques journaux, soi-disant conservateurs, ont fait autour d'un certain M. Vermond, député radical du département de Seine-et- Oise à la chambre française. C'était une importation de M. Sénécal, et nos aimables cliquards ont fêté et complimenté ce " grand capitaliste " français qui daignait s'occuper de notre pays.
Voici ce que nous lisons, à la page 411, du troisième volume des Sociétés secrètes du P. Deschamps, ouvrage édité par M. Claudio Jannet que M. Chapleau aime à citer. . .des fois. Dans la liste des hommes politiques français affiliés aux loges, on trouve l'indication suivante : " F.'. Vermond, député de Seine-et-Oise. Figure comme maçon à \&fête solsticiale de la L.\ les amis de l'Humanité, Or.-, de Meulan, le 21 mars 1882."
ou recueil d'études 251
Ce sont donc des capitaux maçonniques qu'on veut introduire dans notre pays. Voilà pourquoi " la politique française " de ces messieurs ne nous enthousiasme pas, loin de là.