Ibidem, VII
4. Voir Du Bouchet, Véritable origine de la maison de France (Paris, 1646, in-f»), Preuves, p. 251.
5. Robert, l’un des fils du comte Eudes, ayant été, encore jeune, tué dans un combat contre les Normands, son neveu, Alleaume, lui succéda aussitôt comme comte de Troyes. (Voir Abbon, De bello Parisiacae urbis, livre Ier, vers 438-460.)
6. La parenté de Robert le Fort avec la famille des Alleaume est prouvée par ce passage des Annales de Metz : « Anno DCCCXCII, mense julio, Walt- « garius cornes, nepos Odonis regis, filins scilicet avunculi ejus Adalhelmi, « adverses eumdem regem arma levavit. » (D. Bouquet, Vlll, 73.)
7. Vers l'année 930, le duc de France, Hugues, petit-fils de Robert le Fort, donnait à l’abbaye de Saint-Martin de Tours l'aleu de Lachi, sis au comté de Meaux. La charte de donation apprend que Lachi, du temps de Charlemagne, appartenait au comte de Troyes, Aleran, et que ce domaine, à la mort d’Aleran, était entré par voie d’héritage dans la maison des ducs de France, veluli
à admettre qu’Eudes et Robert étaient eux-mêmes proches parents.
Cette conclusion qui me paraît très probable se trouve confirmée par une autre considération. On sait qu’à l’époque carolingienne il était d’un usage constant, chez l’aristocratie franque, de perpétuer les mêmes noms dans une même famille. Le fils s’appelait comme le père; s’il y avait deux ou plusieurs enfants, ceux-ci prenaient les noms des parents les plus proches. Cet usage se révèle par une multitude d’exemples, et sa connaissance rend les plus grands services dans l’étude généalogique des familles franques aux ix° et x° siècles. — Robert le Fort eut deux fils, Eudes et Robert : le comte Eudes, eut également deux fils auxquels il donna les noms d’Eudes et de Robert. — Par suite, on peut établir le tableau suivant :
Eudes — Robert
Eudes — Robert Eudes — Robert
11 y a donc lieu de croire que Robert le Fort et le comte Eudes étaient très proches parents, je dirai même que tout tend à prouver qu’ils étaient frères.
Le comté principal de Robert le Fort, le comté où lui et ses deux fils possédaient le plus d’aleux héréditaires, était le comté de Blois 1 . Quant à Eudes, la première charge qu’on lui voit remplir est celle de comte de Châteaudun 2. Or il est certain que, dès la première moitié du ixe siècle, l’usage, sinon la loi, permettait au fils d'un comte d’hériter
heres ipsius Aledrammi in eo existens idoneus, dit Hugues. (Bibliothèque Nationale, collection Baluze, t. 76, f° 321.) Or, quand Aleran mourut en 852, c’était Robert le Fort qui représentait la maison des ducs de France. Robert eut donc part à l’héritage d’ Aleran. — On sait d’un autre côté qu’à la même époque le comte Eudes recueillit d’Aleran la succession du comté de Troyes. (Voir d’Arbois de Jubainville, Histoire des comtes de Champagne , t. I, p. 440.)
1. Voir A. de Barthélemy, Origines de la maison de France, déjà cité.
2. Eudes apparaît comme comte de Châteaudun dans une charte du mois de
mai 846, dont plusieurs copies sont conservées à la Bibliothèque nationale (ms. latin 13898, f° 58; Mélanges Colbert, tome 46, f° 108 ; Collection D. Mousseau, 1. 1, 55 et 255).
R. MERLET
du comté de son père. Aussi, lorsqu’on veut connaître la filiation d’un comte carolingien, est-il à propos d’examiner d’abord si le prédécesseur de ce comte ne serait pas en même temps son père. En appliquant cette règle à Eudes et à Robert, on arrive à un résultat qui me paraît concluant : on voit, en effet, qu'ils eurent, l’un à Châteaudun, l’autre à Blois, un seul et même prédécesseur, c’est-à-dire qu’avant eux les pays de Blois et de Châteaudun ne formaient qu’un seul comté, administré parle comte Guillaume l.
Ce comte de Blois, Guillaume, avait été tué en 834 dans un combat contre les ennemis de l’empereur Louis le Pieux. A sa mort, le comté qu’il avait gouverné fut, nous venons de le voir, scindé en deux autres comtés. Cette scission ne pouvait avoir sa raison d’être que faite en faveur des deux fils du défunt.
Des considérations précédentes il résulte, à mon avis, que Robert et Eudes étaient frères et avaient pour père le comte de Blois, Guillaume ’.
J’ai montré plus haut que Robert le Fort était franc d’origine et en outre qu’il était issu de la contrée voisine du Rhin. Or on ne peut nier l’origine franque de son père Guillaume, qu'un contemporain appelle Francigenum priants. De plus, comme je l’ai déjà dit, Guillaume ainsi que la plupart des comtes, «pii commandaient en Gaule au commencement du ixc siècle, devait être originaire de la région austrasienne voisine du Rhin, berceau de la famille alors régnante 3.
!. En 832, alors que Guillaume était comte de Blois, les pays de Châteaudun et de Blois étaient réunis en un seul comté, comme le prouve un diplôme de l’empereur Louis le Pieux du 19 novembre 832 (D. Bouquet, VI, 583).
2. Une autre considération confirme ce fait. L’histoire apprend que Guillaume, comte de Blois, eut un frère, Eudes, comte d’Orléans. Cet Eudes eut lui-même un fils auquel, suivant les usages du temps, il donna le nom de son frère Guillaume fcf. Ann. Bert. ad ann. 866; D. Bouquet, Vil, 94>. Réciproquement, Guillaume de Blois aurait donné à l’un de ses deux fils le nom d’Eudes.
3. Une branche de la famille de Guillaume habitait encore la région des bords du Rhin à la fin du ixe siècle. Réginon raconte qu'en 892 fut assassiné un petit-neveu de Robert le Fort, le comte Maingaud, qui résidait auprès de Trêves (Réginon; Perlz, I, 604-605).
Quant aux autres ancêtres de Robert le Fort, leurs noms ne sont point parvenus jusqu’à nous. Peut-être découvrirat-on quelque jour leur trace dans l’histoire. Mais il est certain dès aujourd’hui qu’entre les familles franques la leur était des plus anciennes et des plus nobles. Un poète contemporain de Guillaume de Blois a écrit, que, si ce comte était grand, c’était avant tout par l’illustration de ses aïeux '.
« Francigenum primo, proavis abavisque peralto Guillelmo »
1. Voir Duemmlcr, Poelac lalini aevi carolini, clans les Monumenln Germaniae historien (in-4u), t. I, p. 620-622.
LES BULLES D’Oll
DE
SAINT-MARTIN DETOURS1 2 3