‹ Mélanges Julien HavetChapitre 108 sur 567 · L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES d’0R · texte numérisé non relu

L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES d’0R

bulles de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve. Son principal argument est basé sur le silence gardé à leur sujet par les érudits qui ont travaillé, au siècle dernier, dans les archives de la collégiale.

Les bulles d’or, qui font le sujet de cette note, sont les plus connues parmi les pièces carolingiennes de cette nature. Elles paraissent donc mériter une étude spéciale qui permettra peut-être de fixer ce point de diplomatique.

11 ne faut pas d’abord s'étonner si les originaux ne se retrouvent plus aux Archives du département d’Indre-et- Loire. Les nombreux actes carolingiens qui existaient dans les abbayes de Touraine avant la Révolution ont presque tous disparu dans l'hécatombe de 1793 L

Est-il vrai, par ailleurs, que tous les érudits aient gardé le silence au sujet des bulles d’or de Saint-Martin? Nullement, plusieurs témoignages viennent, au contraire, se joindre à celui de Mabillon.

Le plus ancien se trouve dans un acte de François Ier 2. Des privilèges de Louis le Débonnaire et d'Otton III furent présentés à ce prince par les chanoines de Saint-Martin pour en obtenir la confirmation. Ces actes « estoient seellez lors de seaux d'orpendans à iceulx ». En examinant ces diplômes, les sceaux furent « détachez des cordes où ils estoient pendans », et le roi ordonna que, nonobstant ce fait, foi soit ajoutée à ces privilèges, comme s’ils étaient scellés.

A la lin du xviT siècle, un érudit tourangeau, Pierre Carreau. sieur de la Perrée, mort en 1708, travaillait à une Histoire de la Touraine restée manuscrite; il a eu aussi connaissance des bulles d’or de Saint-Martin, du moins de celles de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve, et leur a

1. Cf. la brochure de mon père intitulée Notice historique sur les archives du département d’ Indre-et-Loire (1855, in-8°), p. 7, ou bien, Inventaire- sommaire des archives départementales d’Indre-et-Loire, 1. 1, Introduction, p. 6. Parmi les titres brûlés en 1793, l’archiviste A. Rougeot, gui a présidé à l’opération, mentionne : « Une liasse de chartes en latin, qui sont les privilèges accordés par Charlemagne. Autre, des privilèges accordés par Charles le Chauve. Autre, des privilèges accordés par les rois Louis, Charles et Philippe des ix°, Xe, xie et xuc siècles. »

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