L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES D’OR
permet d’élever quelque doute contre elles et aucun diplomatiste ne les a attaquées.
On remarquera que dans tous les actes cités ci-dessus le sceau est annoncé par le mot bulla '. Il semble, en effet, quoi qu’on en ait dit1 2, que ce terme a bien, au moins en France, au commencement de l’époque carolingienne, un sens particulier : il désigne un sceau pendant en métal, tandis que le sceau plaqué en cire est appelé anulus.
Cette opinion se trouve confirmée par ce fait : toutes les pièces des archives de Saint-Martin, antérieures au ixc siècle, où le mot huila est employé, ne paraissent pas avoir subsisté en original à l’époque où les diplomatistes ont visité ces archives; une seule fait exception, mais un témoignage formel nous apprend que le bas de la pièce était déchiré 3. On s’explique facilement alors pourquoi nous ne savons rien des bulles qui vraisemblablement s’y trouvaient à l’origine. Une rapide revue de ces actes permettra de constater ce qui vient d’être avancé.
A. — Tours , 18 des calendes d’octobre , dix-neuvième 4 année du règne de Louis le Débonnaire 5. — Ce prince fait rentrer le monastère de Saint-Martin en possession de biens indûment aliénés. Annonce du sceau : « et more noslro signaculo bullæ nostræ adsignari jussimus ». Baluze a vu l’original de cette pièce 6; mais il n’était plus alors intact, le bas de la pièce avait été déchiré. Aussi le texte que cet érudit donne pour la fin de l’acte est-il emprunté aux Pancartes, comme il a pris soin de l’indiquer par une note.
1. Sauf pour le premier ; mais on a vu que l’existence d’une bulle d’or à cette pièce est très problématique.
2. Sickel, t. 1, p. 199; il rapporte notamment un exemple de l’empereur allemand Louis II (note 7), mais aucun des carolingiens français.