L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES D’OR
mée angon, qui étoit l’ancienne arme dont se serment autrefois les François pour combattre leurs ennemis L
Quoyque ces bulles d’orne soient plus attachées aux originaux des titres qu’avec des épingles, il paroist neantmoins aux lacz de soye rouge et verte qui son! encore pendans aux titres qu’elles ont été coupées ce qui paroist aussy au corps du titre auquel il est fait foy qu'il avoit été seelé d’une bulle, de huila nostra insigniri fecimus.
11 y a encore d’autres titres dans la même Pancarte dont les originaux paroissent avoir été seellez en bulles d’or; j’en remarque particulièrement quatre, et quatre autres que rapporte M. Ducange en son Glossaire des motz latins.
Le premier est le titre septième de la même Pancarte 2 portant le rétablissement de quelques domaines faitz à l’église de Saint-Martin par l’empereur Louis le Débonaire. Ce titre est donné à Tours le 4 novembre l’an 832, la dix-neuvième année de son Empire.
Ce fut à peu prez en ce tems-là que l’Empereur Théodose, lils de Michel dit Rancabe 3 4 5, empereur d'Orient, commença de se servir de bulles d’or polir sceller les actes d’importance, ce <pii a donné sujet à M. Ducan 2ge 1 de former la question si les Empereurs d’Occident ont appris cette coutume des Empereurs d’Orient ou si les Empereurs d’Orient l’avoient appris des Empereurs d’Occident, quoy qu'il ne décide pas absolument cette question et qu’il la laisse indécise, il paroist par les termes (pic la bulle que je viens dé rapporter que Louis le Débonnaire avoit accoutumé de s’en servir pour seeller les actes d’importance puisqu’il dit dans ce titre que je viens de rapporter : Et de more nostro signaculo hullæ nostræ insigniri fecimus, de sorte que l’Empereur Louis le Débonnaire étant parvenu à l'Empire des François en l’année 813 et l'Empereur Théodose s seulement en l’année 829, n’étant point fait mention de ces bulles d'or dans l’histoire grecque auparavant l'Empire de
1. Ici se place une dissertation sur l’angon et l’origine des fleurs de lys que Chalmel a conservée également presque sans modification, p. 421-423.
2. C’est le titre XX de la restitution de Mabille; il en est question dans l’article ci-dessus (pièce A). La date est 14 novembre 832.