‹ Mélanges Julien HavetChapitre 121 sur 567 · L. DE GRANDM AISON . — LES BULLES D’OR · texte numérisé non relu

L. DE GRANDM AISON . — LES BULLES D’OR

Note sur Venir eveuë de Clovis avec Alaric à Amboise, de la monnoye d'or fabriquée à cette occasion, de l’ambassade qui fut envoyée à Clovis par l’empereur Anastase en 507, de la réception des ambassadeurs dans l'église de Saint-Martin de Tours, des différentes couronnes des Roys de France et des anciennes armes des François L

Cette notte contient l’explication des plus beaux monumens de notre province par rapport à l'histoire générale de France. Le premier monument contient la représentation de la monnoye d’or fabriquée à l’honeur de Clovis, notre premier Roy chrestien, aprez son entreveuë avec Alaric, Roy des G-otz à Amboise. Le second et le troisième contiennent les figures

1. La dissertation, dont un fragment est publié ici, d’après une copie conservée à la Bibliothèque nationale dans la collection dom Ilousseau, t. XIX, fol. 184, est de P. Carreau ; elle a été imprimée par Chalmel sous son propre nom, à la suite de ses Tablettes chronologiques de l’Histoire... de Touraine (Tours, 1818, in-8°). Un manuscrit donné à la bibliothèque de Tours par M. P. Nobilleau, et qui est un de ceux trouvés chez Chalmel à sa mort (ms. n° 1218), contient (fol. 501) le commencement de l’article de Carreau. Le plagiaire s’est contenté de morceller cette note et d’y ajouter quelques phrases. Ce que Carreau appelle le premier monument a été divisé par lui en trois parties dont il a placé l’une (Housseau, fol. 184 r°) dans sa première dissertation sur les monnaies connues sous le nom de tournois (du bas de la page 350, au milieu de la p. 352) empruntant le reste de cette dissertation à une autre note du même auteur (Housseau, t. XIX, fol. 194) ; la seconde (fol. 184 v°) forme la quatrième dissertation de Chalmel, sur une monnaie d’or de Clovis (p. 366 et suiv.) et la troisième (fol. 84 v° au bas, au fol. 85 au bas) est devenue la cinquième dissertation sur le prétendu consulat de Clovis (p. 369 et suiv.). Les deuxième et troisième monuments forment la dissertation huitième, sur les bulles d’or de Saint-Martin (p. 420 et suiv.). Il ne parait pas avoir utilisé le quatrième monument, article de quelques lignes seulement. — Sur les plagiats de Chalmel et sur Carreau on peut consulter notamment : de la Ponce et Salmon, dans les Mèm. de la Société archéologique de Touraine, t. IV, p. 54 et suiv. : Lambron de Lignim, Procès-verbal des séances de l’ordre de la noblesse du bailliage de Touraine... 1789 (Tours, 1864, in-8°), p. 151, note; Mabille, Pancarte noire (Paris, 1866, in-8°), p. 43 (tirage à part des Mèm. de la Société arch. de Touraine, t. XVII, p. 361); Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique d’ Indre-et-Loire , t. II, 1879, p. 20 et 64-65 (dans les mêmes Mémoires, t. XXVIII) ; et surtout une brochure de trop violente polémique, mais assez exacte, publiée en 1869 par le vicomte de Flavi gny, Chalmel et ses panégyristes (Tours, s. d., in-8°), p. 101, 106, 113. M. le comte Boulay de la Meurtlie prépare une étude sur Carreau destinée au Bulletin de la Société archéologique de Touraine.

DE SAINT-MARTIN DE TOURS

des seaux d’or de l’Empereur Louis le Débonnaire et du Roy Charles le Chauve, dont les originaux sont dans le chartrier de l’église de [Saint-Martin de Tours]. Et le quatriesme est la représentation du Roy Robert.

Explication du deuxieme et troisième monument

Le deuxième et troisième monument sont deux bulles d’or l’une de l’Empereur Louis le Débonnaire et l’autre du Roy Charles le Chauve ; la première est attachée à l’original du titre soixantième du registre de Saint-Martin nommé communément la Pancarte noire 1, par lequel l’Empereur Louis le Débonnaire confirme les privilèges accordez par ses prédécesseurs au monastère de Saint-Martin de Tours ; ce titre commence en ces motz : In nomine Bomini Bei Salvatoris nostri Jesu Christ i Ludovicus divina ordinante providentia Imperator Augustus ; et finit : manu propria sübscripsimus et de huila nostra suhtersigiUari jussimus. Ce titre est donné au palais de Thionville, le 15 novembre, la dix-huitième année de l’Empire de Louis le Pieux, c’est-à-dire, l’an 829 2. La deuxième bulle d’or qui est du Roy Charles le Chauve est attachée à l’original du huitième titre de la même Pancarte datté de la ville de Tours le 15 décembre l’an 858, la dix-huitième année de son règne 3, commençant : In nomine Bei et individuæ Trinitatis gratta Bel Rex, et finissant : Be huila nostra insigniri fecimus.

Ces deux bulles représentent chacune le buste du Roy la tête ornée d’un cercle garny de pierreries rehaussé au milieu de trois perles en formes d’amandes posées la pointe en bas, celle du milieu plus élevée que les deux autres, comme un fleuron et de chaque côté une perle et demie, le Roy y est représenté tenant du bras gauche un bouclier rond qui est simple et sans aucuns ornemens ny figures, si ce n’est quelques petitz pointz qui sont des testes de doux servans à attacher ensemble les peaux du bouclier « Clypei semptemplicis Ajax ». Le Roy tient de la même main une demie pique, nom-

1. C’est le nû LX1 de la restitution de Mabille (Cf. ci-dessus, pièce n° II).

2. Cette pièce est datée du 2 des noues de novembre de la dix-huitième année de Louis (4 novembre 831).

3. Cette pièce est datée non du 15 décembre, mais du 15 des calendes de décembre de la dix-huitième année du règne (Cf. ci-dessus, pièce nu III).

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