‹ Mélanges Julien HavetChapitre 126 sur 567 · Meslanges curieux, Alliance chronologique, t. II, p · texte numérisé non relu

Meslanges curieux, Alliance chronologique, t. II, p

2. La pancarte noire de Saint-Martin de Tours, 127 (Mémoires de la Société archéologique de Touraine, XVII, 445),n°cxv.

E. MUEHLBACHER.

UN DIPLOME FAUX

s’efforça de rattacher plus fortement l’Italie à l’empire franc tout en respectant son individualité historique. Des fonctionnaires francs furent généralement chargés de l’administration, des institutions franques établies sur le sol italien, des colons francs passèrent les Alpes. A cette pensée de liaison plus étroite répondait aussi la donation d’églises franques en Italie. Déjà quelques semaines après la prise de Pavie, le 16 juillet 774, Charlemagne donnait au monastère de Saint-Martin, « son patron », à Tours, pour l’habillement des moines, sur les biens de la couronne — on disait en Italie les biens palatins 1 — échus au conquérant, l’île de Sermione dans le lac de Garde, la ferme de Peschiera, Liona, Val Camonica, de la passe de Tonal jusqu'aux frontières du domaine de Brescia et de Bergamo, un hôtel à Pavie et la villa Solario 2. Comme Saint-Martin, Saint-Denis fut aussi richement pourvu; il reçu la Yalteline ; et Charlemagne lui accorda en 775 l’immunité pour cette possession et ses autres acquisitions en Italie 3.

Les biens concédés par Charlemagne restèrent pendant quelques siècles la propriété de Saint-Martin. Louis le Pieux confirma toutes ces possessions « en Italie », d'une manière générale et sans les spécifier parleurs noms particuliers 4 5 et cette formule générale passa dans les diplômes analogues de confirmation des Carolingiens français postérieurs . Quand l’Italie fut devenue sous l’empereur Louis II un

1. « Sicut in publico et ad palatium visum est pertinuisse et in antea infra llsco nostro ceciderit. »

2. Martène, Ampl. Colleclio, I, 37 ; Regesten der Karolinger, n° 163.

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