Escrennes, Loiret, arr. et cant. de Pithiviers
M. PROU. — LES DIPLÔMES I)E PHILIPPE Ier
accipere cuni suis « solilus esthominibus et corveiam hominum et saccorum.
Àctum Floriaco publiée, anuo ab Incarnatione Dommi M LXXI, régnante Philippe anno Xmo L Signum Philippi regis. ( Locus sigilli regii.)
Signum h Hugonis, filii Tcscelini, Peteverensis c militis, qm liane || donationem fecit.
Signum ÿ Alberti, fraO-is Hugonis. S. ,l Milesimlis malris eorum.
S. e Tescelini filii Albert!.
La charte qui précède donne de précieux renseignements sur la généalogie d’une puissante famille de chevaliers fixée à Pithiviers et vraisemblablement apparentée à celle des seigneurs de Pithiviers *. Le fait que les fils aînés s’appelaient alternativement Aubert et Tescelin rend cette généalogie difficile à établir. Le personnage au nom duquel est rédigée notre charte s’appelle Hugues. Il se déclare fils de feu Tescelin. Il nomme l'un de ses frères, Aubert, qui avait plusieurs fils; l’un d’eux, Tescelin, souscrit la charte. Dans une autre charte transcrite dans le cartulaire de la Sauve- Majeure \ datée de la quarante-quatrième année du règne (h1 Philippe et qui, par conséquent, se place entre 1102 et 1 104, nous voyons apparaître un chevalier qui déclare abandonner à la Sauve-Majeure la moitié de la terre de Semoy,
(i. cum suis accipere BD. — b. Le fac-similé de A donne Signum et celui du Nouveau Traite de diplomatique Scgnum. — c. Petverensis dans le fac-s. du Nouveau Traite de diplomat. — d. S barre. — e. S barré.
1. Quelque point de départ que l’on prenne pour les années du règne, l’année 1071 ne correspond pas à la dixième année du règne.
2. Voyez Devaux. Essai sur les premiers seigneurs de Pithiviers, dans Annales de la Société histor. du Gâtinais, t. IV, p. 120-127.
3. Cette charte a été publiée dans les Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux , 6e année, nouv. sér., t. I (1884), p. 1. On y trouve une définition exacte de la justifia; elle peut donc servir de commentaire au passage de la charte de Hugues de Pithiviers, de 1071, dans lequel sont énumérées les consuetudines (parmi lesquelles la justifia.), qu'Aubert, fils de Tescelin, percevait à Escrennes et qu’il abandonne à l'abbaye de Saint-Benoit.
POUR L’ABBAYE DE SA1NT-BEN0IT-SUR-L01RE 1 S3
dont son pèro, Aubert le Riche, avait donné l’autre moitié au même monastère. Le cartulaire (h; la Sauve-Majeurc nous a conservé la charte de donation de cet, Aubert 1 ; elle est sans date, mais il n’est pas douteux que ce ne soit celle à laquelle Tescelin fait allusion ; car elle a pour objet la donation par Aubert à la Sauvc-Majeure de la moitié de sa terre de Semoy. Aubert s’y déclare fils de Tescelin. Aubert le Riche est donc le frère de cet Hugues qui avait donné Baudrevilliers à Saint-Benoît-sur-Loire. De plus, son fils Tescelin est celui-là même qui a souscrit la charte de 1071. La charte de 1102-1104 nous apprend en outre que Tescelin, fils d’Aubert le Riche, avait deux autres frères, Bertran et Aubert, dont le premier, atteint d’élcphantiasis, devait être logé et nourri par les moines de Semoy, et dont l’autre, Aubert, devait se faire moine à la Sauve-Majeurc. Le même document nous révèle l'existence d'un fils de Tescelin, encore enfant, et appelé Aubert. On peut résumer dans le tableau suivant les renseignements fournis par la charte de 1071 et par celle de 1102-1104.
Tescelin — Milesinde
mort avant 1071 encore vivante en 1071
Aubert le Riche Hugues
mort avant 1102-1104 encore vivant en 1071
Tescelin Bertran Aubert
vivant, en 1102-1104 vivant en 1102-1104 moine à la Sauve-Majeure
Aubert
encore enfant en 1102-1104
Melun, 1071.
Philippe Ier, confirmant des décisions des rois Robert et Henri, défend à Tescelin et à ses fils d’exiger aucune cou-
1. Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, même vol., p. 3.
M. PROU
LES DIPLOMES I)E PHILIPPE I'
er
tume à Escrennes et Alevran, possessions de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, et accorde à ces terres la même immunité qu’aux autres villae de Saint-Benoit sises dans la viguerie de Pithiviers.
Copies. I) Bibliothèque nationale, collection Moreau, vol. 30, fol. 56, copie partielle d’après l’original *, envoyée par dom Gérou le 8 décembre 1764. — [1.1) Bibliothèque d’Orléans, ms. M. 270 bis, Historié mou. Floriacensis, t. Il, p. 757, d’après l’original. — (C) Archives du Loiret, Cartulaire 2 de Sainl- Bcnoit-sur-Loire, fol. 300, n° 242, copie de 1072,d’après l’ancien cartulaire 2.
-j- * In nomine sanctissime et individue Trinitatis, amen. Ego Philip pus a * Dei gratia b Francorum rex, notum ficri volo c omnibus sanctæ Dci æclesiæ fidelibus tam presentibus quant futuris quod adierint d noslrae e serenitatis præsentiam Guillelmus / Sancti Benedicti Floriaciensis coenobii o abbas, et monachi sub co degentes, quærimoniam facientes de commendationibus^ et cætcris malis consuetudinibus quas quidam pervasores, Tescclinus scilicet et filii ejus, Hugo etAlbertus, in quibusdam Sancti Benedicti possessionibus, Scriniis videlicet ‘ 1 et AlcvriiW 5 injuste exigebant*, quas ante multos 1
n. I.a première ligne du diplôme, depuis lu jusqu'à Pkilippus, était en caractères allongés. — b. Dei gratia omis pur .1, gratia Dci E. — c. volo fieri .1. — d. adierit AC. — c. nostram B. — /’. Guilelmus abba .4, XVillielmus B. — ;/. coenobii omis pur B. — h. commeudatione .1 . — i. servis scilicet B, Scrivis videlicet C. — j. Aleurin omis par .1 II. — le. exercebant A. — l. multos omis par C.
L Dom Gérou donne quelques renseignements sur l’original : « parchemin tout rongé conservé au trésor de l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire. Layette Privilèges des roys. » ... « Ce titre a seisc pouces de hauteur et treise de largeur. Le sceau qui étoit en placard a été enlevé. Ce titre est collé sur une feuille de parchemin tant il est usé de vétusté. L’écriture est de l’onzième siècle. » La copie reproduit la première ligne en fac-similé; le passage fac-similisé est réparti en deux lignes, mais il ne formait que la première du diplôme, car mises bout à bout, les deux lignes s'étendent sur une longueur un peu moindre que la largeur du diplôme qui était de 13 pouces.
2. Nous indiquerons pour mémoires d'autres copies inutiles pour rétablissement du texte. Archives du Loiret, Cartulaire 1 de Saint-Benoit-sur-Loire, p. 157, n° 256. — Archives du Cher, cartulaire de Saint-Benoit-sur-Loire, fol. 52, d'après l’ancien cartulaire fol. 67 v°. — Bibliothèque nationale, ms. lat. 12739, p. 170, copie de D. Estiennot.
3. Les e cédillés du manuscrit A ont été partout transcrits æ dans le texte imprimé.
4. Escrennes, Loiret, arrondissement et canton de Pithiviers.
5. Alevran, hameau de la commune de Grigneville, Loiret, arrondissement
POUR LABRAYK DR SAINT-BRNOIT-SUR-LOIRE
annos gloriosissimi Fraucortiin reges nosiri antccessores Itotbertus a vidolicefc ei Henricus, pater mous, perregalium aullioritatem h præceptorum no aliquis exigerai dccreverant c. Nos vero audientes tain tcmorarioausu violari ac transgredi regai ia prædeccssorum nostrorum d praccopta aegro tulimus simulque e decrevimus per hoc nostræ authoritatis f præceplum ut nec ipsiff ncc aliquis ox eorum heredibus noc alla alia persona sivo qnilibot h publions exactor pro aliqua ro exigenda nostris vel1' futuris tethporrbus easdom audeat adiré villas J ncc aliquo modo aliquid ex eis k exigere præsumat, quatenus liceat^abbati son congregationi praet'ati 1,1 loci subn immunitatis nostræ tuitione 0 ac P defensione '/prædictas possessiones quiete domiinari ac possidere. Addimus etiam hoc ut, quemadmodum omnes villæ Sancti Benedicti in vicaria Peverense sitæ, id est Evera *, Bulliacus 2, Bosonis 3 ac Bolonisr 4 villas cum carum s adjacentiis pr.æcoptis progenitorum nostrorum ab omnibus commendationibus et cæteris consuetudinibus munitæ ac 1 defensæ u perpetualiter habentur, ita et hac regali authoritate 0 nostra per liujus præcepti nostri corroborationem eædem villæ tutæ permaneant ac x defensæ pro remedio animæ nostre nostrique imperii perpétua pace et stabilitate. Et ut hoc nostræ authoritatis y decretum- firmum et inviolabile a' permaneat omni tempore, proprii signi h‘ corroboravimus subscriptione.
Signum0* Philippi regis f.
Signum Gualeranni, magistri regis cl‘ domus.
Signum Hugonis, fratris ejus.
a. Robertus B. — b. auctoritatem B, autoritatem C. — c. decreverunt B. — d. nostrorum omis par B. — e. simul et A. — f. auctoritatis B, autoritatis C.
— g. isteR, isti C. — h. quilibet omis par B. — i. et C. — j. audeat easdem villas adiré B, adiré omis par A. — k. ex- eis aliquid C. — l. iiceret B. — m. ejusdem C. — n. sub omis par B. — o. et tuitione A. — p. et BC. — q. deffensione C. — r. Bullonis B. — s. aliis B. — t. et B. — ù. deffense C. — v. auetoritate B , autoritate C. — x. et B. — y. auctoritatis -B, autoritatis C.
— z. praeceptum B. — a*, immobile C. — b', sigilli A. — c*. Pour les signa A met S barré, C met S. — d' . regiae B.
et canton de Pithiviers. Je dois cette identification à mon confrère de la Société archéologique du Gàtinais, M. J. Devaux, avoué à Pithiviers. Je lui adresse mes sincères remerciements.