UN NOUVEAU MANUSCRIT
« XLII. I)e Cassiano martyre. — Ici. augusti.
« XLIII.De virtutibus Agricolae martyris et Yitalis. — v kal. décembres.
« Lectio I. Agricola et Yitalis...
« Lectio II. Quidam audax atque facinorosus...
« Lectio III. Horuin reliquias Namacius, Arvernorum episcopus...
« XLIIII. De Victore Mediolanensi. — vm idus maii.
« XLVI. De sancto (sic) Gervasi Protasi corporibus et de saucto Nazari. — xm° haï. juin.
« ii id.junii. De sancti veroNazarii ac Celsi pueri artubus...
« XLVII. De reliquias sancti Saturnini. — ni hal. decembris.
« XLVIII. De xlviii martyres passos. — mi nouas junii. »
Reste à déterminer l’origine de notre manuscrit. Sur le second feuillet se lisent plusieurs notes tracées en caractères de la fin du xif siècle :
« Be. Jeronimus presbiter. Gregorii Turonici Miraculorum libri VIII. Q. XXIIII.
« Sancti Pétri Belvacensis. Q. XXIIII. »
Be est une marque de classement. — Les mots Jeronimus presbiter sont le début de la préface du premier livre de l’ouvrage. La note Q. XXIIII indique le nombre des cahiers du volume, qui renferme, en effet, vingt-quatre cahiers, portant chacun une signature sur la dernière page, au milieu de la marge inférieure. — Les mots Sancti Pétri Belvacensis rappellent de la façon la plus claire que le volume est sorti de la très précieuse et très ancienne bibliothèque de la cathédrale de Beauvais, dont les débris sont dispersés sur tous les points de l’Europe, et notamment à la Bibliothèque nationale et au château de Troussures.
Le nouveau manuscrit de Grégoire de Tours vient donc de la cathédrale de Beauvais.
Il figure au numéro 65 d’un inventaire du xv° siècle, dont une copie se trouve aux pages 354-367 d’une compilation moderne de documents relatifs au chapitre de Beauvais, appartenant à M. Le Caron de Troussures, intitulée Mélanges et jadis cotée 3558 :
« Item Gregorii Turonensis de vita et miraculis sanctorum
DES j MIRACLES DE GREGOIRE DE TOURS
historia, in uno volumine antiquo, mediocri, cum duplici margine. Incipit in secundo folio non Junonis iram, et in penultimo folio si videretur nihil de transitoriis. Pretii lx solidorum. »
Emeric Bigot vit le manuscrit de Grégoire de Tours (Gregorius Turonensis, de miraculis et gloria martyrum) quand il visita la bibliothèque du chapitre de Beauvais, au printemps de l’année 1604.
Quelque temps après, le chanoine de Neuilly le communiqua à dom Thierri Ruinart, qui s’en servit pour préparer son édition de Grégoire de Tours.
Il était encore, au milieu du xviiU siècle, dans la bibliothèque du chapitre de Beauvais, comme le prouve un catalogue inséré en 1750 dans les registres capitulaires et dont je dois une copie à l’obligeance de M. l'abbé Renet :
« 54. Un manuscrit de 12 pouces de haut, sur 9 de large, en parchemin, relié, d'une très belle écriture. Il contient une partie des ouvrages de saint Grégoire de Tours. Dom Ruinart s'est servi de ce manuscrit (préf. n° 126) et lui donne huit cents ans d’antiquité. En effet, l'écriture est du vmc ou ixe siècle, au plus tard. »
Le manuscrit dont nous suivons les destinées tomba, à la fin du xvme siècle, entre les mains d’un jurisconsulte, David Houard, connu par des travaux sur le droit anglo-normand, qui mourut à Abbeville en 1802.
La bibliothèque de David Houard renfermait un autre manuscrit1, dont j’ai dû également l’indication à M. Y. -J. V aillant et qui vient aussi d’entrer à la Bibliothèque nationale (n° 6529 du fonds français des nouvelles acquisitions). Il renferme une traduction française des Méditations de saint Bonaventure , dont voici le titre et une partie du Prologue :
« Cy commence le livre doré des Meditacions de la vie de
1. Volume de 116 feuillets de parchemin, hauts de 282 millimètres et larges de 205. Écriture du xve siècle.