Concile de Chalcédoine ; vingt-sept canons
Viennent ensuite la formata Attici et le récit légendaire des miracles faits pour la punition de ceux des habitants d’Alexandrie qui méprisaient le concile de Chalcédoine :
« Tempore Leonis pape et Anastasii imperatoris » Puis
les trente-trois pseudo-canons de Nicée qui, dans la collée-
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tion clu faux Isidore, se trouvent dans une lettre apocryphe du pape .Iules (Hinschius, pp. 467 et ss.) ; les vingt-cinq canons d’Ancyre, les quatorze de Néocesarée, les vingt de Gangres, les vingt et un de Sardique, les vingt-cinq d’Antioche, les cinquante-neuf de Laodicée, les canons des sept conciles de Carthage et du concile de Milève, comme dans YHispana, avec cette particularité que le quaranteneuvième et dernier canon du troisième concile et le cent cinquième et dernier du quatrième concile manquent; le même fait se produit, d’ailleurs, dans divers manuscrits de YHispana. La collection s’arrête là, dans le manuscrit du Vatican, comme dans celui de Paris.
Le manuscrit de Milan est incomplet. Les deux premiers livres et le début du troisième manquent par suite d’une lacération du manuscrit. Le premier chapitre qu'il soit possible d’identifier (fol. 1) est le suivant, qui est le 33e du IIIe livre :
« De eadem re. Mulierem viduam clericus non ducat... non possit. » (C’est le chapitre 143 de la collection en soixante-quatorze titres.)
Le manuscrit de l’Ambrosienne contient la fm du IIIe livre et les livres suivants. Je dois seulement faire remarquer que la division en livres n’y répond pas exactement à celle des autres manuscrits. Ainsi les chapitres qui, dans les manuscrits de Rome et de Paris, forment le IIP et le IVe livres constituent ici une série unique. A la fin de cette série, on trouve la mention : Incipit liber Quartus, qui se trouve précisément en tête des chapitres qui, dans les autres manuscrits, constituent le Ve livre : aucun titre ne sépare d’ailleurs la série des chapitres de ce livre de celle des chapitres qui, d’après les manuscrits de Rome et de Paris, forment le VIe et dernier livre. — En outre, ce dernier livre est beaucoup plus court dans le manuscrit de Milan. Au lieu de contenir deux cent soixante-douze chapitres, il s’arrête après le chapitre 86 : « Miracula Mauri monachi. Cum beatus Maurus prepositi offîcio per sanctum Benedictum... (guérison d'un enfant)... clara voce Dominum benediceret » (f. 36 v°).
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Immédiatement après commence, dans le manuscrit de Milan, une brève collection de conciles, différente de celle qui forme la seconde partie des autres manuscrits. On y trouve d’abord les vingt canons du concile de Nicée dans le texte de la collection de Denvs le Petit, puis deux canons du concile de Constantinople dans le même texte (Qui sunt super diocesim episcopi... et De Maximo Cynico...), suivi de : « Credo in unum Deum Patrem omnipotentem, et tota fuies sancte Trinitatis, sicut in symbolo continetur, in hoc conciliorecitata postNicenum concilium et conlirmata est;» puis les vingt-sept canons de Chalcédoine, aussi dans la version Dionysienne; puis six chapitres du VIe livre de la collection (86 et ss.); enfin quatre autres chapitres dont le dernier est ainsi conçu : « Augustini de penitentia. Penitentes, penitentes, penitentes... exit agens penitentiam. » Viennent ensuite quelques additions contemporaines du manuscrit, où je remarque l’oraison Ad barbam benedicendam, qui figurait dans le Liber S acr amen forum de S. Grégoire 1 et a passé dans le Pontifical Romain.
En somme, le manuscrit de Milan contient une portion considérable de notre collection. Cette portion a été empruntée à un type différent du type qui fut celui des deux manuscrits de Rome et de Paris : la forme que représente le manuscrit de Milan est certainement moins développée et, partant, peut-être un peu plus ancienne que celle des autres manuscrits connus.
A cet aperçu sommaire du contenu de notre collection, il convient d’ajouter quelques observations destinées à en signaler les traits caractéristiques :
1° L'auteur s’est servi principalement, comme tous ses
1. Voir Migne, Patrologia lo.tina, t. LXXYIII, c. 233. Voici le texte de cette oraison, qui était dite la première fois qu’on rasait la barbe d’un jeune clerc : ® Ad barbam benedicendam. Deus, cujus spiritus creatura omnis incrementis adulta congaudet, exaudi preces nostras, super hune famulum tuumill., juvenilis aetatis décoré laetantem et primis'auspiciis adtondendum, Exaudi. Domine, ut in omnibus protectionis tue munitus auxilio celestem benedictionem accipiat et presentis vite presidiis gaudeat et eterne. Per (Christum Dominum nostrum). »
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pareils, d’extraits des Pères, des décrétales vraies ou fausses et des conciles. Cependant on peut remarquer que, dans le premier livre, il semble admettre avec peine les canons de conciles ’, comme s’il entendait les reléguer dans la seconde partie de son œuvre. Les canons de conciles sont non moins rares dans les livres II, III et IV, tirés de la collection en soixante-quatorze titres, où dominent les décrétales. Mais ils deviennent plus nombreux dans les livres Y et VI ; sans doute l’auteur n’a pas su observer son plan jusqu’à la fin de son œuvre.
2° Il a été fait très largement usage du Liber Pontificalis 1 2. C'est ainsi que la célèbre biographie des papes a fourni de nombreux fragments destinés à démontrer que le Pontife Romain ne peut être jugé par personne : remarquez que ces citations ne se confondent pas avec celles qui se rencontrent dans d’autres collections, par exemple avec celles qui se trouvent dans le recueil d’Anselme de Lucques.
3° On trouve dans notre collection deux formules analogues à celles qui figurent dans le Liber Diurnus , quoi-
1. Sur les deux cent soixante-treize premiers chapitres du livre 1er, il n’y en a guère qu’une dizaine qui soient faits de canons de conciles ; encore y faut-il compter plusieurs décisions prises par des panes dans des conciles romains.
2. On rencontre des fragments empruntés au Liber Pontifie ali s : sur Anastase II (I, 70, jusqu’à nu tu divino percussus est); Marcellin (I, 80; jusqu’à traheretur ad occisionem); Symmaque (1, 82 : Simachus, LIIU5 à Petro, natione Sardus, sedit annis XV, m. VII, d. XXVII. Post annos... beatum Symmachum. Eodem tempore... pervaserunt sedem ejus); Damase (I, 83; jusqu’à projecerunt de ecclesia) ; Sixte III (I, 84 ; jusqu’à pietatis ecclesie) ; Léon III (I, 88 : Léo XCVII115 (a Petro), natione Romanus... Ipsi vero insidiatores... altare dirniserunt. Contigit... restituta est. Ipse magnus rex Karolus... me cognosco); Boniface II (1, 89 : toute la notice); Agapet (I, 90, jusqu’à de invidia perfidorum ) ; Libère (I, 91 ; finit ainsi : Et facta est persecutio maxima in clero ita ut presbiteri et clerici pluries necarentur et martirio coronarentur. Sanctus ac beatissimus papa depositus Félix habitavit in prediolo suo quod est via Portuensi. Et agentibus postmodum hereticis, exinde levatus, ductus est in civitatem et capite truncatus martyrio coronatur, IIII id. novembris) ; Etienne III (I, 94 : divers extraits commençant à Constantinus apostolicæ sedis invasor (éd. Duchesne, p. 475) et finissant à statuta sunt, — ( ibid ., p. 477). — Tous ces textes sont choisis pour montrer que les papes peuvent bien se reconnaître coupables, mais ne peuvent être jugés.
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qu’elles n’en lassent point partie. L’une (liv. Ier, ehap. 173) est intitulée de professione archiepiscopi 1 ; l’autre (liv. Y, chap. 82 et dernier), de electione episcopi 2.
4° On y trouve aussi, au livre VI (chap. 115 et 116) deux chapitres, de Libéria et de Vigilio, qui proviennent du livre Ier (chap. 25 et 26) de l’écrit d’Auxilius, de ordinatio nibus a papa Formoso factis 3.
5° Je dois signaler la présence dans notre collection de deux récits légendaires, tous deux placés au VIe livre. L’un, formant le chapitre 38, est intitulé : « Miraculum sancti Ylarii » , c’est le récit d’une discussion entre le pape saint Léon, qui aurait été infecté d’arianisme et saint Hilaire de Poitiers. Le pape, présidant un concile, aurait refusé à saint Hilaire une place convenable ; la terre se serait alors soulevée pour faire un siège au saint évêque et le pape serait mort subitement 4. L’autre, formant le chapitre 85, est intitulé : « Miracula Mauri monachi. Quod sacerdotalia sive levitica vestimenta a consecratis per unum annum sunt ferenda. » C’est la guérison d’un enfant boiteux et muet 5.
6° Autre caractère de notre collection : la législation
1. Cette formule a été publiée par Sirmond d’après un manuscrit de Fleurysur-Loire. Elle se trouve dans les recueils de formules : Rozière, t. II, formule 524, et Zeumer, Formulas (édit, des Monumenta Germanise), p. 555.
2. « Beatissimo N., apostolice sedis dignitate conspicuo, clerus et populus illius ecclesie totius devotionis famulatum. (Voir plus haut, p. 266.) Cette formule se retrouve dans une collection à peu près contemporaine, conservée à la Bibliothèque nationale de Turin, D, IV, 33 : livre VI, chap. 96.