PAR M. TH. VON SICKEL
En publiant en 1889, après M. de Rozière, le Diurnus, j'ai déclaré (Praefatio, iv) n’avoir que peu à ajouter à ce ({lie, vingt ans auparavant, mon prédécesseur avait dit dans son excellente Introduction sur les éditions antérieures. Je n’ai qu’à réitérer cet aveu après avoir eu l’avantagé* de puiser à plusieurs reprises aux sources romaines, aidé par les archivistes et bibliothécaires de Rome, aussi empressés que moi à éclaircir ce chapitre ténébreux de l’histoire du Diurnus. Ce que j’y ai trouvé depuis 1889 ne suffit pas encore à dissiper tous les doutes et sert plutôt à confirmer qu’à rectifier l’exposé si circonstancié et si clair de M. de Rozière. Il est pourtant une découverte nouvelle, faite aux archives secrètes du V atican, et dont il vaut la peine de rendre compte.
Baluze etZaccaria ont déjà raconté (Rozière, Inlrod .. xlv) comment certaines feuilles de l’édition Holsten furent confiées, en 1660, par celui-ci à l’archevêque de Toulouse, Marca, et réclamées en 1662 par le nonce Caelio Piccolomini, lorsque la cour de Rome, après avoir supprimé l’édition, tâchait d’en effacer toutes les traces. La lettre avec laquelle
Holsten envoya à Marca une partie de son livre a été retrouvée et publiée par mon ami J. Giorgi ’. J’y joins aujourd’hui les instructions données à cet égard au nonce et les réponses de ce dernier, conservées aux archives du Vatican dans le tome CXXIII des Nunziature di Francia.
Ce volume, comme d’autres du même temps, contient : 1° les lettres écrites de Rome au nonce (proposte) ; 2° les lettres du nonce (risposte), accompagnées de nombreuses pièces écrites ou imprimées, destinées à mieux informer la cour pontificale ; 3° la correspondance échangée entre les autorités de Rome et le vice-légat d’Avignon, — tout cela de l’an 1062. On observait déjà la règle de consacrer à chaque objet de la correspondance une lettre à part, de sorte que le secrétariat d’État et le nonce expédiaient le même jour une liasse de lettres. Celles du nonce, qui étaient, à ce qu'il paraît, toutes en chiffres , étaient transcrites immédiatement après l’arrivée à Rome sur des feuilles volantes en tête desquelles on mettait la date du déchiffrement. équivalente à celle de la réception, et au dos desquelles on notait quelquefois à qui était assignée l’affaire en question. Les lettres expédiées de Rome étaient inscrites de jour en jour dans un Registro auquel on joignait, à la fin de l’année, et les lettres du nonce, mises en ordre chronologique, et les pièces annexes et la correspondance d'Avignon. Puisque les proposte partaient pour la plupart du secrétaire d’État, il était inutile d’en mentionner l’auteur. Mais on ne manquait pas de noter en marge, à la tête des instructions, si elles émanaient de tel ou tel autre dignitaire de la cour ou d’une congrégation quelconque. De la sorte, nous apprenons que la première pièce que je vais publier a été rédigée par Mgr. Rocci qui, occupant entre autres le poste de consultore di
1. Archivio délia R. Societci di storia patria Romana , XI, 33. — Dans sa réponse, datée de juin, et non d’octobre (Bibl. Vallicelliana, Carie Aïlacciane, vol. CL1V), Marca dit : « Non immemor ero tuæ humanitatis çrga me et eruditionis illius eximiæ qua literatorum vota impies tum Diurni Romani tum Conciliorum Africanorum publicatione. »