‹ Mélanges Julien HavetChapitre 335 sur 567 · L. AUVRAY · texte numérisé non relu

L. AUVRAY

CAPITULAIRES

séquent la provenance du manuscrit ne peuvent faire aucun doute. Les noms de Raimundus, Raimunda, Laura, Pontius, Duïcelina, qui se rencontrent presque à chaque page, suffiraient à révéler une origine méridionale et particulièrement provençale, si les nombreuses mentions des monastères de Saint- André, de Saint-Véron (Sanctus Veranus) et surtout de Saint-Laurent, et les expressions souvent répétées : monacha nostra, conversa nostra, ne nous transportaient à Avignon même, dans un couvent de femmes, probablement celui de Saint-Laurent.

Les mentions nécrologiques, de mains fort diverses, et souvent assez peu exercées, s’étendent du xic à la fin du xme siècle. La plupart paraissent être du xne. Deux seulement portent la date de l’année. L’une de 1279, l’autre de 1282. Il ne doit guère y en avoir de postérieures.

Parmi tous ces noms, nous n’en rencontrons pas de vraiment historiques. La presque totalité des personnes dont on enregistre le décès, sont des religieuses ou des religieux, ou bien encore de leurs parents. Néanmoins ce manuscrit pourrait être utilement mis à contribution pour compléter les renseignements du même genre que les auteurs de la Gallia Chrisbiana ont tirés d’obituaires de Sainte-Catherine, Saint- André et Saint-Laurent d’Avignon L

Nous ne trouvons à relever que deux mentions d’évêques : l'une, au 3 janvier, d’un « Gaufredus, sacerdos, et episcopus et confrater noster », qu’il nous paraît difficile d’identifier avec certitude1 2, — l’autre, au 30 juin, d’un évêque d’Avignon du nom de « Rost[agnus]» 3 4, probablement Rostagnus II (f 1209) L

Parmi les obits d’abbés ou d’abbesses, mentionnons celui de « Laura Gironcla, priorissa Sancti Verani », rapporté

1. Gall. christ., écl. Palmé, t. I (1870), notamment col. 869 et suivantes.

2. Il semble qu'il y ait eu à Avignon plusieurs évêques de ce nom.

3. Il kl. jul. — Depositio domini Rost[agni] Autoeg. (?), Avinionensi episcopi.

4. Les auteurs de la Gall. christ., I, 809-810, font remarquer que le nécro loge de Saint- André-lez-Avignon mentionne quatre évêques du nom de Ros tagnus, l’un au 14 février, le deuxième aa 13 juillet, le troisième au 30 jui (f 1209) et le quatrième au 3 septembre.

ET OBITUAIRES FRANÇAIS DIT VATICAN

au 5 janvier 1282, qu’on ne trouve pas dans la Gallia christiana, non plus que celui de « Cecilia, priorissa Sancti Verani », que nous rencontrons au 18 avril.

Un nécrologe de Saint-Laurent d’Avignon, dont ont fait usage les auteurs de la Gallia christiana, donne les obits d’une abbesse de Saint-Véron, du nom de « Tiburgua Carqueria » et de son frère « Guillelmus Carquerius 1 » ; le manuscrit du Vatican fournit, en outre, ceux de son frère « Raimundus >!> (16 janv.) et de sa sœur Agnès (22 février).

Un obituaire de Saint- André et un obituaire de Saint-Laurent mentionnent, au 16 juin, une abbesse de Saint-Laurent du nom de « Basina 2 » ; nous la trouvons, au même jour, dans le manuscrit de Rome, sous le nom de « Besina 3 4 ».

Les rapprochements qui précèdent font voir quel intérêt il y aurait à étudier et publier simultanément les obituaires d’une même région, qui souvent s’éclairent mutuellement. Les nécrologes avignonnais que nous avons cités ont surtout un intérêt local ; mais ce travail, appliqué à des obituaires plus riches et d’intérêt plus général, pourrait fournir de précieux résultats et être d’un grand secours, particulièrement pour la chronologie \

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