SUR LA PREMIÈRE ÉDITION DU DIURNUS
d’accord : il a été compris dans l’envoi et dans le renvoi. D’autre part, il manquait sous Benoît XIII, ce qui a donné lieu de croire que ce dernier cahier était encore en épreuves du temps de Holsten, et qu’il n’aurait pas été confisqué comme les autres cahiers. On pourrait citer, en faveur de cette explication, les fautes d’impression des pages 225-232. Cependant il y en a autant dans les cahiers antérieurs 1 qui ont échappé à l'attention du correcteur, et l’hypothèse 11’est plus soutenable après qu’il a été constaté qu’il existait, un an avant la mort de Holsten et plus longtemps encore avant la séquestration du tirage, au moins deux exemplaires du dernier cahier. Le manque de celui-ci vers 1724 doit avoir été occasionné par d’autres raisons : il y a là, dans l’histoire de cette édition, un nouveau point obscur qu’il nous est difficile, à deux siècles de distance, d’éclaircir ; je proposerai cependant, à ce sujet, tout à l’heure une explication.
Ceux qui connaissent à fond le Diurnus seront curieux d’apprendre si ce demi-cahier reparu peut aussi servir au rétablissement du texte de la formule H. cix = S. xcix, de cette formule qui, n’étant pas entrée dans la collection représentée par le Codex Claromontanus, n’est parvenue à nous que par le Vaticanus 2 et mutilée dans celui-ci, puisque sa dernière feuille est fort endommagée 3. 1). Mabillon a renoncé au déchiffrement total de cette pièce et ne l’a publiée que jusqu’aux mots quæ regulariter , qui terminent la feuille précédente. Malgré tous les efforts des paléographes qui
1. A ce que j’ai dit auparavant, qu’il se trouve page 228, cvii au lieu de cviii, j’ajoute qu’il y a des fautes analogues p. 116, xxx au lieu de xxxi, et p. 151, xliv au lieu de lxiv.
2. Elle manque aussi dans l’Ambrosianus dérivé du Claromontanus, comme il a été déjà dit par Mons. Ceriani dans les Rendiconti del R. Istiluto Lombardo, série II, vol. XXII. — Depuis plus d’un an M. le docteur Ratti a terminé l’impression des formules contenues dans l’Ambrosianus et a eu la bonté de mettre les feuilles imprimées à ma disposition. Mais il n'a pas encore trouvé le temps d’y joindre l’introduction de la nouvelle édition, ce qui m’arrête dans la publication de la suite de mes études sur le Diurnus. Je le regrette d’autant plus que j’ai non seulement à rectifier quelques chapitres de ma Praefatio et de mes Prolegomena, mais à répondre aussi aux objections de M. l’abbé Duchesne.
3. Prolegomena, I, p. 7; et Mütheilungen des oest. Instituts, t. X, p. 468.
2b TH. VON SICKEL. — NOUVEAUX ÉCLAIRCISSEMENTS
ont eu l’occasion, d’examiner le manuscrit du Vatican dans ces dernières années, nous n’avons pu rétablir le texte de la seconde moitié de la formule. Vu cet état de choses, je reproduis ici les dernières lignes de l’édition originale de Holsten. La septième ligne de la page 232 commence par regulariter (dernier mot du fol. 102 v° et delà copie de D. Mabillon); puis viennent les mots inpsalmis et hymnis | (1. 8) domino Deo salvatori nostro de- | (1. 9) cantandis ayant vigiles excubias | (1. 10) CAETERA DESUNT IN | (1. 11) MA NU SC RI PTC). Est-ce que Holsten a su déchiffrer beaucoup plus que D. Mabillon ou D. Germain, qui ont travaillé à la lnite, et un peu plus que nous qui avons examiné à loisir cette feuille presque détruite, ou est-ce qu’il ne nous offre qu’un essai pour combler les lacunes? Je me prononce pour la seconde alternative, après m’être assuré de nouveau que la phrase publiée par Holsten ne correspond pas à ce qui se lit encore dans le manuscrit. Aussi dois-je avouer que cette découverte n’enrichit pas nos connaissances sur cet important formulaire, mais éclaircit seulement certains points de l’histoire des études sur le Diurnus; elfe intéressera sans doute d’ailleurs les amateurs de curiosité^ bibliographiques1.
1. Je suis d'accord avec M. Giorgi (p. 22-251 qui prête au Père G. M. Tommasi le projet de préparer une édition du Diurnns et lui rapporte aussi deux manuscrits modernes du Diurnus : le Cod. Vat. G818 et le manuscrit de Castel-Gandolfo (v. Roziêre, Introduction, clxxviii). Je partage aussi son opinion que Tommasi a ou à sa disposition et le manuscrit conservé alors à st>; Croix de Jérusalem et l’édition originale et quasi complète de Holsten-, 11 pouvait très bien avoir eu connaissance de l’exemplaire muni du jugement de son prédécesseur Bona et avoir pu se le procurer. — Sur un seul point j’ai à contredire M. Giorgi : ce n’est pas Holsten, mais D. Mabillon qui a terminé la dernière formule par le mot regulariter, et la fin de cette formule dans le manuscrit de Castel-Gandolfo est évidemment empruntée à l’édition première que Giorgi ne connaissait pas encore.
Il existe à Rome un troisième manuscrit moderne du Diurnus, mentionné par Betlnnann dans VArchiv für altéré deutsche Geschichtskunde, XII, 405, parmi les manuscrits d’histoire de la bibl. Casanatensis. Ce qu’il en dit : Ms. A. II. 22. membr. fol. saec. XV, a été extrait sans examen de l’ancien catalogue manuscrit de la bibliothèque. Il vaut la peine de rectifier cette notice. Le manuscrit, coté à présent Cod. 1885, contient d’abofdles fragments de quatre feuilles d’écriture du xvc siècle; mais tout ce qui suit est du xvinc siècle et n’est au fQnd qu’une copie de l’édition de Garnier, entremêlée de quelques observations sur les formules.
SUR LA PREMIERE EDITION DU UtUI/XUS
On a peine à croire qu’un livre comme l’exemplaire de l’édition de Holsten montré par Marini à Zacearia, dont les custodes des archives secrètes du Vatican ont convenablement apprécié le prix, ait disparu à tout jamais. Les employés d’aujourd’hui, après l’avoir cherché en vain dans t ous les coins, se consolaient en supposant que ce livre avait été transféré dans un autre dépôt du Vatican. Cependant de nouvelles recherches n’ont donné d’autre résultat que de jeter quelque lumière sur la manière suivie pour empêcher la divulgation de ce livre.
Mgr Carini me conseilla de m’adresser à la Congrégation de l’Index et m’offrit ses bons services pour lui présenter un questionnaire dressé par moi. On a eu la courtoisie d’y faire répondre par l'archiviste de la Congrégation, le R. chanoine Gandolfi. Quant à ma première question : si l'exemplaire muni du jugement de G. Bona est entré ou non dans les collections de la Congrégation, il m’a assuré, après avoir examiné les catalogues et les actes, que celle-ci ne possède ni n’a jamais possédé un exemplaire de Holsten. En réponse aux autres points qui concernaient la suppression du livre, je ne reçus qu'un seul renseignement positif : qu’il fut communiqué à la Congrégation dans la séance du 24 août 14555, que le pape avait nomm émotuproprio G. Bona consulteur *, et il est fait mention de son nom pour la dernière fois dans le procès-verbal de la séance du 10 janvier 16(58 1 2. Mais ni lui ni d’autres n’ont jamais fait de rapport à la Congrégation sur le Diurnus, ni sur une œuvre quelconque de Holsten. de sorte que les registres ne servent de rien sur cette affaire. Ce résultat négatif, dit M. Gandolfi dans sa réponse, ne contredit point le fait rapporté par Zacearia, mais prouve que le jugement sur l’édition du Diurnus a été porté et prononcé par Bona extra congre g ationem, et n’est qu’un avis émis